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Un beau tournesol, c’est plus de miel

Tournesol
15.10.2020

Pour John Rigon, le tournesol est une culture essentielle pour sa production de miel. L’apiculteur raconte son expérience chez un producteur du Sud-Ouest.

En quoi le tournesol est une culture intéressante pour votre production de miel ?

Dans le sud-ouest, le tournesol c’est le dernier miel de l’année qui vient après le miel d’acacia, le miel d’acacia et le miel de fleurs. C’est donc une culture très importante pour nous apiculteurs à une période où nos abeilles sont très actives. En ce qui me concerne, le miel de tournesol, c’est un tiers de ma production.

Quelle était l’expérience mise en place en 2020 chez un producteur ?

Avec le suivi des équipes Syngenta, j’ai installé 28 ruches en lisière d’une parcelle de tournesol chez un agriculteur. L’objectif pour le producteur était de tout mettre en œuvre pour une belle production de tournesol en soignant tout particulièrement la culture et en favorisant la pollinisation. Et pour moi apiculteur, mon but était de produire du miel dans les meilleures conditions possibles. J’ai donc installé mes ruches en bordure de la parcelle à l’abri d’une haie afin qu’elles soient à l’ombre car les abeilles ne travaillent pas en plein soleil. Cette expérience était très intéressante, car au-delà d’une bonne production de miel, c’était l’occasion d’échanger avec un agriculteur sur ses pratiques et la compatibilité avec notre métier d’apiculteur.

John Rigon est apiculteur dans le Tarn et Garonne et produit chaque année 8 à 10 tonnes de miel avec ses 350 ruches

Quel était justement le niveau de votre production de miel de tournesol dans cette parcelle ?

En moyenne, chaque ruche a permis de produire 20 kg de tournesol, ce qui était une belle production. Toutes les conditions étaient en effet réunies pour favoriser le travail des abeilles : des tournesols bien soignés, un peu de pluie avant la floraison puis du soleil et des températures supérieures à 20 °C. Par ailleurs, la parcelle de tournesol était hétérogène avec une floraison étalée sur environ 15 jours, ce qui était idéal pour le travail de mes abeilles.

Vous avez expérimenté une balance connectée dans cette parcelle. De quoi s’agit-il ?

J’ai en effet pu équiper une de mes ruches sur cette parcelle avec une balance connectée « Bee to Beep ». Ce système permet de suivre le niveau de la miellée et informe à distance quand la rehausse de la ruche est pleine. Ainsi, l’apiculteur sait quand il doit intervenir au niveau de sa ruche. Dans la mesure où nos ruches sont parfois très éloignées de notre domicile, cette balance connectée peut s’avérer très utile. Cela permet également de suivre en temps réel l’activité de la ruche, je me suis ainsi rendu compte qu’au meilleur de la floraison, mes abeilles rentraient jusqu’à 2 kg de nectar par jour.

Qu’attendez-vous des agriculteurs ?

Les agriculteurs sont pour notre métier des partenaires. Il est essentiel d’avoir des échanges avec eux pour faire passer nos messages sur la nécessité de prendre en compte l’activité de nos abeilles. A titre d’illustration, nous leur demandons de réaliser leurs interventions phytosanitaires plutôt la nuit car les abeilles travaillent de jour. Nous sommes également très favorables à l’implantation de bandes mellifères en bordure de parcelles qui peuvent prendre le relai entre les différentes miellées. Au final, c’est une relation gagnant-gagnant où l’apiculteur a un environnement favorable pour le travail de ses abeilles et la production de miel et où l’agriculteur bénéficie du travail des abeilles pour une meilleure pollinisation de ses cultures.


Le saviez-vous ?

  • Une ruche abrite de 10 000 (en début de saison) à près de 60 000 abeilles (au début de l’été).
  • Pour faire un kg de miel, il faut le travail de 10 000 abeilles
  • La pollinisation du tournesol est considérée comme optimale dès la présence d’une abeille pour 4 capitules (Phytoma, N°729, Chabert & al).
  • Le tournesol est une plante mellifère importante pour les abeilles avec une floraison estivale, une période où les ressources se font rares.
  • Le colza et le tournesol représentent près de 50 % de la production de miel française.
  • Contrairement aux idées reçues, les nouvelles variétés de tournesol produisent autant de nectar que les variétés anciennes. Les sécrétions nectarifères sont en revanche sensibles à la sécheresse et au vent (Effect of environmental conditions and genotyppe on nectar secretion in sunflower, Chabert & al).