Végésol : évaluer l’influence de pratiques culturales

Bonnes pratiques
Végésol, évaluer l’influence de pratiques culturales sur la fertilité des sols

Syngenta dresse un bilan des enseignements de la plateforme.

Le projet de recherche Végésol soutenu par Syngenta depuis plus de 10 années valide les bénéfices des couverts végétaux et des techniques culturales simplifiées dans la rotation. Interviewé par François Mulet de Ver de Terre production, François Xavier Bauer détaille les enseignements du suivi de cette plateforme.

Végésol, un projet de recherche inédit en France suivi depuis 2010

Depuis 2010, Syngenta est investie aux côtés de l’entreprise Bonduelle et de l’Université Picardie Jules Verne dans un programme de recherche pour étudier l’impact agronomique, biologique et économique de différentes pratiques agricoles.  
Ce programme s’appuie sur une plate-forme de 7 hectares située à Renescure dans le Nord où différents systèmes de cultures sont mis en œuvre avec un gradient de conservation des sols s’appuyant sur 3 leviers : la réduction ou l’absence de fertilisation, le non-labour et l’introduction de couverts végétaux dans la parcelle. La rotation de 8 ans déployée sur la parcelle inclut des cultures emblématiques de la région nord : blé, orge, betterave, maïs, pois, haricot et lin notamment. 
« Dans l’expérimentation, le système labour sans couvert végétal avec une fertilisation azotée classique est le système de référence en comparaison avec des systèmes où la fertilisation est réduite, des techniques culturales simplifiées ainsi que des couverts végétaux sont introduits » observe François Xavier Bauer, Responsable Agriculture Durable chez Syngenta. L’objectif est de voir l’impact sur la fertilité des sols et sur la réduction de l’empreinte carbone (stockage du carbone dans le sol et réduction des émissions de carbone). 

Avantage aux systèmes avec couverts végétaux

Les premiers résultats de cette expérimentation inédite confirment l’intérêt de l’introduction de couverts végétaux dans la rotation avec des bénéfices directs sur l’activité enzymatique et la diversité biologique des sols. « Cela se traduit par des populations de vers de terre en forte augmentation (x 3) mais aussi par une amélioration de l’efficience des engrais azotés et une diminution des pertes d’éléments minéraux par lessivage » explique François Xavier Bauer. Ainsi, non seulement, le sol est plus vivant avec ce système mais il est possible de raisonner les apports azotés compte tenu des pertes moindres et d’une meilleure efficience de l’azote.

Les bénéfices du non-labour

L’autre enseignement majeur de ce programme de recherche est l’intérêt que représente l’abandon du labour vis-à-vis de la vie biologique du sol. « Nous avons pu observer que le passage aux techniques culturales simplifiées favorise l’activité enzymatique du sol et le développement des mycorhizes qui améliorent la capacité des cultures à assimiler l’eau et les éléments minéraux » remarque François Xavier Bauer, « une meilleure efficience de l’azote a été démontrée pour le maïs et le blé » ajoute-t-il. Au-delà de l’amélioration de la fertilité du sol, il faut signaler l’intérêt du non-labour vis-à-vis des émissions de CO2 avec une réduction du nombre de passages et une moindre puissance nécessaire pour effectuer la préparation du sol.

Raisonner les apports azotés

Ce programme de recherche permet de valider par ailleurs la possibilité de mieux raisonner les apports azotés en s’appuyant sur les bénéfices des couverts végétaux et du non-labour pour une meilleure efficience de l’azote. «  Il ne s’agit pas de supprimer les apports azotés mais de les limiter en améliorant la fertilité des sols » remarque François Xavier Bauer.
Les résultats des 10 ans d’essais sur la plateforme Vegesol ont montré par ailleurs que les rendements des cultures sans labour avec couvert végétal sont au moins équivalents aux systèmes avec labour avec couvert et labour sans couvert. 
Ces premiers enseignements sont très prometteurs et confirment que la santé du sol est au cœur des défis de demain.

Pour plus de détails sur les résultats de la plate-forme Végésol, visionnez l’interview sur la chaine de Ver de Terre production :

Télécharger la brochure 


Les couverts végétaux ont la cote !

  • Les couverts végétaux apportent des ressources en pollen et en nectar importantes pour les pollinisateurs.
  • Les couverts végétaux sont un refuge et une zone d’alimentation déterminants pour la faune de plaine. Ils représentent une protection capitale dans les paysages simplifiés.
  • Les couverts végétaux sont sources d’échanges positifs avec la société avec des espèces comme le tournesol ou encore la phacélie très appréciées du grand public.