Céréales

Rouille jaune et brune sous haute surveillance dans les blés

Céréales fongicides
La rouille jaune et rouille brune sont deux maladies toujours plus présentes dans les blés. Un risque à prendre en compte dans les programmes de protection.

La rouille jaune et rouille brune sont deux maladies toujours plus présentes dans les blés. Un risque à prendre en compte dans les programmes de protection.

Rouilles des blés, plus précoces, plus étendues

Depuis plusieurs campagnes, la rouille jaune et la rouille brune, s’invitent de plus en plus dans les parcelles de blés. 
Avec des hivers puis des printemps doux et humides dans de nombreuses régions céréalières, la rouille jaune étend son territoire du nord-ouest vers le sud et, dans une moindre mesure, vers l’est. A cet effet climatique, il faut ajouter le développement de nouvelles races de rouille jaune, Warrior, devenues majoritaires en France, moins sensibles à la chaleur et aux UV.
Parallèlement, la rouille brune, maladie qui apprécie des températures plus élevées, profite du réchauffement climatique et a progressé d’année en année du sud vers le nord. Elle est de plus en plus précoce dans les régions céréalières du sud et concerne désormais aussi les zones céréalières du nord de la France avec une arrivée plus tardive.  Les périodes hivernales avec des températures douces amplifient le risque d’épidémie au printemps avec un inoculum qui se reconstitue. 
« En s’appuyant sur les observations à la parcelle, l’indication d’OAD comme AVIZIO® / Cropwise® Protector et les seuils d’intervention, il s’avère de plus en plus souvent nécessaire de prendre en compte précocement ces rouilles dans les programmes de protection de blé » remarque Fabrice Blanc, Expert Technique National fongicides grandes cultures chez Syngenta.

Ne pas se faire dépasser par la rouille jaune 

La rouille jaune étant une maladie à caractère explosif, ce sont les attaques précoces souvent détectées trop tard qui peuvent causer les pertes les plus importantes. Il est donc essentiel de ne pas laisser s’installer cette maladie. Les seuils d’interventions sont les suivants :

  • En présence de foyers actifs entre le stade épi 1 cm et le stade 1 nœud, ou présence de pustules entre le stade 1 nœud et le stade sortie de la dernière feuille, déclencher le T1.
  • Si la pression persiste (pustules toujours actives), un T2 doit être envisagé dans un délai maximum de 3 semaines après le T1.
  • Si la rouille jaune apparaît vers le stade 2-3 nœuds, il est préférable d’intervenir pour enrayer la maladie sans attendre le traitement pivot des blés au stade DFE.

« Les résultats de nos essais montrent qu’en situation rouille jaune, une impasse du T1 a un impact négatif sur le rendement de -7 q/ha par rapport à une intervention avec une solution fongicide efficace sur rouille jaune comme AMISTAR® » souligne Fabrice Blanc.
En cas d’impasse au T1 ou d’un T1 peu efficace sur rouille jaune ou encore d’un délai entre le T1 et le T2 supérieur à 3 semaines, il est recommandé d’augmenter la dose du T2 et/ou de renforcer le T2. « Au T2, les solutions à base de Solatenol® Technology* sont toujours très efficaces, les mutations qui concernent la rouille jaune et observées ces dernières campagnes n’impactant pas l’efficacité des SDHI sur cette rouille » observe Fabrice Blanc.
Au T2, en présence de rouille jaune, la solution ELATUS® Era présente tout son intérêt, à renforcer par une augmentation de la dose (dans la limite de la dose homologuée) ou l’ajout d’une triazole, si la parcelle de blé se trouve en situation de curativité importante.

Rouille brune, ne pas baisser la garde

« Dans les régions céréalières du sud de la France, la rouille brune peut se développer très tôt dès le stade 1-2 nœuds et elle peut également être observée jusqu’à l’épiaison au Sud comme au Nord » observe Fabrice Blanc. Il ne faut donc pas baisser la garde vis-à-vis de cette maladie qui peut entraîner des pertes de rendement jusqu’à 50 % du potentiel.
Dans les régions du Sud de la France, en cas d’arrivée très précoce, une 1ère intervention à base de triazole avec ou sans QoI, peut être envisagée dès le stade 2 nœuds, suivie d’un T2 avec une solution fongicide comme ELATUS® Era avec un délai maximum de 2 à 3 semaines entre les 2 traitements. En cas d’arrivée précoce, le T1 à base de triazoles peut être relayé par une base ELATUS® Era + STOROSO® ou ELATUS® Era + triazole selon le T1. En cas d’apparition de rouille brune tardive, un T3 à base de triazoles permettra de gérer cette maladie. 
Pour les régions céréalières du nord de la France, l’arrivée de la rouille brune est souvent plus tardive et peut être prise en compte lors du T2 avec une base ELATUS® Era + STOROSO® ou triazole en fonction du besoin de curativité avec un relais T3 environ 3 semaines plus tard avec une base triazoles et/ou QoI en fonction de la pression de la maladie.
« Ces stratégies permettent à la fois de prendre en compte la date d’apparition et la pression de la maladie ainsi que la gestion de la résistance de la rouille brune du blé tendre aux SDHI qui se confirme, en ajoutant au T2 la solution AMISTAR® ou une triazole selon le besoin de curativité ou de persistance » observe Fabrice Blanc.
Dans des essais Syngenta Sud Loire, la prise en compte de la rouille brune dès le T1 a permis une préservation du rendement de 4,7 q/ha en moyenne par rapport à une impasse T1. 
Syngenta rappelle par ailleurs l’importance de prendre en compte dans le choix des solutions fongicides en respectant les 2 règles majeures de la PFR 2.0 que sont l’alternance des triazoles dans le programme de protection des triazoles en évitant d’utiliser 2 fois la même triazole/ha/an/maladie et le positionnement des traitements tôt dans le cycle des maladies.
Pour 2026, une nouvelle fois la vigilance s’impose compte tenu d’un inoculum rouille brune bien présent en sortie d’hiver comme le montre la carte d’indice de pression climatique** rouille brune au 27/02/2026

Carte rouille brune 2026
Indice de risque rouille

« Ce sont les conditions climatiques lors de la reprise de végétation qui seront déterminantes » observe Fabrice Blanc. Pour rappel, les spores de rouille brune ont besoin d’eau libre pour germer et le cycle de la rouille brune est favorisé par des températures comprises entre 15 et 20 °C.
** Indice indépendant des conditions agronomiques (sensibilités variétales, précédents, date de semis …) et basé sur des cumuls d’évènements climatiques favorables à la multiplication de l’inoculum primaire pour une date de semis au 10 octobre rapportée sur 25 ans.

* SOLATENOL® Technology est le nom de marque de la matière active benzovindiflupyr contenue dans les spécialités ELATUS® Plus et ELATUS® Era.