Vigne

Un millésime 2026 révélateur du changement climatique

Vigne fongicides
Les maladies ont été plutôt bien contrôlées par la protection fongicide en 2025. Eudémis était toujours présent dans le sud-ouest et le sud-est.

Gel printanier, sécheresse et canicules ont fortement impacté les vignobles. Les volumes sont en baisse au niveau national mais certaines régions ont mieux résisté. Le bel état sanitaire augure un millésime de qualité.

Une campagne sous le signe des extrêmes

« La campagne 2026 est une campagne de tous les records » résume Gilles Robert, Ingénieur Solutions Agroécologie chez Syngenta dans le sud-ouest : « records de pluies hivernales, sécheresse à partir du 20 mai et 5 épisodes de canicule au cours de l’été ». Un scénario climatique qui a d’abord favorisé les contaminations primaires de mildiou dès la mi-avril, avant que la sécheresse et les fortes chaleurs ne stoppent rapidement la maladie.

Dans les vignobles du sud de la France, l’hiver et le début du printemps ont eux aussi été particulièrement arrosés. « Nous avons enregistré un record de pluies de fin 2025 à mai 2026 » observe Jean Litoux, Ingénieur Solutions Agroécologie Syngenta dans le sud-est. Conséquence, un démarrage précoce du mildiou, avec des contaminations primaires dès le 20 avril et une protection à maintenir jusqu’à la floraison, elle-même très précoce, autour du 18 mai. La sécheresse et les températures élevées qui ont suivi ont ensuite fortement limité la pression.

Même constat dans le Val de Loire, où l’hiver a été bien arrosé avant de laisser place à une sécheresse estivale accompagnée de températures très élevées. « Les contaminations primaires de mildiou sont arrivées très tôt, dès avril, dans des vignobles comme le Muscadet, mais les conditions climatiques par la suite ont limité les repiquages » explique Aurélien Bussy, Expert vigne Syngenta en Val de Loire.

Jeune vigne qui a subi les coups de chaud et le stress hydrique extrême de 2026. Photo Aurélien Bussy.
Jeune vigne qui a subi les coups de chaud et le stress hydrique extrême de 2026. Photo Aurélien Bussy.

En Bourgogne également, les vignerons ont pris conscience de façon très marquée de l’évolution du climat. « Avec autant de vagues de chaleurs et de sécheresse, la campagne 2026 revêt un caractère exceptionnel » souligne Lylian Grand, Expert vigne dans cette région.

En Champagne et Chablis, c’est un autre aléa climatique, les gelées printanières, qui ont affecté ces vignobles dès le débourrement. « La récolte a été amputée de 20 à 30 % en Champagne et de 50 % à Chablis dès le début de campagne » observe Ludovic Bonnard, Expert vigne Syngenta dans ces régions viticoles.

Des vignobles bien protégés jusqu’à la floraison

Malgré un début de campagne favorable au mildiou, la configuration climatique de 2026 a finalement limité la pression des maladies. Les vignerons ont assuré une protection rigoureuse jusqu’à la floraison, en tenant compte notamment du risque mildiou précoce, mais avec un nombre de traitements inférieur à celui des années précédentes.

Oïdium et black-rot sont eux aussi restés particulièrement discrets.

Pour lutter contre le mildiou, les vignerons ont pu s’appuyer sur le fongicide AMPEXIO® avec une application en pré-floraison. Objectif, sécuriser la vigne avant d’entrer dans la période de forte sensibilité, au cours de laquelle des fongicides à base d’OXTP1, comme le Pass ORONDIS® ZONGRUUM®, ont été privilégiés.

Côté oïdium, les solutions à base de soufre ont souvent été utilisées. Mais, avec des températures très élevées, le risque de phytotoxicité incitait à la prudence. Les viticulteurs ont ainsi apprécié la sélectivité du biocontrôle TAEGRO®, qui a permis de maîtriser l’oïdium en limitant les risques de brûlures et d’échaudage.


Peu de ravageurs au rendez-vous

Les ravageurs se sont eux aussi montrés relativement discrets en 2026.  « Dans le Sud-Est, la G1 d’Eudémis a été forte, la G2 très active et en avance d’une dizaine de jours. Elle a pu générer des dégâts significatifs, mais les populations se sont souvent effondrées en G3 limitant l’étendue des dégâts » souligne Jean Litoux. 

Quant à Cryptobables gnidiella qui préoccupe de plus en plus de vignerons dans le Sud, sa présence s’est intensifiée à partir du mois de septembre, souvent sans conséquence car après les vendanges de la majorité des parcelles.

En Gironde et dans le Gers, les générations G2 et G3 d’Eudémis ont été particulièrement précoces, autour du 10 juin et du 20 juillet. Les populations sont toutefois restées concentrées dans les zones historiques et humides. 
« Les viticulteurs concernés ont pu adopter une stratégie de nettoyage avec AFFIRM® / PROCLAIM® en G2 et renouveler avec le biocontrôle EXPLOYO® Vit en G3. 

Les résultats sont très bons et comparables à une confusion sexuelle posée mais à moindre coût » remarque Gilles Robert. En Nouvelle Aquitaine, les cicadelles des grillures, régulièrement observées ces dernières années, ont quant à elles été peu présentes.


Des volumes très variables selon les vignobles et les sols

A l’heure des vendanges, particulièrement précoces cette année, l’état sanitaire des raisins est jugé excellent. 
Les premiers coups de sécateur ont été donnés dès le 18 juillet dans les Corbières. 

A Bordeaux et en Bourgogne, les vendanges des blancs ont débuté autour du 15 août, suivies de celles des rouges, toujours au cours du mois d’août. En Champagne, elles ont commencé dès le 12 août, tandis que le Val de Loire a lancé les récoltes dès le 10 août pour les vins effervescents.

A l’échelle nationale, les volumes affichent un recul de 6 % par rapport à la campagne précédente. Mais, derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités entre régions, parcelles et types de sol.

« Dans les sols argileux et dans les parcelles avec des vignes bien implantées, la production est au rendez-vous malgré la succession des canicules et le déficit pluviométrique estival » observe Gilles Robert.

Dans le Val de Loire, le bilan est moins dégradé qu’attendu. « C’est une petite année en volumes mais moins pire que prévu notamment sur les cabernets, avec des rendements très hétérogènes selon les orages d’août, l’âge de la vigne, les conditions pédoclimatiques et les pratiques culturales. », remarque Aurélien Bussy.

En Bourgogne, « les quantités récoltées sont également très variables avec globalement une baisse des volumes de 50 % par rapport à 2025 », remarque Lylian Grand. Les rouges ont davantage été pénalisés, tandis que les blancs, notamment issus du Chardonnay, ont montré une meilleure résilience. 

L’Alsace s’en sort mieux que les prévisions annoncées avec toutefois une récolte inférieure à 2025.

Le Languedoc Roussillon tire son épingle du jeu, « avec une belle récolte » selon Jean Litoux.  « Les réserves d’eau constituées pendant l’hiver semblent avoir sauvé le millésime en particulier dans les vignes bien implantées, les jeunes vignes étant un peu à la peine ».

La Champagne et Chablis figurent parmi les vignobles les plus touchés. Mais, rappelle, Ludovic Bonnard, « le gel est ici le principal responsable des pertes ».  

En Champagne, alors que le rendement de l’appellation avait été fixé à 8 800 kg/ha, les rendements se situent entre 6 500 et 6 800 kg/ha. « Le déficit sera comblé par la réserve mais certains vignerons vont manquer de bouteilles » souligne l’expert.

2026, l’année des remises en question

Le millésime 2026 restera dans les mémoires de vignerons. Pluies hivernales record, gel printanier pour certains, sécheresse et successions de canicule pour tous : la campagne a donné une illustration très concrète des effets du changement climatique sur la viticulture.

Comment adapter les pratiques pour mieux faire face à ces épisodes extrêmes ? Le choix des cépages, le niveau d’enherbement ou encore le recours à l’irrigation, lorsque celle-ci est possible, font partie des pistes de réflexion. Les essais menés par Syngenta sur plusieurs biostimulants apportent également des premiers résultats encourageants.

« Sur un essai, l’application du biostimulant MEGAFOL® a permis une augmentation du nombre de grappes de 10 à 15 % grâce à une réduction du filage. C’est ce phénomène qui a augmenté le nombre de grappes avec moins de vrilles et plus de grappes » indique Gilles Robert. Un autre biostimulant expérimenté en Champagne a permis d’augmenter de 20 % le poids des baies, ainsi que la richesse en azote des moûts.

Avec 2026, le changement climatique s’inscrit pleinement dans la réalité des vignobles. Face à des conditions toujours plus contrastées, l’adaptation des pratiques devient un enjeu majeur. Parmi les leviers envisagés, les biostimulants pourraient contribuer à soutenir la vigne face aux stress abiotiques et à renforcer sa capacité à traverser ces épisodes climatiques extrêmes.

1 Oxathiapiprolin


ZONGRUUM® - Attention - H351 - Susceptible de provoquer le cancer. H410 - Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme. EUH401 - Respectez les instructions d’utilisation pour éviter les risques pour la santé humaine et l’environnement.

ZONGRUUM® - AMM N° 2140179 - Composition : 200 g/l amisulbrom * - P201 Se procurer les instructions spéciales avant utilisation. P273 Éviter le rejet dans l’environnement. P280 Porter des gants de protection/des vêtements de protection/un équipement de protection des yeux/du visage (se reporter au livret de l'étiquette pour le détail des protections aux différentes phases) P308+P313 EN CAS d’exposition prouvée ou suspectée: consulter un médecin. P391 Recueillir le produit répandu. P501 Eliminer le contenu/récipient dans un centre de collecte habilité pour le stockage et l'élimination des déchets dangereux conformément à la réglementation nationale. Ne pas stocker le produit dans un local où la température peut dépasser 40°C Respecter une distance d'au moins 10 mètres entre le dernier rang traité et : l'espace fréquenté par les personnes présentes lors du traitement ; l'espace susceptible d'être fréquenté par des résidents. Usage concerné : "vigne" Respecter une distance d'au moins 3 mètres entre la rampe de pulvérisation et : l'espace fréquenté par les personnes présentes lors du traitement ; l'espace susceptible d'être fréquenté par des résidents. Usage cocnerné : "pomme de terre" SP1 Ne pas polluer l'eau avec le produit ou son emballage. Ne pas nettoyer le matériel d'application près des eaux de surface. Éviter la contamination via les systèmes d'évacuation des eaux à partir des cours de ferme ou des routes. SPe3 Pour protéger les organismes aquatiques, respecter une zone non traitée par rapport aux points d'eau de 5 mètres en vigne et respecter une zone non traitée comportant un dispositif végétalisé permanent de 5 mètres en pomme de terre.
® Marque enregistrée d'une société du groupe Syngenta et * substance active d’origine Nissan Chemical Corporation.