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L’orge hybride, une source d’énergie sécurisante et flexible

Orges Hyvido
09.07.2021

Pour Pierre Henri Roland*, céréalier méthaniseur, l’orge hybride offre un haut pouvoir méthanogène et une flexibilité de débouchés.

Quels sont les critères de choix des cultures pour approvisionner votre méthaniseur ?

PHR : Mon méthaniseur est approvisionné pour les deux tiers avec des intercultures (CIVE** d’hiver ou d’été) et pour un tiers avec des pulpes des betteraves, des issues de silos et autres produits issus de l’industrie agro-alimentaire.
Concernant les CIVE, mon objectif est d’assurer la sécurité d’approvisionnement du méthaniseur et d’avoir un stock conséquent pour l’alimenter. Le choix des cultures intermédiaires est un compromis entre des critères agronomiques et des critères de rendement méthanogène.
Le raisonnement agronomique tient compte de la date de semis, de la date de récolte, de la résistance au gel mais aussi de la consommation en eau de la culture intermédiaire dans la mesure où, après une CIVE, je peux implanter une culture comme le maïs dont les besoins en eau sont conséquents.
Le rendement méthanogène est évidement un critère de choix très important, mon objectif étant de savoir quelle quantité de CH4 je vais pouvoir produire à l’hectare avec une culture donnée.

En quoi l’orge hybride est une culture qui répond à vos attentes ?

PHR : L’orge d’hiver est une culture qui offre une date de semis adaptée derrière une culture de betterave par exemple et c’est une culture flexible qui peut être conduite pour l’ensilage ou le grain. J’ai testé les orges hybrides HYVIDO® depuis 2 ans et les résultats m’ont convaincu tant au niveau du rendement en grains que du rendement en MS et de son haut pouvoir méthanogène. C’est pourquoi pour cette campagne, j’ai implanté une parcelle de 45 hectares avec des variétés HYVIDO (SY Galileoo et SY Phantoom) et à la veille de la récolte, je ne savais pas encore quelle proportion serait orientée vers la méthanisation et le grain. C’est une flexibilité très appréciable qui me permet de m’adapter aux besoins du méthaniseur en cours de campagne en fonction des aléas climatiques mais aussi du cours de l’orge !

Qu’attendez-vous des orges hybrides ?

PHR : Une bonne installation de la culture d’orge hybride est un critère très important, car une orge vigoureuse sera moins sensible aux attaques de pucerons et à la JNO et plus généralement aux maladies. Compte tenu de mes objectifs de méthanisation, j’attends évidemment un haut rendement en MS pour la production de biogaz mais aussi un haut potentiel en grains si je décide cette orientation.

Quelle peut être la place de l’activité méthanisation dans la société ?

PHR : C’est un projet novateur sur le segment des énergies renouvelables qui nécessite encore des explications vis-à-vis du grand public pour être compris et accepté. Je rappelle volontiers que mon unité de méthanisation permet de produire du gaz, qui est une énergie renouvelable utilisable par  les citadins de mon environnement et qu’en tant que céréalier, je récupère les déchets organiques pour fertiliser mes parcelles. C’est un cercle vertueux.

*L’exploitation de Pierre Henri Roland s’étend sur 500 hectares dans l’Oise, mais avec le jeu des doubles cultures (CIVE puis culture principale), la surface exploitée représente plus de 650 hectares.
**CIVE : Cultures intermédiaires à valeur énergétique

Voir l’intégralité de l’interview :

Pour aller plus loin :
Orges hybrides et méthanisation, réponses à Thierry Agriculteur
Encourager l’énergie verte par le mélange à base d’orge hybride