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Comment piéger Eudémis pour bien positionner EXPLOYO™ Vit ?

Biocontrôle
04.10.2022
Comment piéger Eudémis pour bien positionner EXPLOYO Vit ?
La capture du 1er mâle d’Eudémis est l’indicateur pour protéger la parcelle avec EXPLOYO Vit – Photo Entomo-Remedium

Le piégeage d’Eudémis permet de positionner avec précision la nouvelle solution de confusion sexuelle par pulvérisation EXPLOYO™ Vit.

Positionner EXPLOYO™ Vit au plus près du vol d’Eudémis

EXPLOYO™ Vit est une nouvelle solution de confusion sexuelle liquide qui permet de lutter contre Eudémis. A la différence de la confusion sexuelle avec des diffuseurs installés dès le début de la campagne, cette solution est appliquée en saison en fonction du risque en même temps que les autres interventions de protection de la vigne. « Pour que les phéromones contenues dans les microcapsules qui composent cette solution de confusion sexuelle jouent leur rôle, il est recommandé de positionner EXPLOYO™ Vit au plus près du début du vol d’Eudémis pour éviter les accouplements, en s’appuyant sur les modèles climatiques et/ou les réseaux de piégeage (sexuel ou alimentaire) » explique Jean-Baptiste Drouillard, Expert technique national cultures spécialisées chez Syngenta.

« Dès les captures des 1ers papillons mâles d’Eudémis, le vigneron doit envisager une intervention avec EXPLOYO™ Vit avant que les femelles ne s’accouplent, la plupart du temps, quelques jours après l’apparition des premiers mâles », observe Raphaël Rouzes, entomologiste et dirigeant d’Entomo-Remedium, une structure indépendante basée en Nouvelle Aquitaine spécialisée en entomologie agricole et en agro-écologie.
Une à deux applications sur la G2 et la G3 peuvent être envisagées en fonction de la durée du vol et de la pression, avec un maximum de 4 applications par an.

Piégeage sexuel, une technique simple très utilisée

Le piégeage sexuel est la technique la plus récente et de nombreux vignerons utilisent les pièges delta mis au point par l’INRA. « Le piège est suspendu à hauteur des grappes et contient une capsule de phéromones qui attirent les papillons » explique Raphaël Rouzes. « C’est un piégeage spécifique des papillons mâles qui est simple à mettre en œuvre : installés en mars/ avril avant le début de la G1 dans une ou deux parcelles du domaine viticole, les pièges nécessitent d’être relevés 2 à 3 fois par semaine. Quand le vigneron identifie 3 relevés positifs de capture, cela signifie que le vol a démarré » précise l’entomologiste.
Les pièges sexuels présentent néanmoins deux défauts majeurs : ils sont très soumis aux conditions climatiques et diffusent mal en conditions froides ou chaudes et ils fonctionnent très mal en zone sous confusion sexuelle positionnée en début de campagne.
Des pièges sexuels connectés se développent et permettent de s’affranchir des relevés avec des photos prises à heure fixe tous les jours, néanmoins remarque Raphaël Rouzes, « il ne faut pas oublier que l’observation à la parcelle est essentielle et que de ce point de vue, les pièges sexuels traditionnels sont un bon prétexte pour que le vigneron se déplace ! »

Le piégeage sexuel est la technique la plus utilisée – Photo Entomo-Remedium

Piégeage alimentaire, une technologie historique qui capture mâles et femelles

Le piégeage alimentaire est la méthode la plus ancienne pour capturer les vers de grappe. « Les appâts alimentaires composés le plus souvent de liquides sucrés à base de pommes et ou de vin attirent les papillons qui se noient dans des pots qui sont remplis et relevés 2 à 3 fois par semaine » explique Raphaël Rouzes. Cette technologie historique utilisée au début du 20ème siècle a été remise au goût du jour au début des années 2000 par quelques domaines viticoles mais elle reste marginale. « Les pièges alimentaires sont très pertinents car ils permettent de capturer les mâles et les femelles ce qui permet de qualifier la dynamique des papillons » observe l’expert. Ces pièges ne sont pas spécifiques et capturent d’autres ravageurs comme Eulia, Cochylis ou encore des ravageurs émergents comme Drosophila suzukii. Ils fonctionnent très bien sous confusion sexuelle mais comme pour les pièges sexuels, ils sont sensibles aux aléas climatiques comme le vent, la pluie ou encore le froid qui font chuter les piégeages. En pratique, le résultat d’un piégeage se base sur les captures de 3 pièges alimentaires distants de 20 à 30 mètres. La principale difficulté de ces pièges est qu’ils attrapent tous les papillons et qu’il faut donc les distinguer pour évaluer le risque Eudémis.

Le piégeage alimentaire permet de capturer mâles et femelles – Photo Entomo-Remedium


Piège alimentaire ou piège sexuel ?

Raphaël Rouzes : « Idéalement les deux, car ils sont complémentaires, les pièges sexuels peuvent être installés dès le début de la saison et les pièges alimentaires un peu plus tard en juin pour suivre les 2ème et 3ème génération d’Eudémis ».


La modélisation pour repositionner les captures d’Eudémis dans le cycle biologique

« En complément des pièges qui permettent à un instant donné de capturer les papillons, la modélisation est un outil qui doit permettre d’anticiper les vols d’Eudémis, en particulier pour la 1ère génération où le piégeage est parfois compliqué » observe Thierry Varraillon, responsable modélisation et analyses chez Syngenta. Cette anticipation des vols successifs est un outil intéressant pour anticiper les applications d’EXPLOYO™ Vit dans le cadre du programme de protection.
Pour accompagner les vignerons, Syngenta travaille sur un modèle de prévision Eudémis qui s’appuie comme la plupart des modèles existants sur des sommes de température, l’historique des parcelles et le cycle biologique du papillon. « La performance de notre projet de modèle s’appuie sur un réseau de données météorologiques très fin (tous les 4 kms) » précise Thierry Varraillon. Lorsque ce modèle sera opérationnel, cela permettra de repositionner avec précision les captures des pièges dans le cycle biologique d’Eudémis et notamment d’indiquer s’il s’agit de la G1, la G2 ou la G3 dans les périodes de chevauchement de cycle.