Céréales, attention aux risques piétin-verse, septoriose et rouilles

Céréales
La septoriose pourrait gagner les étages supérieurs à la faveur des pluies
La septoriose pourrait gagner les étages supérieurs à la faveur des pluies

Les OAD alertent sur plusieurs risques maladies sur les céréales. A surveiller de près pour protéger vos parcelles et préserver le rendement.

Une météo très favorable aux maladies à commencer par le piétin verse

Après un hiver doux et humide qui a favorisé le développement de l’inoculum dans de nombreuses parcelles, le contexte climatique de sortie d’hiver est très favorable aux maladies du feuillage des céréales. « Le retour annoncé du piétin verse est confirmé dans de nombreuses régions céréalières et a conduit certains agriculteurs à protéger d’ores et déjà leurs blés vis à vis de cette maladie qui peut être très dommageable » observe Fabrice Blanc, Expert Technique fongicides grandes cultures chez Syngenta. « C’est la maladie de début de cycle de l’année 2024 avec un risque très fort sur les semis précoces, les précédents chaumes et les variétés sensibles » remarque Bertrand Moncomble, Responsable Agroécologie Régional chez Syngenta dans le nord de la France, « dans la région, on estime que 15 % des parcelles sont concernées ». Dans les zones céréalières du sud de la France, des parcelles ont d’ores et déjà été protégées vis-à-vis de cette maladie « qui sévit une année sur 10 » observe Benoît Thibaud, Responsable Agroécologie Régional chez Syngenta dans le sud de la France.

La septoriose en alerte

La 2ème maladie à suivre de près sur les blés est la septoriose. « De plus en plus de symptômes sont observés dans beaucoup de régions céréalières et les simulations (au 25 mars) de l’outil Avizio™ / Cropwise® Protector indiquent des déclenchements de protection vis-à-vis de la septoriose à 15 jours dans de nombreuses situations » remarque Fabrice Blanc.
« Avec des céréales au stade 1-2 nœuds et les pluies de la dernière semaine de mars, la septoriose va se développer et gagner les étages supérieurs par effet splashing », souligne Bertrand Moncomble. L’heure est à la surveillance des parcelles, la consultation des BSV et des OAD pour mettre en œuvre une protection préventive pour les parcelles concernées, « en privilégiant autant que possible les solutions fongicides multisites comme le biocontrôle AQUICINE® Duo afin de limiter le développement de résistances vis-à-vis de certaines familles chimiques » précise-t-il.


Le saviez-vous ?

  • La septoriose est un champignon qui se propage via les éclaboussures de pluie et progresse de la base vers le haut de la plante
  • La nuisibilité de la septoriose peut être très forte, de 10 à 20 q/ha dans les régions du Centre et de l’Est jusqu’à 50 q/ha dans les zones du nord de la France à fort potentiel.

Surveiller les rouilles

Rouille brune toujours plus précoce
Rouille brune toujours plus précoce

« Entre douceur et humidité, le contexte climatique est tel que les rouilles sont également en progression, y compris la rouille brune, qui depuis quelques années fait son apparition de plus en plus tôt en saison » observe Fabrice Blanc.
Ainsi, des spots de rouille brune sont d’ores et déjà observés dans le sud mais aussi plus au nord dans les Hauts de France, en Ile de France et même en région ouest, « y compris sur des semis tardifs, ce qui est surprenant » remarque Damien Carnet, Responsable Agroéocologie Régional chez Syngenta dans l’ouest.
A noter, selon ce responsable régional, que la rouille jaune est également présente sur variétés sensibles dans les zones océaniques. 
Les rouilles sont donc des maladies à surveiller selon l’évolution des conditions climatiques, avec en appui les BSV et OAD comme Avizio® / Cropwise™ Protector qui alertent déjà sur des risques rouille brune et rouille jaune au sud et à l’ouest.

 

 

 

 


Le saviez-vous ?

  • La rouille jaune peut exploser en une semaine à la faveur de conditions climatiques favorables (températures de 10 à 15 °C et hygrométrie élevées)
  • La rouille brune apprécie les températures élevées. Les spores de rouille brune ont besoin d’eau libre pour germer. Une rosée du matin peut suffire.

Un « potentiel maladies » également sur les orges

Les conditions douces et humides sont également favorables au développement des maladies sur les orges, « un véritable bouillon de culture pour des maladies comme l’helminthosporiose, la rhynchosporiose et la rouille naine » selon Bertrand Moncomble. Dans l’est de la France, Luc Flamant, Responsable Agroéocologie Régional chez Syngenta dans la région, « signale de la rouille naine dans de nombreuses parcelles, selon les variétés, en particulier sur les dates de semis les plus précoces ». Dans le Berry et le Centre, « de l’helminthosporiose a été observée », remarque Damien Carnet.