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Mildiou, un millésime 2018 exceptionnel

Vigne
27.09.2018
Grappe de Carignan témoin au 8 juin secteur Montpellier

La campagne 2018 restera marquée par une pression mildiou hors norme. Enquête auprès des ingénieurs Syngenta en région.

Une météo très favorable au mildiou dès le mois d’avril

Après un automne très sec dans les vignobles méridionaux, « avec seulement 40 mm du 16 juin au 31 décembre 2017 à Montpellier, le 1er semestre 2018 a connu des records de pluie, 630 mm selon Météo France sur cette métropole, soit une année de pluie » observe Jean Litoux, ingénieur conseil culture dans le sud de la France. En Aquitaine également, la pluie a battu des records avec une pluviométrie supérieure de 40 à 60 % par rapport à la normale. Cette pluviométrie hors norme au printemps a favorisé d’une part la maturité des œufs d’hiver et d’autre part des contaminations primaires, longues à sortir. La pression mildiou a atteint un niveau très élevé fin mai. Une situation inédite qui a fortement compliqué la protection et les renouvellements.

Toutes les régions viticoles attaquées par le mildiou

Si les vignobles d’Aquitaine, du sud-ouest et du sud de la France ont été particulièrement touchés avec des pertes de récolte annoncées de 25 à 30 % sur Merlot en Aquitaine, voire des destructions totales dans certaines parcelles, toutes les régions viticoles ont été concernées. « À partir de fin mai début juin, les cycles de mildiou se sont enchaînés » observe Renaud Danon, ingénieur conseil culture dans le sud-ouest. Plus au nord, les vignobles d’Anjou et du Centre ont également été très touchés tout comme la Champagne qui a fait face à un mildiou très virulent sur l’ensemble du vignoble avec « de nombreux symptômes de rot-gris sur les inflorescences et les grappes » remarque Bernard Noye ingénieur conseil dans cette région. La Bourgogne, l’Alsace et Rhône-Alpes ont également connu de sérieux épisodes de mildiou avec des zones viticoles particulièrement affectées comme le vignoble ardéchois.

Un mildiou très précoce dans le sud-est, très virulent et plus tardif dans le sud-ouest

Parmi les difficultés rencontrées par les vignerons pour faire face au mildiou, les ingénieurs Syngenta signalent la précocité de la maladie dans les vignobles du sud-est et son extrême virulence en plein stade sensible dans le sud-ouest.

En effet signale Jean Litoux, « les contaminations primaires qui ont eu lieu mi-avril et fin avril ont été un peu sous estimées et contrairement aux conseils classiques, il était souvent plus prudent de protéger la vigne sans attendre la sortie des foyers primaires compte tenu du risque d’orages au moment de la sortie des 1ères taches (conseil de la chambre d’agriculture du Gard fin avril) ». La situation a été d’autant plus explosive que par la suite les jours de pluie se sont enchaînés avec une rosée quasi permanente qui maintenait l’humectation et favorisait les repiquages.

En Nouvelle Aquitaine, les grosses contaminations ont eu lieu plus tardivement entre le 15 mai et le 15 juin « selon les zones, nous avons eu entre 100 et 200 mm de pluie à une période où la vigne était au stade le plus sensible et il pleuvait tous les jours. La protection devait être raccourcie malgré des fenêtres de traitement très courtes » remarque Gilles Robert.

Une situation inédite donc dans la plupart des vignobles qui rappelle que le mildiou est bien l’ennemi numéro un de la vigne. Dans l’article à suivre les ingénieurs Syngenta tirent les premiers enseignements de cette campagne hors norme.

>> Lire l'article "Premiers enseignements d’une campagne sous le signe du mildiou"