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Syngenta mesure la valorisation laitière de ses maïs dans des fermes robotisées

Maïs
08.12.2021
Syngenta mesure la valorisation laitière de ses maïs dans des fermes robotisées
Patrice Hurtaud (à gauche) l’un des 3 associés du Gaec de l’Oasis avec Stéphane Deniau, ingénieur développement Syngenta dans la parcelle de SY FERONIA semée en 2020 pour mesurer sa valorisation laitière sur les 130 vaches Prim’Holstein.

Le Gaec de l’Oasis est l’une des 7 fermes robotisées du réseau développé par le semencier Syngenta pour suivre la valorisation laitière de sa génétique POWERCELL.

Patrice Hurtaud, Samuel Cadiou et Bruno Civel, les trois associés du Gaec de l’Oasis situé à GrandChamp Les Fontaines au nord de Nantes cultivent 145 ha de surface fourragère, dont 30 ha de prairies naturelles inondables, pour nourrir leur troupeau laitier de 130 mères et livrer 1,2 million de litres de lait. Malgré la traite robotisée et la taille du troupeau, les 130 vaches pâturent de la mi-mars à la fin octobre. « Nous ne concevons pas de les élever enfermées toute l’année » justifie Patrice Hurtaud, l’associé en charge des cultures. Selon l’éleveur, « le pâturage permet de réduire le coût de la ration et a un effet bénéfique sur la santé des animaux ». La ration fourragère hivernale est composée de deux-tiers d’ensilage de maïs et d’un tiers d’ensilage d’herbe.

Terres séchantes

45 ha de maïs fourrage sont semés chaque année. « Nous avons des terres séchantes avec une couche de 20 cm de bonne terre sur un fond d’argile » décrit Patrice Hurtaud. Les rendements varient entre 12 et 13 TMS/ha les bonnes années (14 TMS/ha cette année) et 10 TMS les moins bonnes. « Notre objectif est de sécuriser les stocks fourragers » explique Patrice Hurtaud. « C’est pourquoi, le comportement en conditions séchantes et la vigueur de départ, sont nos deux premiers critères de choix des variétés de maïs ». La vigueur au démarrage est, selon lui, « importante pour limiter les dégâts des ravageurs ». L’agriculteur fait le tour de ses champs en comparant le comportement des différentes variétés. Il est attentif au volume de la plante, à son comportement lors des périodes sèches et chaudes, au dessèchement et au remplissage de l’épis «qui est important pour faire le rendement». « En 2020, nous avons cultivé 8 ha de SY FERONIA dont le comportement en terres séchantes nous a bien plu » se souvient Patrice Hurtaud. Il en a également semé 10 ha cette année mais, « les conditions météo atypiques ne nous ont pas permis de confirmer son bon comportement au stress hydrique ». En 2020 et en 2021, SY FERONIA avait une valeur UFL supérieure à celle des autres variétés cultivées sur l’exploitation, avec, respectivement +0,02 et +0,01 UFL / kg MS. En 2020, cette différence de valeur provenait d’une meilleure teneur en amidon à qualité de fibres identique. Cette année, SY FERONIA se distinguait par une qualité des fibres supérieure (+5 points de dNDF) avec une teneur en amidon similaire. « C’est difficile de vérifier par nous-mêmes si l’amélioration de la valeur alimentaire se concrétise par une amélioration des résultats laitiers car la production évolue avec le nombre d’animaux et le stade de lactation » constate Patrice Hurtaud.

Au moins un indicateur de production amélioré

Pour objectiver la valorisation laitière des variétés POWERCELL, Syngenta a mis en place un essai au Gaec de l’Oasis en 2020 et en 2021. « Son objectif est de mesurer, dans les conditions réelles d’une exploitation, les performances laitières (lait et taux) de vaches nourries avec une variété POWERCELL ainsi que l’efficacité de transformation de la ration » explique Mickaël Bourcier, chef de produits maïs chez le semencier. « Ce qui nous intéresse, c’est d’observer les évolutions de production laitières et d’ingestion au moment de la transition entre les variétés habituelles de l’éleveur et la variété POWERCELL ensilée en pure » précise l’ingénieur. Sur la campagne 2020 – 2021, la production laitière a augmenté de + 0,5 kg de lait par vache lors du passage du mélange de maïs témoin à la variété SY FERONIA (de 32,4 kg / VL / j à 32,9 kg / VL / j1). L’évolution du TP est conforme à celle attendue en phase descendante de lactation, sans impact significatif de la variété. Quant au TB, il a diminué de 1,4 g / Kg de lait alors qu’il aurait dû augmenter. Cependant, la quantité totale de matières grasses produite par vache et par jour n’a que légèrement diminué de – 22 g / VL / j (de 1470 g à 1448 g) montrant que le TB a baissé à cause de l’augmentation de production laitière (effet dilution de la MG). L’efficacité de transformation laitière de la ration (ITL) a augmenté de 0,12 kg de lait par kg de matière sèche ingérée. « Entre 2017 et 2020, nous avons suivi 9 essais similaires dans 7 fermes robotisées2 en race Prim’Holstein, en changeant chaque année de variété POWERCELL. La part du maïs était comprise entre 54 et 61 % de la matière sèche totale ingérée » analyse Mickaël Bourcier. « L’effet de la génétique POWERCELL sur la production laitière est liée à la productivité des vaches. Nous mesurons une augmentation laitière de l’ordre de + 2 kg / VL / j avec des vaches à 8 - 9000 kg / VL / an, tandis que dans les troupeaux à 11000 kg et plus, l’effet POWERCELL est surtout visible sur le TP ». Dans 4 des 7 essais où le TP a pu être mesuré chaque jour et vache par vache, il a augmenté de +0,5 g / kg à +0,7 g / kg de lait avec la variété POWERCELL et les plus fortes améliorations ont été observées chez les hautes productrices. L’efficacité de la ration mesurée par l’ITL a été augmentée dans 7 cas sur 9 entre + 0,1 kg à + 0,17 kg de lait / kg MSI. « Dans les 9 essais, nous avons toujours observé au moins un indicateur de production (lait, TP ou ITL) en hausse et dans 2 cas seulement, l’un de ces indicateurs qui a diminué » conclue Mickaël Bourcier.

1 Les 76 vaches retenues pour les observations étaient en phase descendante de lactation avec un stade de lactation de 165 j au démarrage du suivi.
2 L’une d’entre elles était équipée d’une salle de traite avec des compteurs à lait connectés.

Article paru dans le magazine XXLait de novembre/décembre 2021.