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Pourriture noire des racines du tabac

Pourriture noire des racines du tabac
Thielaviopsis basicola

Maladies

Ce champignon colonise progressivement les racines.
Il y provoque de nombreuses altérations brunes à noires sur toute leur longueur et détruit une grande partie des radicelles.

A terme, une grande partie du système racinaire présente une pourriture noire.
Les grosses racines portent des manchons superficiellement subérisés de couleur brune à noire.

Les plantes affectées sont peu développées et chlorotiques. Elles flétrissent parfois durant les heures chaudes.

Cycle de développement

Thielaviopsis basicola se conserve très longtemps dans le sol grâce à ses chlamidospores.
Il est capable de coloniser la matière organique.
Les chlamidospores germent à proximité des racines. Ils pénètrent directement à travers l’épiderme ou par les blessures.
Le champignon colonise rapidement les tissus du cortex et des vaisseaux qu’il fait pourrir.
Dans et sur les tissus lésés, il forme des chlamidospores et des conidies qui sont facilement disséminées par l’eau et les poussières de sol.
La propagation est également possible par les outils de travail du sol ainsi que par les plants de tabac.

Facteurs favorables

Les sols humides et surtout froids sont particulièrement favorables à son développement.
L’apport de calcium dans le sol augmente l’incidence de la maladie.
Ce champignon est moins actif à un pH acide (environ 5,6).
Il en est de même lorsque les températures s’élèvent.
Il infecte plus de 120 espèces (tomate, aubergine, haricot, lupin, soja, pois, luzerne) qui contribuent à le multiplier et le conserver.
Il se conserve également dans les plateaux de polystyrène employés pour les semis flottants.

Dégâts

Ce champignon se développe aussi bien en pépinière qu’au champ avec des dégâts graves au niveau de la partie souterraine des plantes.
Conjointement au développement des tabacs blonds en France, Thielaviopsis basicola est vite devenu un des principaux facteurs limitants de cette production.
La situation, critique des années 80 s’est considérablement améliorée grâce à l’introduction de variétés résistantes.
Ce champignon est présent dans les zones de production avec un climat frais (Canada, USA, Italie, Allemagne).

Mesures prophylactiques

- Eliminer absolument les plants contaminés en pépinière, d’autant plus qu’il n’existe aucun moyen de lutte curative.
- Traiter préventivement les substrats.
- En culture, favoriser un enracinement complémentaire des plantes affectées par un buttage.
- En fin de culture, éliminer les tiges et système racinaire pour éviter d’enrichir le sol en débris végétaux infectés et en chlamidospores.
- Utiliser des substrats sains.
- Si nécessaire, désinfecter avec un fumigant.
- Pratiquer des rotations longues ( 4 à 5 ans).
- Ne pas introduire d’autres cultures sensibles dans la rotation.
- En cas de risques avérés, utiliser un précédent céréales ou sorgho.
- Maintenir un pH du sol au environ de 6.
- Bien maîtriser la fertilisation.
- Cultiver le tabac sur des parcelles bien drainées.
- Utiliser les variétés résistantes (c'est la méthode la plus efficace pour contrôler cette maladie).
- Se méfier de l'utilisation des variétés tolérantes qui contribuent à augmenter le taux d’inoculum de ce champignon très dangereux.