Vigne

Démarrer à temps la protection mildiou après un hiver doux et humide

Vigne fongicides
Épisode de gel en Champagne du 2 avril. Photo Ludovic Bonnard
Épisode de gel en Champagne du 2 avril. Photo Ludovic Bonnard

Actuellement, les périodes de gel perturbent certaines régions viticoles. Une préoccupation qui ne doit pas faire oublier l’importance du démarrage de la protection mildiou.

Champagne et Chablis très touchés par le gel

Le gel printanier a encore une fois frappé les vignobles. « En Champagne et à Chablis, la 1ère gelée a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 mars dans des parcelles où la vigne avait 15 jours à 3 semaines d’avance avec des Chardonnay qui étaient déjà au stade pointe verte » observe Ludovic Bonnard, Ingénieur Solutions Agroécologie chez Syngenta dans l’Est. Les vignerons de ces régions viticoles ont subi 11 nuits de gel avec des températures allant de -1 °C jusqu’à – 6° C. D’ores et déjà, les professionnels annoncent des pertes de récolte, le Comité Champagne fait une première estimation de 20 % du vignoble détruit par le gel, un constat très inquiétant alors que le mois d’avril débute à peine.
Dans les autres régions viticoles, les températures froides de la dernière décade de mars ont été moins impactantes.  En Alsace, « on a frôlé la catastrophe mais au final on signale seulement quelques parcelles touchées en fond de vallée dans la plaine de Colmar » remarque Lylian Grand, Ingénieur Mise en Marché Vigne chez Syngenta dans la région Est. « Dans les vignobles du sud-ouest, quelques parcelles situées en zone humide et de bas fond ont pu être affectées » signale Gilles Robert, Ingénieur Solutions Agroécologie dans le Sud-Ouest chez Syngenta. Dans cette région très arrosée en janvier et février, les vignes ont également 8 à 10 jours d’avance. Au 1er avril, les vignes se situaient entre le stade bourgeon éclaté et 3 à 4 feuilles pour des Merlot en zone précoce, un stade critique pour le démarrage de la protection mildiou. « Le temps sec et frais de ces 3 dernières semaines a calmé la dynamique de maturité des œufs d’hiver qui sont bien présents dans 20 % des échantillons observés au 1er avril » précise l’Ingénieur.  

Bien positionner le 1er traitement mildiou si les conditions sont réunies

« Pour éviter de courir après le mildiou toute la saison, le positionnement du 1er traitement est très important », rappelle Gilles Robert, « l’objectif est de limiter les contaminations élites qui seront à l’origine des contaminations secondaires ».

La règle est d’intervenir si 3 conditions sont réunies :

  • des œufs de mildiou mûrs,
  • une vigne réceptive à partir de 2 feuilles étalées,
  • une pluie contaminatrice annoncée d’au moins 5 mm avec des températures supérieures à 11°C

Pour déterminer le top départ, les vignerons peuvent s’appuyer sur les modèles de prévision et les applications météo sans oublier les observations au vignoble pour les stades.

Top départ annoncé de la protection début avril dans de nombreux vignobles

Alors qu’il y a encore quelques années, le risque mildiou commençait début mai, les années 2024 et 2025 ont montré que ce risque était plus précoce avec des œufs à maturité dès le début du mois d’avril et des vignes qui débourrent de plus en plus tôt avec le changement climatique et des périodes très clémentes dès la sortie de l’hiver.
Pour 2026, en Nouvelle Aquitaine, les observations de maturité des œufs enregistrent une maturité confirmée à 24h00 labo sur les régions des Graves et du Médoc. De nombreuses parcelles de Merlot sont au stade 3-4 feuilles. « Désormais, il faut être très vigilant sur ces zones et intervenir avant les prochaines pluies annoncées après le week-end de Pâques si les températures remontent » remarque l’ingénieur.
Concernant la Champagne, la vigne était en avance, « la maturité de mildiou pourrait arriver rapidement avec les températures clémentes du week-end de Pâques annoncées » observe Ludovic Bonnard.
Pour les premières interventions, les vignerons peuvent s’appuyer sur l’association de fongicides à base de cuivre (comme CUPROCOL® Duo) et de phosphonates (comme REDELI® utilisable dès 2 feuilles étalées). L’essentiel étant de partir à temps et en préventif des premières contaminations et d’éviter de courir après le mildiou toute la saison. Tout le monde a en tête les printemps 2023 et 2024 avec un mildiou qui s’est emballé fin mai !