Le point sur les résistances aux fongicides céréales en 2025
La note commune 2026* sur les résistances aux fongicides des céréales incite les agriculteurs à adapter leurs programmes de protection afin de préserver l’efficacité des solutions fongicides.
Gérer les résistances multiples de la septoriose du blé aux fongicides
Selon la note commune 2026 sur les résistances aux fongicides des céréales à paille, le niveau de résistance de la septoriose aux SDHI ne progresse pas en 2025 et atteint une fréquence moyenne de 36 % avec une baisse d’efficacité qui peut affecter plusieurs solutions à base de SDHI en situation de forte résistance depuis plusieurs années.
Concernant les fongicides de la famille des triazoles, ce document précise que les souches de Z. tritici moyennement résistantes (TriMR) aux triazoles ont pratiquement disparu et représentent 5 % en moyenne des populations analysées en 2025. Corrélativement, les souches les plus résistantes aux IDM de type TriHR et MDR sont généralisées et représentent respectivement 70 % et 25 % sur l’ensemble du territoire. Les triazoles sont différemment touchées selon les secteurs.
Face à ces niveaux de résistance toujours préoccupants, les recommandations sont les suivantes :
- intervenir seulement si nécessaire,
- sur blé comme sur orge, limiter l’utilisation des SDHI avec une seule application par saison
- sur blé, face à la progression des résistances multiples, privilégier les fongicides multisites et de biocontrôle, « l’utilisation de multisites (soufre, folpel) ou de phosphonates de potassium reste une bonne option pour maintenir l’efficacité sur la septoriose » souligne la note.
« Le monitoring Syngenta sur toute l’Europe mis en place depuis 2023 confirme ce tableau stable mais préoccupant. Il incite les céréaliers à mettre en œuvre les règles de la PFR 2.0, en particulier l’alternance des triazoles en évitant d’utiliser 2 fois la même triazole /ha/an/ maladie et la limitation à 1 fongicide SDHI associé/ha/an y compris la protection de semences avec une activité foliaire » observe Fabrice Blanc, Expert Technique fongicides grandes cultures chez Syngenta.
Plus globalement, afin de limiter le développement des résistances, la PFR 2.0 rappelle l’importance d’intégrer dans le programme de protection un multisite/ha/an au minimum. L’homologation depuis 2024 du fongicide biocontrôle AQUICINE® Duo offre aux céréaliers une solution 100 % biocontrôle pour un T1 multisite sans triazoles. AQUICINE® Duo peut également être associé à un fongicide à large spectre, efficace sur septoriose et rouilles au T2.
Point de vigilance sur la résistance de la rouille brune aux SDHI sur blé tendre
Depuis 2022, des populations de rouille brune moins sensibles aux SDHI sont observées en Europe. Les isolats portant des mutations associées à la résistance aux SDHI sont détectés chez P. triticina et P. striiformis et P.hordei à des fréquences et des occurrences variables selon les espèces et les régions. Ces résistances semblent progresser depuis plusieurs campagnes, en pratique leur impact se mesure par une baisse d’efficacité de plusieurs SDHI uniquement pour la rouille brune du blé tendre.
« La rouille jaune ne semble pas concernée par cette résistance, malgré la mutation présente mais qui est différente de celle de la rouille brune » remarque Fabrice Blanc.
Afin de limiter le développement des résistances de la rouille brune aux SDHI, il est recommandé de mettre en œuvre 2 règles majeures de la PFR 2.0 : intervenir tôt dans le cycle de la maladie de la rouille brune (afin de ne pas se retrouver au T2 en situation trop curative) et diversifier autant que possible les modes d’action.
ORGES
- La fréquence des souches résistantes d’helminthosporiose aux SDHI a été détectée dans les populations européennes depuis 2012 et a constamment progressé en France et en Allemagne. Elle se situe à un niveau relativement stable et élevé depuis 2020 (autour de 60 %).
- La résistance des souches d’helminthosporiose aux strobilurines est également bien implantée avec des fréquences très variables selon les parcelles étudiées. Elle a augmenté ces dernières années et se situe selon la note nationale entre 60 et 80 % environ.
« Pour lutter contre l’helminthosporiose des orges, il est recommandé d’utiliser un seul fongicide de la famille des SDHI et un seul fongicide de la famille des strobilurines, toujours associés à une triazole. En situation de forte pression et sur variétés sensibles, le recours à une association triple strobilurines + SDHI + triazole peut être envisagé afin de maintenir une efficacité vis à vis de l’helminthosporiose » observe Fabrice Blanc.
- On observe toujours quelques souches moins sensibles de rouille naine aux SDHI sans impact pour les performances des fongicides en programme.
- La présence de souches de ramulariose résistantes aux SDHI, aux QoI et aux triazoles est généralisée en France et en Europe du Nord et de l’Ouest à un niveau de résistance élevé.
« Les solutions les plus performantes sur ramulariose sont des associations fongicides qui intègrent un fongicide multisite comme le folpel, comme le pack ELATUS® ERA + MIRROR® qui permet de lutter efficacement contre l’helminthosporiose, la rhynchosporiose et la ramulariose » explique Fabrice Blanc.
Pour aller plus loin :
- *Consultez la note commune 2026 INRAE, ANSES, ARVALIS, FNAMS sur la résistance aux fongicides des céréales à paille
- En savoir plus sur la PFR 2.0