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Désherbage grandes cultures, combiner mécanique et chimie

Terres de progrès
15.05.2019
Buse sur semoir désherbage

En complément de l’agronomie, un désherbage efficace fait appel à des solutions mécaniques et chimiques en programme. 

Difficile d’allier mécanique et chimie en un chantier

Assembler désherbage mécanique et chimique dans le même chantier ? C’est possible, du moins pour les cultures sarclées telles que le maïs, le tournesol ou le colza, grâce à la désherbineuse. Cet outil permet d’effectuer un traitement foliaire sur la culture, tout en binant l’inter-rang. Une technique expérimentée dans différents bassins de production, où certaines limites sont apparues. « La pulvérisation foliaire est efficace dans des conditions d’hygrométrie élevée, alors que le binage nécessite des conditions sèches, pour que les adventices déchaussées ne repartent pas », explique Francis Jumel, expert technique national Syngenta. 

Privilégier le désherbage mixte « dissocié »

Pour mieux exploiter les atouts de chaque levier, mécanique et chimique, l’idéal reste de les combiner en dissociant les passages. En appliquant, par exemple un produit racinaire dès la prélevée, via des buses fixées sur le semoir. La quantité d’herbicide ainsi appliquée peut-être réduite de deux tiers. Les adventices sont cantonnées à l’inter-rang, où un binage peut ensuite être appliqué, si les conditions le permettent. Cette stratégie laisse la possibilité d’opter pour un nouveau désherbage chimique si la météo est contraignante… ou encore d’associer les deux leviers si la pression le nécessite. Autre possibilité, une succession de passages en plein avec par exemple une herse étrille ou une houe rotative à des stades précoces relayés d’un passage herbicides racinaires et/ou foliaires pour compléter l’efficacité, solution particulièrement adaptée aux céréales.

Jouer sur l’adaptabilité

« Combiner mécanique et chimie en dissocié offre plus de souplesse et permet de s’adapter davantage aux différents paramètres du désherbage : le climat, la pression et les enjeux environnementaux sur les zones sensibles, type aire d’alimentation de captage, synthétise Francis Jumel. La possibilité d’appliquer un tiers du volume d’herbicides si les conditions sont favorables, est un plus non négligeable. » Cette stratégie nécessite parfois quelques adaptations. Par exemple, pour le colza, un semis de précision, avec un écartement de 45 cm est nécessaire pour pouvoir biner en post-levée. Et, pour l’ensemble des cultures, cette approche mixte demande un sol bien préparé, homogène, avec peu de débris végétaux et sans vivace pour l’utilisation des outils mécaniques.