Une innovation olfactive va renforcer la lutte contre la jaunisse
Les essais 2025 confirment l’intérêt d’une nouvelle approche contre le puceron vert, responsable de la jaunisse de la betterave. Grâce à la technologie olfactive, Syngenta ouvre une voie innovante pour sécuriser les programmes face à la maladie. Le 9 décembre 2025, la ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire a annoncé la signature d’une future dérogation 120 jours pour cette innovation.
Une innovation qui s’inscrit dans une trajectoire filière
« Je tenais à vous annoncer qu’après analyse par mes services, les courriers indiquant que les éléments scientifiques connus ne font pas obstacle à de futures dérogations 120 jours pour [le produit] Agriodor, ont été signées hier soir », a déclaré Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, le 9 décembre 2025 à l’occasion de l’assemblée générale de la CGB, Confédération Générale des Planteurs de Betteraves. Cette annonce constitue un signal fort pour la filière betteravière et confirme l’intérêt porté aux innovations de rupture, comme la Technologie Olfactive Répulsive, capables de compléter efficacement les stratégies de protection intégrée.
En moyenne, - 40 % de pucerons verts au pic de population
En 2025, Syngenta a conduit un large dispositif d’essais pour évaluer une Technologie Olfactive Répulsive, développée en partenariat avec Agriodor, destinée à limiter la pression du puceron vert (Myzus persicae), vecteur de la jaunisse de la betterave. Ces essais ont été déployés dans les principales zones betteravières (Est, Centre, Hauts-de-France), complétés par des dispositifs en distribution et au sein des réseaux ITB (Plan d’action 28 et Fermes Pilotes d’Expérimentation).
Les observations issues du réseau d’essais Syngenta révèlent un gain d’efficacité supplémentaire en intégrant la Technologie Olfactive Répulsive dans un programme, par rapport à une stratégie reposant uniquement sur la flonicamide. Les modalités combinant technologie olfactive et flonicamide ont permis une réduction plus marquée des populations de pucerons verts et une diminution du nombre de betteraves touchées au pic de population, ainsi qu’une réduction notable des symptômes de jaunisse. En moyenne, la population de pucerons verts baisse de 40 % entre la modalité avec technologie olfactive et le témoin non traité au pic de population. L’intervention a été réalisée à partir du stade cotylédons étalés des betteraves dès l’apparition des premiers pucerons verts ailés.
L’apport spécifique de l’olfactif
Les performances observées en 2025 trouvent leur explication dans le mode d’action original de la Technologie Olfactive Répulsive. Cette innovation repose sur des allomones, substances capables de perturber le comportement d’une espèce cible. En modifiant l’environnement olfactif de la culture, la technologie rend la parcelle moins attractive pour le puceron vert.
Elle agit sur trois leviers complémentaires : une action répulsive qui limite la colonisation par les pucerons ailés, un ralentissement de la reproduction et une réduction de l’alimentation, avec moins de piqûres sur les plantes. Ce mode d’action comportemental explique la baisse conjointe des populations et du risque de transmission virale observée dans les essais.
Le combinatoire, facteur clé de robustesse
L’intérêt agronomique majeur de la Technologie Olfactive Répulsive réside dans sa complémentarité avec les solutions phytosanitaires existantes. En associant une action olfactive, comportementale, avec une action insecticide ciblée, les programmes gagnent en robustesse tout en diversifiant les modes d’action. Cette approche sécurise l’efficacité et la durabilité du programme, tout en s’adaptant aux dynamiques d’arrivée des pucerons.
Les études menées montrent par ailleurs une période de diffusion efficace pouvant atteindre 21 jours, y compris après des épisodes pluvieux importants, ce qui renforce l’intérêt opérationnel de la technologie.