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Maïs : le casse-tête des levées échelonnées des adventices

Maïs
11.04.2019
Maïs levée échelonée

Sur certaines zones, les adventices lèvent dans le maïs presque toute l’année. Un phénomène difficile à maîtriser.

Intervention compliquée en fonction des relevées

La nature a horreur du vide. Les inter-rangs du maïs n’échappent pas à l’adage. Propres en début de campagne, les voilà qui se salissent peu à peu. En cause, les fameuses « levées échelonnées », ou re-levées d’adventices qui germent tout au long du cycle de la culture. Et si traiter au démarrage est possible, intervenir à un stade plus avancé devient parfois mission impossible. Source de perte de rendement et de contamination du matériel, que faire pour limiter le phénomène ? 

Sur maïs, une problématique forte 

Francis Jumel, expert technique national chez Syngenta France, prend le cas de la production de maïs semences en exemple, culture qui s’installe lentement et parmi les moins couvrantes. « Les lignées utilisées en production de semences de maïs sont également cultivées pour produire des quintaux ! Elles sont exposées à la nuisibilité des adventices alors qu’elles sont pour la plupart sensibles aux herbicides ce qui limite le nombre de produits disponibles utilisables. Les producteurs de maïs semences ont très peu de solutions notamment en post-levées, et sont donc encore plus exposés au problème des levées échelonnées. À la récolte, les champs peuvent être très sales. » 

Le renfort des outils mécaniques

Les producteurs optent aussi pour des produits de post-levée utilisés à doses homéopathiques : des sulfonylurées (famille des ALS) efficaces sur graminées à faible dose, ou des produits de prélevée à action racinaire, en les décalant dans le temps, avec des interventions parfois jusqu’au stade 6-8 feuilles. « L’objectif, c’est d’avoir une durée d’action jusqu’à la fin du cycle de production, commente Francis Jumel. Néanmoins, on sort là un peu des sentiers battus. D’ailleurs l’encadrement de ces pratiques est très strict ». Autre solution face aux levées échelonnées : l’emploi de produits homologués appliqués en dirigé ou avec des pendillards. Quant au binage, la technique est efficace dans de bonnes conditions météo. En cas de pluie à suivre, les plantes abimées se redressent et la germination des graines de surface s’en trouve favorisée.

Moins de molécules, plus de technique

Hugues Oudeyer, céréalier installé dans le sud de l’Eure-et-Loir cultive 120 hectares de maïs grain irrigué et a de plus en plus de difficultés à juguler le retour des ray-grass et des renouées dans ses parcelles. « On a beau frapper fort une première fois, ils reviennent, explique-t-il. Pour l’instant, j’arrive à les cantonner à quelques grands ronds. » L’agriculteur compte sur l’homologation de nouveaux produits, et envisage de fractionner son programme en deux temps, plutôt qu’un seul passage, juste avant le stade 6-8 feuilles. « Avec mes problèmes de re-levées, je crains que ça ne suffise plus, justifie-t-il. Et, si je n’intervenais pas en interculture avec deux à quatre déchaumages, suivis à chaque fois d’un glyphosate, ce serait une catastrophe. Je ne peux pas biner car j’ai un sol très superficiel avec énormément de cailloux, qui finiraient dans les cueilleurs à la récolte s’ils étaient remués. » Diversifier ses rotations ? Il y a réfléchi, mais ses sols peu profonds lui interdisent toutes les plantes à pivot. Combinés à une faible réserve en eau, le choix se resserre encore. « Je veux bien mettre une autre culture, mais laquelle ? Je n’ai pas encore trouvé », reconnait-il. 

Francis Jumel rappelle qu’un pied de chénopode peut produire jusqu’à 50 000 graines par an. « Le stock semencier est infini auquel s’ajoutent les vivaces et les espèces résistantes. En interculture, le glyphosate fonctionne toujours bien. Mais quand on n’y aura plus accès... Les firmes ont de moins en moins de produits homologués, et la flore continue de se développer. La clé, c’est la technicité de l’agriculteur, sa capacité à observer et à intervenir vite pour limiter les infestations en comprenant que c’est un investissement pour le futur. » 

 

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