Tournesol

Tournesol : une culture performante avec une irrigation maîtrisée

Tournesol variétés
Tournesol, une culture adaptée à une irrigation limitée

Le tournesol valorise efficacement des apports d'eau modérés tout en démontrant une bonne tolérance au stress hydrique.

Un gain de 10 quintaux par hectare avec moins de 100 mm d'eau

Comparé à d'autres cultures estivales en sec, le tournesol se distingue par sa robustesse face aux aléas climatiques. Grâce à son système racinaire profond (jusqu'à 2 m en l'absence de contraintes structurelles), il exploite efficacement les réserves hydriques du sol, surpassant de nombreuses autres cultures.
Cependant, ses besoins en eau restent significatifs autour de la floraison et durant le remplissage des grains. Un déficit hydrique durant ces phases critiques peut compromettre le nombre de graines et leur remplissage, entraînant des pertes de rendement pouvant atteindre 30 % et une baisse de 2 à 3 points de la teneur en huile. « Trois apports de 100 mm génèrent en moyenne un gain de rendement de 10 q/ha », précise Antoine Ferrandon, responsable marché tournesol chez Syngenta.
Le tournesol représente donc une opportunité stratégique pour les exploitations disposant de quotas d'irrigation limités, notamment lorsque les volumes disponibles ne suffisent pas à couvrir les besoins des cultures plus exigeantes comme le maïs. Sa capacité d'adaptation à un arrêt précoce de l'irrigation constitue un atout majeur dans un contexte de sécheresses estivales récurrentes et de restrictions croissantes.


À retenir

  • Selon Terres Inovia, bien que 18 % de la sole tournesol soit implantée sur terres irrigables, seulement 6 % des surfaces sont effectivement irriguées, avec une moyenne de 57 mm répartis en deux tours d'eau.
  • Les besoins optimaux du tournesol s'élèvent à 420 mm, mais 75 % de cette quantité suffisent à préserver le rendement. Le maïs, en comparaison, nécessite 495 mm avec un seuil minimal de 95 % pour atteindre son potentiel.

Stratégie d'irrigation : cibler les périodes clés

L'irrigation doit soutenir la culture lors du début et de la fin de floraison lorsque les précipitations sont insuffisantes.
Le calendrier des apports dépend du développement végétatif au stade bouton et des caractéristiques du sol. Pour les sols superficiels, particulièrement vulnérables au stress hydrique :

  • Croissance faible au stade bouton : prévoir 2 à 4 tours d'eau (pré-floraison, début floraison, fin floraison, puis 10 jours après).
  • Développement vigoureux couvrant l'inter-rang : l'apport pré-floraison peut être supprimé 

Le raisonnement des apports d’eau selon la grosseur du tournesol au stade bouton 2 cm et la profondeur de sol sont détaillés dans le tableau ci-après.

Tableau d'irrigation du tournesol

Modalités pratiques

  • Chaque tour d'eau doit apporter environ 30 mm.
  • Respecter un intervalle de 8 à 10 jours entre deux apports.
  • Ajuster en cas de pluie : décaler d'1 jour par tranche de 5 mm de précipitation.

Pour optimiser la valorisation de l'irrigation, veillez à maîtriser la fertilisation azotée, prévenir les carences en bore (qui limitent la surface foliaire) et privilégier des variétés résistantes au phomopsis et au sclérotinia.


Irrigation et pollinisation : un cercle vertueux

En limitant le stress hydrique durant la floraison, l'irrigation stimule la production de nectar, attirant davantage d'abeilles et de pollinisateurs sauvages. Cette activité pollinisatrice accrue améliore les transferts de pollen, réduit les défauts de fécondation (particulièrement pour les variétés peu autofertiles) et augmente la teneur en huile des graines. (Source Terres Inovia).

 Toutes les informations sur la culture du tournesol et son irrigation (commandement 9)