36 % des surfaces de maïs exposées aux ravageurs du sol

Maïs
36 % des surfaces de maïs exposées aux ravageurs du sol

Six ravageurs du sol sont responsables de 10,2 % * des pertes de production en maïs grain. A prendre en compte dès le semis.

Le maïs très sensible aux attaques de ravageurs du sol lors des semis

Le semis est une étape déterminante pour la réussite de la culture du maïs. 50 % du rendement se joue en effet à cette étape où le maïs est particulièrement sensible aux ravageurs du sol jusqu’au stade 4 à 6 feuilles. Selon une étude Arvalis, 36 % des surfaces de maïs grain et ensilage sont exposées aux attaques de ces prédateurs qui occasionnent un peu plus de 10 % des pertes de récolte au niveau national pour le maïs grain. Parmi ces ravageurs, il faut citer notamment le taupin présent partout, mais aussi la chrysomèle à l’est, la scutigérelle en expansion dans le sud-ouest, la géomyze présente en Bretagne et Pays de Loire ainsi que l’oscinie et la mouche des semis à surveiller en fonction des conditions de l’année.

Taupin, le risque majeur présent dans toutes les régions

Toutes les régions de production sont exposées au risque taupins. En moyenne et en l’absence de protection au semis, l’équivalent de 5 % de la surface nationale de maïs grain serait détruite par les taupins dont les larves s’attaquent aux semences, racines et jeunes plants de maïs. Les taupins sont à eux seuls responsables de 8 % des pertes de production dues aux ravageurs du sol. C’est le risque majeur à prendre en compte dans la protection au semis.

Surveiller la scutigérelle et la géomyze à l’ouest

  • La scutigérelle est un mille-pattes à l’origine de pertes de rendement de 5 à plus de 30 q/ha en cas de fortes infestations. Ce prédateur est fréquemment observé dans les zones de production de l’ouest de la France, notamment dans le Sud Aquitaine mais il s’étend dans le Val de Loire, la Bretagne, le Bassin parisien ainsi que le Centre.
  • La géomyze est une mouche qui pond ses œufs à la base des plantules de maïs entre la levée et le stade 3 feuilles et dont la larve s’attaque à la structure du maïs. Si l’année est favorable (hiver doux suivi d’un printemps froid), les dégâts de ce ravageur peuvent être très intenses et entraîner des pertes de 10 à 50 % du rendement.

Chrysomèle à l’est, oscinie et mouche du semis à surveiller

  • La chrysomèle inquiète par les dégâts que les larves provoquent sur la culture du maïs avec une nuisibilité qui peut atteindre 80 % du potentiel de la culture (pour 10 larves par plante). Elle est essentiellement localisée dans les zones de production de l’est et est en progression.
  • En fonction des conditions climatiques de l’année, deux autres ravageurs du sol sont à surveiller : l’oscinie, une mouche qui se développe à la faveur d’un épisode froid après une succession de jours chauds et la mouche des semis, présente dans des situations froides et humides.

*Arvalis, Ravageurs du maïs, une nuisibilité finement évaluée, AFPP octobre 2017, Indice de perte maximum sur maïs grain.


Témoignages

Les attaques de ravageurs du sol peuvent coûter très cher aux producteurs de maïs. L’expérience de Stéphane Nogues en Bretagne et Bernard Baillet dans les Landes en 2021 et les enseignements de cette campagne.

Stéphane Nogues, agriculteur à Rouillac dans les Côtes d’Armor (SAU 227 ha dont 100 ha maïs) - « 4 hectares de maïs grain ravagés par les taupins en 2021 »
Le printemps 2021 aura été fatal à Stéphane Nogues, agriculteur en Bretagne. Les températures fraîches du printemps ont mis à mal la levée et le développement des maïs, pourtant semés tardivement au 20-25 mai. « Ils ont mis du temps à démarrer ». Résultat, une parcelle de 4 hectares de maïs grain a été ravagée par les taupins. Stéphane a été contraint de resemer. « La limite des semis tardifs, c’est quand le printemps est froid ». Ce resemis lui a valu deux heures de travail supplémentaire, un surcoût de semences de 150 €/ha et des charges de mécanisation en plus (40 €/ha de tracteur et 25 €/ha de semoir). L’impact se chiffre aussi sur la récolte. Pour ce second semis, Stéphane a dû choisir une variété à indice faible, capable de réaliser son cycle végétatif sur un temps plus court. Or qui dit forte précocité dit potentiel de rendement inférieur. « J’estime la perte de rendement potentiel à 20 q/ha ».
Dans sa région, la pression concerne essentiellement les taupins et plus ponctuellement la mouche géomyze. Habituellement, il cherche à limiter le risque ravageur en retardant la date de semis afin de placer la graine dans un sol réchauffé et d’apporter une fertilisation starter localisée pour booster la culture.

Bernard Baillet, agriculteur dans les Landes (SAU 80 ha dont 60 ha de maïs) - «Les attaques de taupin,  c’est une perte de 250 €/ha»
« Dans les terres noires très humifères des Landes, la problématique taupin est grandissante» explique Bernard Baillet agriculteur dans les Landes. Chaque année, il réalise les semis avec ses deux voisins sur une surface totale de 180 ha de maïs. Même avec une protection insecticide, une parcelle de 12 ha a subi des pertes de peuplement de 15 % à cause des taupins, engendrant une baisse de rendement de 10 %. Le pire a été évité. « À 200 €/t, c’est une perte de 250 €/ha. Le traitement insecticide au semis à 40-45 €/ha se justifie amplement ! » Toujours en 2021, une attaque de scutigérelles a provoqué des dégâts bien visibles dans une parcelle. «C’est la première fois qu’on est confronté à ce problème, on n’a pu que constater les dégâts.» Chez les trois agriculteurs de l’EARL du Quinagnon,  les microgranulés sont appliqués de manière systématique sur les 180 ha. L’année prochaine, comme il faudra gérer les deux ravageurs, la stratégie de lutte sera modifiée. Il prévoit l’utilisation au semis d’un produit à base de lambda-cyhalothrine, efficace contre le taupin et la scutigérelle.


Face aux ravageurs du sol, une lutte préventive

Contre les ravageurs du sol, la lutte est essentiellement préventive. Le choix des solutions insecticides doit tenir compte des risques selon la zone de production mais aussi de l’organisation de l’exploitation. « Dans la mesure où le taupin est dans toutes les zones de production, quelle que soit la solution choisie, elle doit permettre de maîtriser ce ravageur » observe Aline Zaborowski, marketing manager insecticides chez Syngenta.

  • La lambda-cyhalothrine présente dans la spécialité micro-granulés KARATÉ® 0.4 GR offre un haut niveau d’efficacité contre les principaux ravageurs du sol que sont le taupin, la scutigérelle, ou encore la chrysomèle.  Des essais conduits par Syngenta sur différents niveaux de pression ravageurs montrent un rendement préservé moyen significatif avec KARATÉ® 0.4 GR de + 27 q ha par rapport à un témoin non traité et de + 7 q/ha par rapport à une autre protection micro-granulées (soit respectivement un gain économique de 550 euros/ha et de 150 euros/ha sur la base d’un cours du maïs grain récolte 2021 à 240 euros la tonne) ».
  • La téfluthrine est une matière active insecticide de référence pour lutter contre les ravageurs du maïs (taupins, scutigerelles…). Syngenta propose cette matière active sous deux formes aux maïsiculteurs, FORCE®20 CS en protection de semences ou FORCE® 1.5 G en micro granulés. Sur 92 démonstrations Syngenta en grandes parcelles de 2015 à 2021, la protection FORCE® 20 CS a permis un gain de peuplement dans 84 % des situations et un gain de rendement de + 6,8 q/ha par rapport au témoin.