Des odeurs pour éloigner les ravageurs des cultures
Et si les odeurs pouvaient servir à éloigner les ravageurs des cultures…rêve ou réalité ? Grâce à une technologie disruptive, la start-up Agriodor fera bientôt de cette utopie une approche innovante.
Utiliser les odeurs pour protéger les cultures. Ceci n’est pas un rêve, mais bien une réalité qui prend forme dans le laboratoire de la start-up Agriodor. En collaboration avec Syngenta, cette technique révolutionnaire permettrait à moyen terme de protéger plusieurs cultures face à de nombreux ravageurs.
Une révolution olfactive
La plupart des insectes utilisent les odeurs pour la recherche de nourriture, d’un partenaire sexuel, etc. Les antennes représentent le nez de l'insecte, qui possède une sensibilité élevée à certaines odeurs. Avec ces odeurs, Agriodor s’inspire de la nature pour mettre au point une technologie innovante de biocontrôle. Au lieu d’installer des plantes aromatiques répulsives dans les parcelles, les scientifiques diffusent directement les odeurs caractéristiques de ces plantes pour faire fuir les pucerons.
L’odeur d’une plante répulsive
Dans le monde des odeurs, 3 types de molécules sont à distinguer : les phéromones, les kairomones et les allomones. Alors que les phéromones servent à la communication au sein d’une même espèce, les kairomones et allomones permettent aux individus d’espèces différentes de communiquer entre elles, comme par exemple, entre un insecte et une plante. Tandis que les kairomones vont avoir un pouvoir attractif, les allomones servent à repousser. En formulant des allomones, les scientifiques d’Agriodor imitent ainsi la communication d’une plante répulsive pour le puceron. Grâce à la formulation d’allomones, l’environnement olfactif de la culture de betterave, par exemple, est complètement bouleversé, par une ou plusieurs odeur(s) que le puceron, vecteur de la jaunisse, n’aime pas. Le biocontrôle* olfactif est né !
Un Plan national d'innovation pour lutter contre la jaunisse lancé par le Gouvernement
Vecteur du virus de la jaunisse de la betterave, le puceron vert (Myzus persicae) occasionne des dégâts à hauteur de 20 à 40 % de la récolte. Pour répondre à la situation d’urgence dans laquelle se trouve la filière betteravière, le Gouvernement a lancé en 2020 un important plan de recherche et innovation, le Plan National de Recherche et d’Innovation (PNRI). Celui-ci vise à mettre au point « des solutions opérationnelles contre la jaunisse de la betterave sucrière » suite au retrait des néonicotinoïdes. En 2024, le PNRI laisse la place au PNRI-C (Plan National de Recherche et d’Innovation Consolidé) pour trois années de recherche supplémentaires, afin de « consolider les connaissances de lutte contre les pucerons et la jaunisse acquises sur la période 2020-2023 ».
Une collaboration entre Agriodor et Syngenta
La formulation développée par la start-up Agriodor constitue une des premières solutions opérationnelles qui émane de ce PNRI. Dans ce cadre, une AMM dérogatoire serait attendue pour le printemps 2025. Syngenta France et la start up Agriodor ont conclu un partenariat pour collaborer sur ce projet novateur et réunir leurs expertises respectives : celle de Syngenta, leader en protection des cultures et en Biosolutions, et celle d’Agriodor, société innovante experte dans le domaine des solutions de biocontrôle basées sur les parfums émis naturellement par les plantes.
Cette collaboration s’inscrit pleinement dans la logique d’innovation ouverte de Syngenta avec des entreprises innovantes, pour accélérer le développement de solutions de biocontrôle sur les problématiques majeures des agriculteurs français.
* Considéré comme entrant dans la définition d’un produit de biocontrôle (selon l’ANSES).