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Protection de semences des céréales, bilan de campagne

Céréales
15.09.2022
Protection de semences des céréales, bilan de campagne

Taupins, zabre ou encore charbon nu menacent vos céréales. L’analyse et les recommandations des ingénieurs Syngenta dans les régions céréalières.

Sécuriser le potentiel des céréales et le revenu des agriculteurs

Les céréales sont menacées chaque année par des bioagresseurs qu’il est difficile voire impossible de contrôler en végétation et qui sont très préjudiciables pour le rendement. C’est le cas des taupins qui sont observés dans la plupart des régions céréalières mais aussi du zabre qui progresse du sud vers l’est et le nord ou encore du charbon nu qui est observé dans les parcelles d’orges d’hiver. « La protection de semences est déterminante pour préserver le potentiel de la culture et dans un contexte de marché où les cours des céréales sont élevés, chaque quintal gagné sera très bien valorisé » souligne Virginie Braun, expert technique protection de semences chez Syngenta.

Le retour du charbon nu dans les parcelles d’orge d’hiver

« Depuis plusieurs années, on observe en effet le développement des maladies charbonneuses dans les parcelles de céréales, et en particulier du charbon nu dans les parcelles d’orge d’hiver », remarque Antoine Kienlen, Ingénieur Solutions Agroécologie dans l’est de la France. Or, les maladies charbonneuses sont très contagieuses : 5 % d’épis atteints dans une parcelle, c’est 30 % de semences contaminées par le charbon nu l’année suivante. « Toute la difficulté » souligne Antoine Kienlen, « est que la maladie rentre dans la graine et s’installe pour exploser l’année suivante ».

En Bourgogne également, selon Jean-François Dobrecourt, Ingénieur Solutions Agroécologie dans la région est, le charbon nu concernerait un certain nombre de parcelles avec 15 à 20 % d’épis atteints et un impact sur le rendement estimé à 10 %. Dans les situations les plus délicates, les pertes de récoltes peuvent atteindre 30 %.

La lutte contre le charbon nu est une lutte exclusivement préventive. Arvalis Institut du Végétal confirme que le traitement des semences avec un fongicide est un moyen efficace et unique en agriculture conventionnelle pour maîtriser ce champignon et rappelle que si des épis charbonnés sont observés dans une parcelle, il n'est alors pas recommandé de faire des semences de ferme avec la récolte de cette parcelle.


La présence de charbon nu a un impact sur le rendement de 10 à 30 % pour les situations les plus délicates

Il faut noter par ailleurs que les spores peuvent être disséminées sur quelques centaines de mètres et qu’en conséquence la surveillance vis-à-vis des récoltes voisines n'est pas à négliger.

La protection de semences VIBRANCE® Gold, qui associe 3 matières actives (sedaxane, fludioxonil et difénoconazole) est efficace à 99 % vis-à-vis du charbon nu. Elle est également reconnue comme la référence du marché pour lutter contre les fusarioses.


Le charbon nu, une maladie transmise par les semences

C'est au moment de l'épiaison que l'on peut s'apercevoir de la présence de charbon nu de l'orge dans une parcelle. On repère le charbon nu par la présence de masses noires pulvérulentes au niveau des épis, provoquées par le champignon Ustilago nuda.
Au moment de la floraison, les spores sont disséminées par le vent, se déposent sur les épis à proximité et contaminent les grains au niveau de l’embryon, pour se mettre en repos lorsque le grain est mûr. Le champignon est alors dans le grain et rien ne permet de distinguer visuellement une semence charbonnée d'une semence saine. Seule une analyse en laboratoire permet de le détecter.
Une fois que ces grains sont semés, les spores germent et se développent au sein de la graine. Au printemps suivant, le champignon se multiplie dans la gaine, sur le futur épi et forme cet amas de spores. La plante suit son développement classique et, à l’épiaison, elle émet des épis contaminés. Et le cycle recommence.


Des taupins dans la plupart des régions céréalières et sur toute la rotation

« Autre menace pour les céréales, les taupins qui sont toujours plus présents dans les parcelles » souligne Thierry Ribouchon, Ingénieur Solutions Agroécologie dans l’ouest chez Syngenta. Le retrait des protections de semences à base de néonicotinoïdes qui assuraient une protection vis-à-vis de ravageurs comme les taupins ou les zabres, explique en partie ce développement mais pas seulement. « Les exploitations agricoles ont tendance à se végétaliser avec l’implantation de prairies dans la rotation qui sont des précédents favorables aux taupins » ajoute l’ingénieur régional.
Toute la difficulté est de gérer ce ravageur sur toute la rotation car le taupin est un ravageur à cycle long avec un stade larvaire qui dure 2 à 5 ans. C’est la larve qui attaque les cultures et le risque est majeur au moment de la levée et de la reprise de végétation. Quand une parcelle est attaquée, cela peut aller jusqu’à la destruction de la parcelle.
« Le taupin apprécie les sols chauds et humides » remarque Thierry Ribouchon, « avec les températures élevées de l’été 2022, le risque sera significatif à l’automne si les sols se réhumidifient avec les pluies automnales ».

« Le travail du sol et en particulier le déchaumage permettent de détruire une partie des larves, mais cela ne suffit pas et dans une année comme 2022, les larves se sont réfugiées en profondeur et le travail du sol aura peu d’impact » observe Vincent Guisse, Ingénieur Solutions Agroécologie dans le nord.

Dans la mesure où il n’existe pas de solution homologuée pour lutter contre les taupins en végétation, face à ces ravageurs le maître mot est anticipation ! Les recherches publiques et privées mettent en avant le fait que la protection de semences à base de téfluthrine (ATTACK® ou AUSTRAL® Plus net) est un investissement rentable compte tenu de la nuisibilité moyenne des ravageurs souterrains dont font partie les taupins.


Focus

  • ATTACK, protection de semences à base de téfluthrine, est homologuée sur toutes les céréales, contre les 3 principaux ravageurs souterrains (taupins, zabre et mouche grise).
  • AUSTRAL Plus Net est un produit complet prêt à l'emploi contenant une protection insecticide et une protection fongicide des semences de céréales. L'insecticide est la téfluthrine, la référence dans la lutte contre les ravageurs souterrains (taupins, zabre et mouche grise) et le fongicide est le fludioxonil, protection fongicide avec un spectre large (fusarioses, septoriose et carie des blés ; fusarioses et helminthosporiose de l’orge).

Le zabre gagne les régions céréalières du sud-est et du nord

Le zabre est un ravageur dont la larve s’attaque aux feuilles de la culture durant la nuit entraînant la disparition de pieds avec à la clef de gros dégâts dans les parcelles. « Initialement inféodé aux régions céréalières du sud-ouest, le zabre s’étend désormais vers les régions du sud-est et gagne au nord vers la Bourgogne » explique Philippe Renaud, Ingénieur Solutions Agroécologie dans le sud.  C’est dans ce contexte qu’Arvalis a mis en place un essai sur blé dur sur la campagne 2021/2022 comparant les protections de semences Attack et Austral Plus Net à une solution foliaire de rattrapage et au témoin. Les conclusions de cet essai mettent en avant l’intérêt et l’efficacité des protections de semences (80 % d’efficacité) par rapport aux solutions foliaires (50 % d’efficacité) qui sont proches du témoin. La nuisibilité dans le témoin sur cet essai est de 14 q/ha.

Les attaques de zabre peuvent entraîner de gros dégâts dans les parcelles

« Cet essai démontre que, comme pour le taupin, pour lutter contre le zabre, il faut anticiper et protéger ses semences », conclue Philippe Renaud.

Pour aller plus loin, 2 podcasts sur le taupin et le zabre :
Taupins : ne vous laissez pas surprendre
Zabre : ne vous laissez pas surprendre !