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Résistance des maladies aux fongicides : comprendre

Céréales
29.11.2012

Strobilurine, triazoles, prochloraze… les maladies des céréales peuvent devenir résistantes à un fongicide plusieurs années après son lancement.

En céréales, la septoriose est la maladie la plus concernée par les résistances. Qu’est-ce qui explique ces phénomènes ? Comment les résistances se développent-elles ?

La résistance aux fongicides en céréales, une histoire de souches

Les maladies des céréales sont provoquées par des champignons qui sont présents dans la nature, parfois constitués de souches différentes. Les fongicides agissent sur ces souches de champignon en se fixant en général dans leurs cellules à un endroit bien précis, appelé la cible. Ils bloquent ainsi une réaction vitale du champignon, par exemple au niveau de la respiration des cellules. Lorsque toutes les souches présentes sont sensibles au fongicide utilisé, la structure de la population de souches après le traitement, sera sensiblement la même que celle présente avant le traitement.

Fongicide efficace à 70% appliqué sur une population pathogène 100% sensible

Toujours utiliser le même fongicide accroît le risque de résistances

Il arrive que le fongicide utilisé n’ait plus aucune efficacité sur certaines souches du champignon. Que s’est-il passé ? Les souches résistantes sont le résultat de mutations. Ces mutations sont des phénomènes naturels très fréquents qui se produisent sur l’ADN des organismes vivants, en particulier lorsqu’ils doivent faire face à un stress, une sécheresse, un excès d’UV… Si la mutation modifie la cible au sein des cellules du champignon, le fongicide ne peut plus s’y fixer, et ne pourra plus stopper son développement.

  • Lorsque les souches résistantes apparaissent, elles sont présentes dans de très faibles proportions et passent complètement inaperçues. C’est l’utilisation répétée du même fongicide, ou de plusieurs fongicides dotés du même mode d’action, qui sélectionne les souches résistantes.
  • Les souches résistantes prennent peu à peu la place des souches sensibles, ce qui se traduit par une baisse d’efficacité du fongicide.

Fongicide efficace à 70% appliqué sur une population résistante à 30% à ce fongicide

Pour limiter le développement des résistances, alterner les fongicides

Pour contrer la montée en puissance des souches résistantes, il est vivement conseillé d’employer des fongicides avec des modes d’action différents au cours d’une même campagne et surtout, d’intégrer dans le programme, un fongicide multisite tel que le chlorothalonil, non touché par les résistances.

Resistance maladies septoriose