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Pollinisateurs et tournesol, un duo gagnant

Tournesol
19.07.2021
Pollinisateurs et tournesol, un duo gagnant

Les abeilles ont un rôle déterminant dans la pollinisation du tournesol, une culture source de nectar abondante au cœur de l’été.

Le rôle précieux des pollinisateurs pour le tournesol

« Le tournesol à l’état sauvage est une plante hermaphrodite , ce qui signifie que ses capitules portent des fleurons qui sont à la fois mâles et femelles. Cependant, à l’état sauvage, cette espèce est strictement auto incompatible et le pollen doit provenir d’un autre individu pour qu’il y ait fécondation. On estime que plus de 95 % du transfert du pollen se fait grâce aux pollinisateurs » explique Mathieu Mourereau, ingénieur recherche en production de semences chez Syngenta. Au fil des ans, les sélectionneurs ont développé des variétés qui présentent des capacités d’autofécondation. Cependant, aucune variété n’est à 100 % auto fertile et la fécondation dépend encore pour partie largement des pollinisateurs sauvages et/ ou domestiques. Ainsi, la présence de pollinisateurs permettra de surpasser le rendement par autofécondation pour atteindre le potentiel maximum de rendement dans un environnement donné. Résultat, en présence de pollinisateurs, la masse et le nombre de graines par capitule augmente, la pollinisation à l’intérieur d’une parcelle est plus homogène et la teneur en huile est plus élevée.
En production de semences hybride, le rôle des abeilles est encore plus important car la variété produite est le résultat du croisement entre deux variétés. Il ne peut donc y avoir d’autofécondation et ce sont les pollinisateurs qui assurent le transport du pollen des rangs mâles fertiles vers les rangs mâles stériles. « C’est pourquoi, les producteurs de semences comme Syngenta travaillent en étroit partenariat avec les apiculteurs pour qui le tournesol est une source précieuse de nectar » observe Mathieu Mourereau.

Agriculteurs et apiculteurs, un travail main dans la main

Agriculteurs et apiculteurs, un travail main dans la mainEn effet, si les apiculteurs sont concentrés sur leurs colonies d’abeilles, qui doivent être de bonne qualité et prêtes pour le début de la floraison, les agriculteurs multiplicateurs de semences de tournesol doivent s’assurer que les stades de floraison sont simultanés entre deux lignées sur une même parcelle, afin d’optimiser la production de semences. Pour ces professionnels, la réussite de la production de miel et de la production de semences de tournesol nécessite un travail de concert pour amener et placer les ruches sur les parcelles au bon endroit, au bon moment et préserver les abeilles pendant tout leur activité.


LE SAVIEZ-VOUS ?

Un hectare de tournesol c’est 60 000 plantes (55 à 75 000 en production de semences), 32 millions de fleurons à polliniser et 177 fleurs à polliniser par abeille et par jour.
Une colonie d’abeilles, c’est entre 10 et 50 000 ouvrières dont 30 % sont des butineuses en moyenne. La durée de vie d’une ouvrière adulte en été est en moyenne de 3 semaines dans la colonie suivie de 3 semaines à l’extérieur.
Pour faire un kg de miel, il faut le travail de 10 000 abeilles.
Le miel de tournesol représentait en 2019 8 % des 21 636 tonnes de miel produites en France.
Sources Anamso, GNIS – Observatoire de la production de miel et gelée royale FranceAgrimer 2020.


2 à 3 ruches par hectare de tournesol

En pratique, ce sont 2 à 3 ruches par hectare qui doivent être installées à proximité immédiate des parcelles de tournesol semence lorsqu’au moins 10 % des capitules mâles fertiles et mâles stériles sont à la floraison. Idéalement, les colonies doivent être placées à l’abri du vent dominant et à l’ombre, à proximité d’un point d’eau accessible dans un rayon de moins de 500 mètres d’un point d’eau.
Côté agriculteurs, des précautions sont à prendre pendant toute cette période : éviter de réaliser des traitements pendant toute la période d’activité des ruches, en cas de nécessité traiter la nuit quand les abeilles sont dans la ruche et prévenir l’apiculteur pour qu’il déplace ses ruches s’il le juge nécessaire, de même irriguer la nuit si cela est nécessaire. « Il est essentiel par ailleurs de favoriser la présence et l’activité des insectes pollinisateurs sauvages en préservant la biodiversité en installant notamment des zones de friches ou de jachères pour faciliter la reproduction et assurer une ressource alimentaire régulière tout au long de la saison » observe Mathieu Mourereau. Un équilibre à préserver pour le duo gagnant et complémentaire pollinisateurs et tournesol !

Pour en savoir plus :
Un beau tournesol, c’est plus de miel