INTERRA® Scan : l’agriculture de précision guidée par le sol

Bonnes pratiques
INTERRA® Scan : l’agriculture de précision guidée par le sol

Quatre cas concrets pour découvrir l'intérêt d’une connaissance fine de vos sols

À travers quatre exemples pour la fumure ou le semis, explorez les utilisations pratiques et la valeur ajoutée de ce service innovant.

Une cartographie de haute précision pour moduler la fumure de fond 

Moduler l’apport de phosphate

Pour une parcelle située dans la région Est, sur des sols limoneux où l'analyse du sol révèle une teneur moyenne en phosphore de 65 ppm, pour du colza, culture aux besoins élevés en phosphore, avec un objectif de rendement de 35 q/hectare, le calcul basé sur les recommandations du COMIFER suggère un apport homogène de 120 unités de phosphore par hectare, en se basant sur le dernier apport réalisé l'année précédente.

Tableaux extraits de : La fertilisation P – K – Mg | Les bases du raisonnement | Groupe PKMg COMIFER | Septembre 2019

Seuils P2O5 en mg/kg - Méthode Olsen
Grille de calcul des doses de phosphore à apporter

Détail des calculs COMIFER : 
Teneur par unité de récolte Colza : 1,25 kg/q
Taux de base Phosphore à apporter : 43,75 kg/ha (=1.25 x35) 
Coefficient multiplicateur à appliquer pour 65 ppm mesurés dans le sol (Trenf: 50 ppm) : 2,7
Dose calculée : 2,7 x 43,75 soit 118 arrondie à 120 kg/ha.

Suite à l'analyse par INTERRA® Scan, l'agriculteur peut désormais visualiser sa parcelle sous forme de carte. Cette analyse révèle une grande variabilité de la teneur en phosphore du sol, allant de 40 à 140 ppm !

Carte de modulation - Préconisation COMIFER - Apport de potasse

Grâce aux données d'INTERRA® Scan, une carte de modulation (respectueuse des recommandations du COMIFER) peut être générée sur la plateforme digitale. En raison de la variabilité du sol, les apports varient de 50 à 165 unités, aboutissant à un apport moyen de 85 unités de phosphore sur la parcelle. Cela représente une réduction de 29 % par rapport à l’apport théorique calculé initialement, ce qui équivaut à une économie d'environ 26 euros par hectare. Cette approche permet un positionnement plus précis par rapport aux besoins réels de la culture et un gain significatif !

Optimiser l’apport de potasse

Dans un deuxième exemple, sur une parcelle de betteraves du Nord-Est de la France, l'agriculteur, après avoir observé ses propres analyses de sol à 388 ppm de K et effectué ses calculs, a déterminé un apport de 224 unités de potasse sur toute la parcelle pour un objectif de 90 tonnes par hectare.

Détail des calculs COMIFER : 
Teneur par unité de récolte betterave : 1,8 kg/t
Taux de base Potasse à apporter : 162 kg/ha (1.8 x 90) 
Coefficient multiplicateur à appliquer pour 388 ppm mesurés dans le sol (Trenf: 400 ppm) : 1,4
Dose calculée : 1,4 x 162 soit 224 kg/ha

En prenant en compte les règles COMIFER croisées avec les données INTERRA® Scan, la carte de modulation indique un apport de 160 unités à 368 unités. La quantité finale préconisée dans ce cas, est de 237 Unités de potasse par hectare soit plus 5 % par rapport à la situation initiale. Ici, il apporte donc plus d’engrais à des zones qui en manquaient afin d’optimiser le potentiel de sa parcelle.

Carte de modulation - Préconisation COMIFER - Optimisation apport de potasse

Une adaptation de la densité de semis selon différents objectifs

La modulation de la densité de semis peut être basée sur différents critères. Voici deux exemples qui prennent en compte la texture du sol et le potentiel de rendement :

  • Modulation basée sur la texture du sol : En fonction de la texture du sol, une modulation de la densité de semis peut être mise en place pour s'adapter aux conditions spécifiques de la parcelle. Par exemple, une densité de semis plus élevée peut être utilisée dans les sols légers, tandis qu'une densité plus faible peut être privilégiée dans les sols lourds.
  • Modulation basée sur le potentiel de rendement : En tenant compte du potentiel de rendement de la parcelle, il est possible de moduler la densité de semis pour optimiser la croissance des cultures. Dans les zones à fort potentiel, une densité de semis plus élevée peut être appliquée pour viser des rendements plus élevés, tandis que dans les zones à potentiel plus faible, une densité moindre peut être préférable pour éviter la compétition entre les plantes.

Adapter la densité de semis à la texture du sol

Sur une parcelle de sol argilo-calcaire, l’agriculteur souhaite semer sur la première décade de novembre du blé tendre. Selon les recommandations de sa chambre d’Agriculture, il devrait semer minimum 380 grains par m2.

Tableau de densité de semis fonction du type de sol et de la date de semis (Source : Chambre d’agriculture de l’Oise)

Tableau de densité de semis fonction du type de sol et de la date de semis (Source : Chambre d’agriculture de l’Oise)

Il a fait scanner sa parcelle et constate une hétérogénéité quant à la teneur en limon et argile sur la parcelle. La modulation basée sur les données de sa Chambre aboutit à une densité moyenne de 344 grains soit une réduction de 11 % de la quantité de grains par mètre carré par rapport à son calcul initial avec une densité de semis variant de 310 à 380 grains par mètre carré.

Carte de texture de sol issue d’INTERRA® Scan :

Carte de texture de sol issue d’INTERRA® Scan

Carte de modulation de semis issue d’INTERRA® Scan sur la base d’une recommandation de densité de semis suivant la nature du sol :

Carte de modulation de semis issue d’INTERRA® Scan sur la base d’une recommandation de densité de semis suivant la nature du sol

Adapter la densité suivant le potentiel de rendement

Dans un 2eme exemple il s’agit d’optimiser la densité de semis de betterave pour optimiser le rendement dans les zones à haut potentiel. La carte de rendement issue d’autres outils peut être facilement téléchargée dans la plateforme INTERRA® Scan. Dans notre cas, la carte de potentiel est issue de notre service Cropwise Imagery. Le rendement moyen est de 8 t/ha mais il est extrêmement hétérogène puisqu’ il varie de 4 t/ha à 12 t/ha.  La modulation préconisée en fonction de ce potentiel varie de 110 000 graines par hectare à 120 000 graines par hectare pour une moyenne quasi identique au semis initialement réalisé par l’agriculteur. Différence majeure : en adaptant la densité de semis aux zones de potentiel, il booste son rendement.

Carte de potentiel et carte de modulation de la densité de semis

Précision et souplesse

Les bénéfices et les apports d’INTERRA® Scan à la fertilisation P et K et au semis sont donc mesurables, quantifiables et rapides pour l’agriculteur. Lui ou son technicien peuvent adapter les cartes de modulation en fonction des objectifs choisis, des données locales et du matériel disponible pour moduler avec plus ou moins de finesse. De nombreux autres critères peuvent être utilisés pour moduler comme le pH, la Matière Organique ou le rapport MO/Argile par exemple. Les applications et les adaptations de l’outil sont nombreuses, à vous de créer le prochain exemple !