France

Vous êtes ici

« Plus d'orges pour les truies, c'est moins de soja importé »

Pleinecoute
31.08.2016

Philippe Lequeux, agriculteur-éleveur dans l'Aisne

Avec 390 ha de cultures et 450 truies, les frères Lequeux ne chôment pas sur leur exploitation.

150 ha de blé, 60 à 70 hectares de maïs et une quarantaine d'orges, complétés de pâturages sont destinés en totalité à l'alimentation des animaux. La production des 100 ha de betteraves reviennent aussi en partie sur l'exploitation sous forme de pulpes sur-pressées. Elles alimentent, avec le lisier, des issues de blé et des coproduits d'industries agro-alimentaires locales une unité de méthanisation de 450 KW.

Portrait de Philippe Lequeux membre PleinecouteMise en service depuis mars 2015, cette unité s'inscrit dans une approche tournée vers un maximum d'autonomie. « Les orges d'hiver sont un élément important, avec le blé, pour l'apport de protéines. Cela nous évite d'acheter du tourteau de soja », explique Philippe Lequeux. Il insiste aussi sur l'aspect qualité des productions, focalisant son attention sur les mycotoxines qui peuvent avoir une incidence importante sur la fécondité des truies. « Il y a quatre-cinq ans, nous avons eu une chute de 30 % liée directement à des mycotoxines dans les céréales. » Autant dire que la fusariose est contrôlée au champ ! Le contexte climatique de l'année l'inquiète sérieusement. « Nous avons du acheter 5 000 quintaux de blé, que nous allons réserver aux truies. » La consommation annuelle est de l'ordre de 18 000 quintaux. « En orge, la situation est moins alarmante, constate-t-il. Je vais opter pour de l'orge hybride sur 20 ha dès cette année. Le rendement est meilleur. Et cela me permettra de continuer à moins acheter de soja à l'extérieur. »