Les maladies de la vigne sous contrôle en 2025
Les maladies ont été plutôt bien contrôlées par la protection fongicide en 2025. Eudémis était toujours présent dans le sud-ouest et le sud-est.
Un climat moins favorable au mildiou qu’en 2024
Alors qu’en 2024, le mildiou avait frappé très fort dans de nombreux vignobles, la pression maladies était plus modérée qu’en 2025 à la faveur d’un climat chaud et sec dans la plupart des régions à partir du mois de juin.
« La pluviométrie a été beaucoup moins importante et les séquences de jours de pluie ont été plus courtes avec de belles fenêtres de protection : le mildiou n’a pas eu le temps de s’installer » remarque Gilles Robert, Ingénieur Solutions Agroécologie dans le Sud-Ouest.
« Avec un hiver pluvieux, des œufs mûrs en sortie hiver, des premières contaminations dès mi-avril, la pression mildiou a été soutenue jusque début juin mais le temps sec et la chaleur ont tout stoppé » observe Jean Litoux, Ingénieur Solutions Agroécologie Vigne Région Sud chez Syngenta.
En Champagne, c’est un peu le même scénario que dans le sud-est qui s’est produit : « de la pluie en avril-mai, avec une pression mildiou qui a nécessité des traitements au cours du mois de mai tous les 8 à 10 jours, mais après c’est une véritable « tempête de soleil » qui s’est installée et qui a stoppé net le mildiou » remarque Ludovic Bonnard, Ingénieur Solutions Agroécologie Vigne en Champagne chez Syngenta.
Dans ce contexte, plus proche d’une année « normale », la protection mildiou mise en œuvre par les vignerons a permis dans la plupart des situations un bon contrôle de la maladie. « Les producteurs ont bien compris qu’il était très important de sécuriser la protection sur la période sensible en utilisant des produits robustes sur le cœur de programme comme le Pass ORONDIS®. La protection avant la floraison avec des solutions comme AMPEXIO® / REVOLUXIO® / PEXIUM® s’avère très performante » explique Gilles Robert. Ces 2 solutions fongicides confirment leur très bonne efficacité en programme et en alternance avec d’autres fongicides.
Des interventions contre l’oïdium qui ont contrôlé le black-rot
Concernant l’oïdium, c’est une année « normale », « avec une pression moyenne à forte dans les vignobles du sud-est », souligne Jean Litoux. Pour lutter contre cette maladie, les vignerons ont toujours recours aux solutions fongicides à base de soufre, aux triazoles et à des solutions comme DYNALI® / ROCCA® / CONYDIA®, association fongicide qui a fait ses preuves en encadrement de floraison. « Cette spécialité permet également de contrôler le black-rot » rappelle Jean Litoux.
Dans les autres vignobles, l’oïdium s’est fait discret notamment en Champagne mais aussi dans le sud-ouest malgré quelques contaminations sur le mois de juin en Charentes, « probablement dues à des cadences moins resserrées compte tenu de l’absence de mildiou » explique Gilles Robert.
A noter dans les vignobles, l’intérêt croissant du biocontrôle TAEGRO® qui permet de lutter contre l’oïdium mais aussi le botrytis : « cette solution biocontrôle ne provoque pas de stress sur la vigne même en période de fortes chaleurs contrairement au soufre qui peut provoquer des brûlures » souligne Jean Litoux.
Un millésime qualitatif
Le millésime 2025 s’annonce qualitatif mais les rendements ne sont pas au rendez-vous :
- « Dans le sud-ouest, les rendements sont en chute de 20 à 30 % sur les blancs » signale Gilles Robert.
- Dans le sud-est, « les blancs ont été très touchés par la vague de chaleur fin août et les rendements sont en baisse en moyenne de 10 à 30 % » remarque Jean Litoux.
- En Champagne, les premières estimations de rendement se situent aux environs de 9 500 kg/ha, « un rendement certes au-dessus du rendement de l’appellation fixé à 9 000 kg/ha mais malgré tout décevant » observe Ludovic Bonnard.
Ravageurs, l’intérêt d’une lutte mixte
Concernant les ravageurs, dans le sud-est, les conditions étaient assez favorables à Eudémis avec un début de vol de G2 début juin et de mi-juillet à fin juillet pour la G3 « le niveau des populations a nécessité plus souvent un complément insecticide pour les parcelles sous confusion » précise Jean Litoux, « les stratégies mixtes avec l’application de la confusion sexuelle EXPLOYO® Vit suivie d’une application insecticide visant la G3 Eudémis et Cryptoblabes (plutôt discrète cette année) ont donné de bons résultats ». Dans le sud-ouest, Eudémis était très présent en début de campagne dans les zones historiques du Libournais, de Sauternes, de Bergerac ou de la Vallée de la Garonne. « Les coups de chaud du 20 juin et du 15 août ont eu un effet sur la dynamique des populations d’Eudémis. Les stratégies qui ont associé une intervention insecticide type AFFIRM® / PROCLAIM® en G2, suivie d’une application d’EXPLOYO® Vit en G3 ont permis un bon contrôle des vers de grappe sur les vignobles de la façade atlantique » remarque Gilles Robert.