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Maladies des céréales : vigilance rouilles pour les blés

Céréales
12.12.2019
Rouille jaune du blé

La rouille jaune progresse y compris sur des variétés « tolérantes », la rouille brune s’étend dans tous les bassins céréaliers. Soyez vigilants !

Rouille jaune observée sur des variétés de blé « tolérantes » en 2019

Selon les BSV (Bulletins de Santé du Végétal) du printemps 2019 des grandes régions céréalières, il a été constaté l’apparition de foyers de rouille jaune sur plus d’une douzaine de variétés dites tolérantes (avec une note de tolérance ≥ 7).
« Ces variétés représentent plus de 35 % des surfaces cultivées en France » souligne Bertrand Moncomble, Responsable Technique Nord-Ouest chez Syngenta. Par ailleurs, 35 % des surfaces de blé étaient implantées avec des variétés classées très à moyennement sensibles à la rouille jaune. « Cela signifie, ajoute ce responsable que près de trois quarts des variétés de blé tendre récoltées en 2019 présentaient un risque vis-à-vis de la rouille jaune ». La situation devient donc plus critique vis-à-vis d’une maladie dont la nuisibilité moyenne est d’environ 38 q/ha mais qui peut atteindre dans les cas les plus graves 78 q/ha (Source : essais Syngenta).

Une situation qui s’explique par le contournement de la résistance variétale avec le développement de nouvelles races de rouille jaune appartenant à 2 groupes majoritaires : les races Warrior et les races Triticales.
« Cette évolution est très rapide et en quelques années, des variétés « tolérantes » peuvent devenir moyennement sensibles à très sensibles » précise l’ingénieur régional.

 


Cycle de la rouille jaune du blé

Cycle rouille jaune du blé
L’évolution des races de rouille jaune et celle du climat (plus doux et moins humide au printemps) contribuent au développement de cette maladie.


 

Rouille brune, une maladie des blés qui s’étend sur tout le territoire

 

Depuis 3 à 4 campagnes, souligne Bertrand Moncomble, « la rouille brune est systématiquement observée dans les zones céréalières du nord de la France alors que par le passé cette maladie était plutôt cantonnée au sud ». Deux raisons principales semblent expliquer cette forte progression de la rouille brune dans tous les bassins céréaliers : une évolution du risque variétal avec plus de variétés sensibles à la rouille brune et le réchauffement climatique favorable à l’expression de cette maladie.

En effet, remarque, Fabrice Blanc, « si les sélectionneurs ont permis la création de nouvelles variétés de blé plus tolérantes à la septoriose, cette priorisation dans la sélection s’est faite au détriment d’autres maladies comme la rouille brune ». Résultat, pour les semis 2020, à partir de l’analyse des hectares de multiplication des variétés de blé tendre, cette tendance devrait encore s’accentuer et les céréaliers vont être confrontés à une inversion dans l’évolution du risque variétal pour les deux principales maladies du T2 : sensibilité variétale à la septoriose en baisse, sensibilité à la rouille brune en hausse.

Par ailleurs, le réchauffement climatique apparaît comme un facteur très favorable au développement de la rouille brune dans le Nord de la France. En effet, la germination des urédospores à l’origine des contaminations primaires est optimale entre 15 et 20 °C. Les conditions climatiques des années à venir apparaissent ainsi « plus favorables pour des maladies ayant un optimum thermique élevé » comme le soulignent les travaux du projet de recherche Climator, développé par l’INRA, l’Agence Nationale de la Recherche et l’Ademe.

 


Cycle de la rouille brune du blé

Cycle rouille brune

Les semis précoces, un hiver doux suivi d'un printemps et d'un début d'été chaud ainsi qu’un niveau d’attaque de rouille important l'année précédente sont des facteurs favorables au développement de la rouille brune.