Céréales

Des applications fongicides ajustées au risque et aux coûts

Céréales fongicides
Dans un contexte économique tendu et sous une pression maladies globalement modérée, les céréaliers ont protégé leurs céréales en maîtrisant les dépenses.

Dans un contexte économique tendu et sous une pression maladies globalement modérée, les céréaliers ont protégé leurs céréales en maîtrisant les dépenses. Les biocontrôles poursuivent leur progression.

Une campagne contrastée et un investissement fongicide en recul

Après des semis de céréales réalisés dans de bonnes conditions à l’automne 2025 avec des surfaces en progression de 2 %, la campagne a connu des conditions climatiques contrastées. La douceur et les pluies hivernales ont été propices au développement des maladies. 

Mais, la mise en place d’un climat chaud et sec dès le printemps a ensuite limité leur développement. Résultat : une pression septoriose faible à modérée, et des épisodes de rouille jaune et brune qui ont guidé les traitements.

Dans ce contexte, les céréaliers ont maintenu un niveau de protection élevé, tout en ajustant les dépenses. « Les céréaliers ont malgré tout bien protégé leurs céréales (86 % des hectares) mais l’investissement par hectare est en baisse de 2 euros » observe Pierre-Olivier Deschamps, Marketing manager fongicides grandes cultures chez Syngenta. 

« Un recul à mettre en relation avec le risque maladies modéré, bien sûr, mais aussi avec la volonté de mettre en œuvre des programmes de protection technico-économiques compte tenu d’un contexte économique tendu » ajoute-t-il.

Blé, un marché stable porté par les triazoles

La protection fongicide des blés illustre parfaitement cette tendance : alors que les surfaces progressent de 3 %, le marché est stable en valeur par rapport à 2025.

Les solutions technico-économiques gagnent du terrain, à commencer par les triazoles dont l’utilisation progresse de 1,4 %. Elles représentent désormais un tiers du marché et constituent la famille fongicide la plus utilisée, avec une forte présence du prothioconazole et du tébuconazole.

Syngenta rappelle à ce titre qu’une des règles de la Protection Fongicide Responsable (PFR 2.0) est d’alterner les triazoles en évitant d’utiliser 2 fois la même triazole/ha/an et par maladie.

Derrière les triazoles, les SDHI associés représentent 23 % des utilisations, un niveau stable. Les strobilurines, troisième famille la plus utilisée, progressent quant à elles de 2,3 %.  « Cette famille chimique est particulièrement intéressante pour lutter contre les rouilles » observe Pierre-Olivier Deschamps.

Chez Syngenta, la spécialité AMISTAR® Gold qui associe l’azoxystrobine au difénoconazole, confirme cette dynamique avec une progression de 5 % en 2026. Cette spécialité répond à la fois à la problématique rouilles qui monte en puissance mais aussi à l’enjeu d’alternance des triazoles dans les programmes. En effet, le difénoconazole est une triazole peu utilisée dans les associations et a une bonne efficacité sur la septoriose.

De leur côté, les solutions fongicides à base de fenpicoxamide affichent une stabilité en 2026.

Le T2 est toujours le pilier de la lutte fongicide. En 2026, le T1 concernait 43 % des hectares de blé, en progression par rapport à 2025, en liaison avec des attaques de rouille jaune et parfois de septoriose précoces. 26 % des surfaces ont bénéficié d’un T3.


Le marché du blé en chiffres

  • 11,8 millions d’hectares déployés, en hausse de 9 % par rapport à 2025.
  • 251 millions d’euros en valeur, stable sur un an.

Biocontrôles, une dynamique qui se confirme

Dans un marché contracté, les solutions de biocontrôle poursuivent leur développement sur blé. Elles concernent désormais 13 % des hectares, en progression d’un point par rapport à 2025 (9,6 %).

La tendance varie toutefois selon les solutions. Alors que l’utilisation des solutions fongicides à base de soufre continue de reculer, les biocontrôles à base de phosphonates poursuivent leur progression.

« La dynamique des biocontrôles à base de phosphonates se poursuit, en particulier pour notre solution de biocontrôle AQUICINE® Duo qui est aujourd’hui la première spécialité de biocontrôle du marché avec près de 260 000 hectares protégés » souligne Pierre Olivier Deschamps.

AQUICINE® Duo est principalement utilisé au T1 qui concentre 91 % de ses utilisations. Il peut également être intégré au T2, notamment pour contribuer à la gestion des résistances et introduire une solution multisite dans le programme fongicide.

« Cette stratégie d’intégration d’AQUICINE® Duo au T1 ou au T2, seul ou en association, devrait contribuer à augmenter l’utilisation de cette solution 100 % biocontrôle, reconnue pour son efficacité sur septoriose et la qualité de sa formulation » précise Pierre-Olivier Deschamps.

Orge, les SDHI en tête, les triazoles en progression

Sur orge, le marché fongicide suit une tendance comparable à celui du blé : les surfaces déployées progressent de 4 %, mais la valeur du marché recule.

Les SDHI restent la famille la plus utilisée, avec 33 % des utilisations, malgré un repli. A l’inverse, les triazoles seuls, qui représentent 14,4 % des utilisations progressent. Les solutions à base de cyprodinil restent stables, tout comme les associations de triazoles et de strobilurines.

Les maladies visées par les traitements sont toujours l’helminthosporiose, la rhynchosporiose mais aussi la rouille naine et la ramulariose, maladie qui s’exprime plus souvent.


Le marché de l’orge en chiffres

  • 3,10 millions d’hectares déployés en hausse de 4 % par rapport à 2025.
  • 72,8 millions d’euros en valeur contre 74,2 millions d’euros en 2025.

Des stratégies toujours plus ciblées

Les choix de protection fongicide des céréales en 2026 illustrent une recherche d’équilibre entre efficacité de la protection, maîtrise des coûts et gestion des résistances. 

Dans un contexte de pression maladies modérée, les solutions les plus compétitives ont occupé une place importante, alors que les biocontrôles intègrent progressivement les programmes. L’enjeu est de construire à la fois des stratégies adaptées au risque et des stratégies durables.