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Agronomie et désherbage des céréales : s’adapter à la flore

Céréales
23.05.2019
Parcelle de céréales

Labour, faux semis, décalage du semis… face aux adventices des céréales le levier agronomique prend différentes formes.

Les graminées, vite neutralisées une fois enfouies

Vulpin, ray-grass, bromes… Les graminées automnales sont les adventices majeures sur céréales. Elles germent dans la couche superficielle du sol, entre 0 et 2 cm. Les graines perdent vite leur viabilité dans le sol après enfouissement : toutes présentent un taux annuel de décroissance (TAD) élevé, jusqu’à 100 % pour le brome stérile. En s’appuyant sur ces caractéristiques, le labour présente une excellente efficacité sur ces mauvaises herbes. 

Labour, une cadence à raisonner

Pour le labour, la cadence est à raisonner en fonction du contexte. S’il est pratiqué régulièrement avec efficacité, un rythme annuel est envisageable. Dans le cas d’une parcelle sur laquelle le labour n’a pas été pratiqué depuis plusieurs années, l’idée sera plutôt de le relancer tous les trois à quatre ans, afin d’éviter les remontées des graines d’adventices. Jean-Marc, agriculteur en Lorraine (150 ha), explique être « plus serein », en partie grâce à sa charrue : « Pour limiter les problèmes de vulpin et de brome, je pratique le labour sur la majeure partie de mes terres. »

Ray-grass, vulpin : des profils différents

C’est contre le ray-grass que le faux-semis s’avère le plus précieux. Cette adventice lève toute l’année : un faux semis pendant l’été, et un autre à l’automne, provoquera leur germination si les conditions d’humidité le permettent. « Autant de pieds que l’on ne retrouvera pas dans la culture », souligne Fabien Massot, expert technique national. Le vulpin, qui est une mauvaise herbe « de saison », présente seulement à l’automne, sera de son côté plus sensible au levier d’action « rotation ». L’insertion d’une culture de printemps perturbera son cycle naturel de développement. Un faux-semis unique, fin septembre, associé à un semis tardif (après la mi-octobre) de la céréale, s’avèrera efficace, avec une infestation réduite potentiellement de 70 %. 

Alain, agriculteur en Lorraine (114 ha), témoigne : « Confronté à des vulpins résistants, j’ai introduit des cultures de printemps afin d’avoir une rotation plus longue. Je pratique également des faux semis après le colza et avant un blé pour faire lever les vulpins afin de mieux les détruire. Ces pratiques me permettent d’avoir des parcelles propres. »

 


En pratique
Rotation : les atouts d’une orge hybride après un blé

Pratiquer une « deuxième paille » est courant dans les rotations céréalières. Une orge hybride Hyvido présente des avantages dans la gestion des adventices par rapport à un blé sur blé. La précocité de l’orge, en sortie d’hiver, permet naturellement de concurrencer plus sérieusement les adventices. Les orges hybrides Hyvido présentent, en plus, un volume végétatif particulièrement important pour coloniser l’espace. Les tests effectués avec cette variété, après un blé, montrent une efficacité des programmes de désherbage 10 % plus importants.