Ravageurs de la vigne, des solutions complémentaires
Pour gérer les ravageurs de la vigne, la mise en œuvre de solutions complémentaires permet d’envisager une protection durable, efficace et économique.
Souvent 2 à 3 ravageurs à prendre en compte selon la saison
Alors que les vignobles septentrionaux sont relativement épargnés par la pression des insectes, dans les vignobles du sud-ouest et du sud-est, les vignerons doivent lutter contre plusieurs ravageurs. Cette diversité nécessite à la fois une approche spécifique pour gérer certains d’entre eux comme la cicadelle de la flavescence dorée qui fait l’objet d’une lutte obligatoire et une approche plus globale pour d’autres ravageurs comme Eudémis, la cicadelle des grillures, régulièrement observée dans le sud-ouest sans oublier Cryptoblabes gnidiella, désormais bien installées dans le sud-est.
« De plus en plus de vignerons souhaitent développer des solutions de biocontrôle pour lutter contre ces ravageurs. La confusion sexuelle, qui permet de lutter contre les vers de la grappe a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Elle représente aujourd’hui environ 100 000 hectares en France » observe Manuella Lecomte, marketing manager cultures spécialisées chez Syngenta. « La mise à disposition pour la 3ème campagne de la nouvelle solution de confusion sexuelle pulvérisable EXPLOYO® Vit qui permet de lutter contre Eudémis et qui s’applique en fonction du risque se présente comme une solution flexible et facile à mettre en œuvre dans les programmes de protection » remarque Maud Thierry, Expert Technique cultures spécialisées chez Syngenta.
Avec la présence d’autres ravageurs (cicadelles Cryptoblabes gnidiella), l’enjeu est de mixer cette méthode de lutte reconnue avec une protection insecticide adaptée aux ravageurs observés tout en raisonnant les coûts de protection. Cette approche globale de la gestion des ravageurs combinant des solutions complémentaires est d’autant plus importante à mettre en oeuvre que les solutions insecticides sont de moins en moins nombreuses.
Le cas particulier de la cicadelle de la flavescence dorée
La flavescence dorée est une maladie qui conduit à la mort du cep de vigne. Son vecteur, la cicadelle de la flavescence dorée fait l’objet d’une lutte obligatoire dans les zones concernées avec plusieurs traitements spécifiques depuis de nombreuses années. La présence de la flavescence dorée est avérée dans les vignobles de Nouvelle Aquitaine et d’Occitanie et progresse dans d’autres régions du Val de Loire, du Centre mais aussi en Champagne où plus de 10 000 ceps ont été détectés contaminés en 2024 avec un variant très virulent comme le M54.
Pour enrayer le développement de la flavescence dorée, la lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée vectrice de ce virus repose sur des solutions insecticides conventionnelles comme KARATE® Zéon ou des solutions utilisables en agriculture biologique comme le PYREVERT®.
« Dans notre région, le 2ème traitement obligatoire contre la cicadelle de la flavescence peut parfois être couplé avec la lutte contre la 2ème génération d’Eudémis » souligne Jean Litoux, Ingénieur Solutions Agroécologie dans le sud-est chez Syngenta.
Lutter contre Eudémis et la cicadelle verte dans le sud-ouest
« Dans les vignobles du sud-ouest, on observe depuis 2 campagnes une progression d’Eudémis avec une 3ème génération qui se généralise sur le mois d’août » remarque Gilles Robert, Ingénieur Solutions Agroécologie dans le sud-ouest, « et, parallèlement, de plus en plus de parcelles sont attaquées par la cicadelle verte qui grille les feuilles à l’approche des vendanges ». Dans ce contexte, la confusion sexuelle EXPLOYO® Vit qui permet de lutter contre Eudémis prend tout son intérêt avec un positionnement préventif soit en G2, soit en G3 en complément d’une solution insecticide (type KARATE® Zéon) contre les cicadelles vertes. Cette approche permet de gérer l’ensemble des ravageurs présents, en s’adaptant au risque avec des solutions complémentaires qui ne sont appliquées que si nécessaire, dans le cadre d’une approche raisonnée. « EXPLOYO® Vit est apprécié des vignerons pour sa facilité de mise en œuvre et sa souplesse d’utilisation et d’associations. Son efficacité est au niveau des confusions posées dans les essais grandes parcelles » précise Gilles Robert. C’est aussi une solution qui peut être associée en programme à un produit insecticide comme AFFIRM®/ PROCLAIM® pour mieux gérer les fortes pressions vers de la grappe.
Lutter contre Eudémis et Cryptoblabes gnidiella dans le sud-est
Dans le sud-est, Eudémis est également bien implanté, avec une virulence plus ou moins marquée selon les années, mais ce qui a changé depuis 4 à 5 campagnes, c’est la présence et le développement de Cryptoblabes qui s’étend sur l’arc méditerranéen avec une phase exponentielle à partir de mi-juillet et un pic à l’approche des vendanges. Dans de nombreuses situations, les vignerons doivent ainsi gérer Eudémis et Cryptoblabes en même temps. Pour protéger la vigne sans trop augmenter le coût de protection, la combinaison de la confusion sexuelle EXPLOYO® Vit et de solutions insecticides efficaces sur Cryptoblabes et les vers de grappe peut s’avérer intéressante. « EXPLOYO® Vit peut être appliqué en G2 pour gérer Eudémis et suivi d’une application d’une solution insecticide comme AFFIRM®/ PROCLAIM® pour lutter contre la 3ème génération d’Eudémis et Cryptoblabes » remarque Jean Litoux. Pour les producteurs en viticulture biologique, l’application d’EXPLOYO® Vit en G2 peut être suivie par une ou deux applications de solutions à base de spinosad ou de Bt autorisées sur Cryptoblabes.
Suivi des vols et modélisation pour bien positionner EXPLOYO® Vit
La nouvelle confusion sexuelle EXPLOYO® Vit doit être positionnée au plus près du vol d’Eudémis pour une application optimale. Afin d’accompagner les vignerons, Syngenta développe 2 outils dans la gamme ICARES vigne :
- un modèle qui permet de prévoir à J-7 les premiers vols des papillons d’Eudémis adulte,
- des pièges connectés qui permettent la reconnaissance et le comptage automatique quotidien des papillons d’Eudémis. Ils permettent de confirmer le top départ de la protection, le pic de vol et la durée du vol de la génération en cours.