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Maïs : le casse-tête des levées échelonnées des adventices

Maïs
31.10.2019
Maïs levée échelonée

Sur certaines zones, les adventices lèvent dans le maïs presque toute l’année. Un phénomène difficile à maîtriser.

Intervention compliquée en fonction des relevées

La nature a horreur du vide. Les inter-rangs du maïs n’échappent pas à l’adage. Propres en début de campagne, les voilà qui se salissent peu à peu. En cause, les fameuses « levées échelonnées », ou re-levées d’adventices qui germent tout au long du cycle de la culture. Et si traiter au démarrage est possible, intervenir à un stade plus avancé devient parfois mission impossible. Source de perte de rendement et d’augmentation du stock grainier avec risque de propagation par l’intermédiaire du matériel, que faire pour limiter le phénomène ? 

Sur maïs et production de semences, une problématique forte 

En maïs production de semences, la culture s’installe lentement et est parmi les moins couvrantes. Les lignées utilisées en production de semences de maïs sont également cultivées pour produire des quintaux. Celles-ci sont exposées à la nuisibilité des adventices alors qu’elles sont pour la plupart sensibles aux herbicides ce qui limite le nombre de possibilité d’intervention. Les producteurs de maïs semences ont très peu de solutions notamment en post-levées, et sont donc encore plus exposés au problème des levées échelonnées. À la récolte, les champs peuvent être très sales.

Le renfort des outils mécaniques

Les producteurs optent aussi pour des produits de post-levée utilisés à doses homéopathiques : des sulfonylurées (famille des ALS – groupe HRAC : B) efficaces sur graminées à faible dose, ou des produits de prélevée à action racinaire, en les décalant dans le temps, avec des interventions parfois jusqu’au stade 6-8 feuilles. L’objectif, étant d’avoir une durée d’action jusqu’à la fin du cycle de production. Autre solution face aux levées échelonnées : l’emploi d’herbicides homologués appliqués en dirigé ou avec des pendillards. Quant au binage, la technique est efficace dans de bonnes conditions météo (temps sec de 72 heures au moins après intervention). En cas de pluie à suivre, les plantes abimées se redressent et la germination des graines de surface s’en trouve favorisée.

Moins de substances actives, plus de technique

Hugues Oudeyer, céréalier installé dans le sud de l’Eure-et-Loir cultive 120 hectares de maïs grain irrigué et a de plus en plus de difficultés à juguler le retour des ray-grass et des renouées dans ses parcelles. « On a beau frapper fort une première fois, ils reviennent, explique-t-il. Pour l’instant, j’arrive à les cantonner à quelques grands ronds. » L’agriculteur compte sur l’homologation de nouveaux produits, et envisage de fractionner son programme en deux temps, plutôt qu’un seul passage, juste avant le stade 6-8 feuilles. « Avec mes problèmes de re-levées, je crains que ça ne suffise plus, justifie-t-il. Et, si je n’intervenais pas en interculture avec deux à quatre déchaumages, suivis à chaque fois d’un glyphosate, ce serait une catastrophe. Je ne peux pas biner car j’ai un sol très superficiel avec énormément de cailloux, qui finiraient dans les cueilleurs à la récolte s’ils étaient remués. » Diversifier ses rotations ? Il y a réfléchi, mais ses sols peu profonds lui interdisent toutes les plantes à pivot. Combinés à une faible réserve en eau, le choix se resserre encore. « Je veux bien mettre une autre culture, mais laquelle ? Je n’ai pas encore trouvé », reconnait-il. 

Importance de limiter le stock grainier

Le stock grainier est inépuisable par exemple : un pied de chénopode peut produire jusqu’à 50 000 graines par an auquel s’ajoutent les problématiques des vivaces et des espèces résistantes aux herbicides. En interculture, le glyphosate peut être utilisé en fonction de la réglementation pour détruire efficacement les vivaces et limiter les montées à graines des mauvaises herbes. Ainsi avec de moins en moins de substances actives homologuées et une flore en constant développement, la clé est la technicité de l’agriculteur, sa capacité à observer et à intervenir efficacement pour limiter les infestations.

 

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