Faire le choix stratégique du tournesol dans sa rotation
Dans un contexte de flambée du prix des engrais, le tournesol se présente comme une culture attractive et rentable avec des besoins en engrais modérés.
Envolée du prix des engrais dans un contexte géopolitique sous tension
Avec l’escalade du conflit au Moyen Orient depuis la fin du mois de février et la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transit du pétrole, du gaz et des engrais dérivés de ces matières premières, le monde agricole subit de plein fouet la hausse du prix des carburants et des engrais. Le prix de l’urée, l’un des fertilisants azotés le plus utilisé est passé d’environ 580 euros la tonne avant le conflit à plus de 745 euros la tonne fin mars 2026.
Le tournesol, une culture attractive
A l’heure où les agriculteurs se préparent à implanter les cultures de printemps, le choix du tournesol se présente comme un choix stratégique et gagnant. « Le tournesol est une culture avec des besoins modérés en azote, phosphore et potasse, ce qui permet aux agriculteurs de réduire significativement la facture des engrais et de préserver la rentabilité de la culture » observe Antoine Ferrandon, Marketing Manager semences de tournesol chez Syngenta. C’est aussi une culture robuste face aux aléas climatiques qui gère bien les épisodes secs grâce à sa capacité d’exploration des horizons profonds jusqu’à 2 m. « Et, lorsque l’irrigation est possible, moins de 100 mm en 3 tours d’eau suffisent pour gagner 10 q/ha » souligne le responsable marché. Enfin, avec des cours élevés (entre 500 et 520 euros la tonne depuis fin mars 2026), le tournesol est une culture attractive et rentable qui préserve la rentabilité des exploitations dans un contexte d’incertitude.
Azote, phosphore, potasse, des besoins modérés pour le tournesol
Avec 4,5 kg d’azote absorbé par quintal, les besoins en azote du tournesol sont modérés. « Pour un objectif de 30 q/ha, 135 unités d’azote suffisent alors que pour un maïs grain avec un objectif de 100 q/ha, il faut plus de 200 unités d’azote » observe Antoine Ferrandon. Ainsi, avec un reliquat moyen de 60 unités au semis, l’apport d’azote recommandé par Terres Inovia varie de 40 à 80 unités selon les types de sol et leur potentiel. La période la plus propice à la fertilisation azotée du tournesol se situe en végétation entre les stades 6 à 14 feuilles, au plus près des besoins de la plante. Si les besoins en azote du tournesol sont modérés, en revanche il faut souligner qu’un excès ou un manque d’azote de 50 unités/ha peut pénaliser la teneur en huile.
Concernant les besoins en phosphore et en potasse, le tournesol est également une plante considérée comme peu exigeante : pour couvrir les exportations et pour un objectif de rendement de 35 q/ha dans un sol déjà bien pourvu, il faut apporter environ 40 unités d’acide phosphorique et 40 unités de potasse. « Le prix élevé des engrais peut conduire certains agriculteurs à faire des impasses, mais il faut être très vigilant, car les carences phospho-potassiques freinent la croissance de la plante et limitent le potentiel de rendement » souligne Antoine Ferrandon.
Prévenir la carence en bore
Le bore est un oligo-élément majeur pour le développement du tournesol. Sur la période qui va du stade « 5 paires de feuilles » au stade bouton floral, le tournesol absorbe 400 à 500 grammes de bore/ha. Pendant cette période toute carence en bore peut être très pénalisante pour le rendement avec des pertes qui peuvent atteindre 10 q/ha mais aussi pour la qualité des graines des tournesols avec 5 points d’huile en moins. Pour éviter la carence en bore, il est recommandé de réaliser des apports de bore au moment du semis et/ou en apport foliaire. L’apport foliaire est plus efficace car mieux assimilé, il doit être réalisé au début de la période des besoins en bore du tournesol, c’est à dire entre le stade « 5 paires de feuilles » et le stade « limite passage tracteur ».
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