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Mildiou du tabac

Mildiou du tabac
Peronospora tabacina

Maladies

Ce champignon se développe sur tabac tout au long du cycle de culture.

Sur plant, son extension est très rapide.
Il envahit les tissus foliaires qu'il couvre d'un feutrage conidien bleuâtre. Il peut provoquer la mort des plants après les avoir déformés.

Sur plantes adultes, il infecte d'abord les feuilles basses.
Des taches d'abord jaunes apparaissent; elles se nécrosent en prenant une teinte brun clair. Elles envahissent progressivement l'ensemble des feuilles.
Des infections systémiques se produisent fréquemment. Elles occasionnent des déformations foliaires ainsi que des brunissements des nervures et des vaisseaux.
Les plantes atteintes ont leur croissance ralentie, voire bloquée.

Cycle de développement

A priori, Peronospora tabacina ne semble pas se conserver d’une année sur l’autre.
La conservation hivernale se fait dans les pays du bassin méditerranéen où la maladie est endémique. Le champignon ne survivrait pas après la phase de séchage de feuilles mildiousées de tabac.
Les sporanges assurent la contamination des faces supérieures des feuilles en quelques heures.
Ils germent à la surface des feuilles et pénètrent directement la cuticule et les cellules épidermiques puis envahissent le mésophylle.
Leur progression est à la fois inter et intracellulaire.

En fonction des conditions climatiques, les premières taches apparaissent 3 à 7 jours après les premières contaminations.
Le champignon gagne ultérieurement les nervures et les vaisseaux de la tige.
La sporulation des sporangiophores intervient après l’apparition des premiers symptômes.
Elle est très abondante si les températures sont comprises entre 15 et 23°C avec une humidité relative proche de 100%. Elle est plus limitée mais continue jusqu’à 2°C et 30°C.
Les sporanges sont éjectées et immédiatement disséminées par le vent sur de très longues distances (plusieurs dizaines de kilomètres).
En France, on n’observe plus de phase sexuée (présence d’oospores).

Facteurs favorables

Comme l’oïdium, ce parasite obligatoire est fortement conditionné par les conditions climatiques.
Les périodes prolongées de temps frais, humide et nuageux lui sont très favorables.
A l’inverse, la sécheresse et la chaleur atténuent et bloquent sa progression.
Les jeunes plants au cours de leur croissance active sont particulièrement sensibles.
Les feuilles adultes, à l’approche de la maturité, le sont nettement moins.

Dégâts

Le mildiou est potentiellement l’une des maladies les plus redoutables pour le tabac.
Si la protection chimique est défaillante, l’épidémie peut ravager des cultures entières en quelques jours : les pertes sont alors considérables.
Depuis plusieurs années, le mildiou est relativement bien contrôlé en France avec les stratégies de protection chimique mises en œuvre.

Mesures prophylactiques

En pépinière,
- Aérer les abris, éviter le plus possible les irrigations par aspersion.
- Choisir des parcelles bien drainées, aérées.
- Eviter les parcelles à forte teneur en matière organique.
- Pratiquer des fumures équilibrées.
- éduire la densité de plantation.
- Déclencher les irrigations par aspersion, suffisamment tôt dans la journée (jamais le soir).

Sous abris,
- Eliminer les résidus de culture et désinfecter les lieux.

Au champ,
- couper les tiges rapidement et labourer pour enfouir et détruire tous les résidus de plante.
- Utiliser des variétés résistantes (attention : la résistance n’est que partielle).
- Pratiquer absolument une lutte chimique préventive.
- Alterner les familles chimiques pour éviter l’apparition de résistances.