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Tournesol : favoriser la pollinisation pour accroître les rendements

Tournesol
26.09.2013
Abeille

La densité et la diversité des pollinisateurs constituent un levier incontestable d’optimisation du potentiel du tournesol. 

 

Alain Treil, responsable chez Syngenta de la recherche en production pour les semences oléagineuses, apporte des explications.

Quelle est l’importance des pollinisateurs pour une culture comme le tournesol ?

AT : Pour des plantes oléagineuses telles que le colza et le tournesol, nous savons avec l’appui de différents travaux de recherche initiés par l’INRA et poursuivis depuis 6 ans par Syngenta que pour des plantes 100 % fertiles (notamment des hybrides restaurés) la fécondation des fleurs dépend largement de l’action des insectes pollinisateurs sauvages ou domestiques, de l’ordre de 20 à 30 %. Sur colza, les essais montrent que les rendements peuvent être majorés de 5 à 30 % grâce aux abeilles et que la teneur en huile des graines augmente. C’est pourquoi nous avons étendu l’opération « Pollinisateurs » au tournesol. Les premiers résultats sont très prometteurs avec des rendements supérieurs de 2,5 quintaux/ha.

Pourquoi est-il nécessaire d’introduire des pollinisateurs ?

AT : Selon les régions, la diversité des environnements paysagés et la taille des parcelles, la présence et la diversité des pollinisateurs sur les cultures est plus ou moins importante. Cette situation explique en partie les variations de rendements. Or, une fécondation rapide et régulière diminue la durée de la floraison et permet d’augmenter la phase de remplissage des grains. Résultat, les rendements sont améliorés et on constate également une augmentation de la teneur en huile sur une même variété de tournesol.
De plus, en production de semences hybrides de tournesol, nous avons constaté qu’augmenter la densité de pollinisation avec des colonies d’abeilles domestiques permet de stabiliser le rendement brut ainsi que la qualité : les calibres des graines deviennent plus homogènes avec une meilleure faculté germinative.

À quel niveau faut-il introduire des abeilles domestiques ?

AT : Tout d’abord, il est essentiel de favoriser la présence et l’activité des insectes pollinisateurs sauvages en préservant notamment des zones de friches ou de jachères pour faciliter la reproduction et assurer une ressource alimentaire régulière tout au long de la saison. Les agriculteurs doivent également être très vigilants sur le respect des modes d’emploi des produits phytosanitaires : dosages par hectare, plages de pulvérisation en soirée.
Concernant l’introduction des pollinisateurs pour les cultures de tournesol, il a été observé que l’installation de colonies d’abeilles domestiques à raison de 2 à 3 ruches par hectare à proximité d’une culture de tournesol permet de mieux féconder les 5 à 6 millions de fleurons qui apparaissent chaque jour pendant la floraison. Finalement, en favorisant la diversité et la densité de différents types de pollinisateurs, nous obtenons également des types de butinage différents et complémentaires qui assurent une fécondation optimale.

À retenir pour favoriser le rendement et augmenter le teneur en huile
• La fécondation des fleurs de tournesol dépend largement (20 à 30 %) de l’action des pollinisateurs sauvages. 
• Favoriser la pollinisation permet d’augmenter les rendements (+ 2,5 quintaux/ha) et la teneur en huile.
• 2 à 3 ruches par hectares sont nécessaires pour « booster » la pollinisation.