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Sud-Est : le pathogène gagne des territoires préservés depuis plus de 20 ans

Vigne
17.02.2016
Black-rot de la vigne

Jean Litoux, ingénieur conseil cultures spécialisées chez Syngenta, livre son expertise sur l’évolution de la maladie dans la région Sud-Est.

« Le black rot est historiquement répandu au nord du Gard. En 2014, il a commencé à s’étendre plus au sud, puis a connu une extension très marquée en 2015 sur l’ensemble du Gard, du Vaucluse et sur le nord de l’Hérault. Sur le seul Gard, on estime les pertes à 40 ou 50 000 hectolitres et plus de 200 hectares en bio ont été totalement perdus. Avec deux épisodes de pluies successifs courant avril, sur des vignes en végétation, les conditions ont été très favorables au black rot avant qu’une protection soit nécessaire pour le mildiou et l’oïdium. Les premiers symptômes sont apparus à la mi-mai avec dans certains cas, des dégâts extrêmement importants, ce qui est rare à ce stade. Une deuxième vague de dommages a été constatée suite aux précipitations survenues entre les 12 et 16 juin sur les parcelles insuffisamment protégées.

Être vigilant en 2016 sur les zones touchées en 2015

En 2016, il faudra être vigilant en début de saison dans les zones touchées en 2015, où l’inoculum est présent. Au départ, une protection préventive avec des dithiocarbamates est recommandée avec la possibilité, en cas de lessivage, d’intervenir avec un produit stoppant et performant comme le Score (triazole). Sur le mois de mai, l’Eperon pépite (contenant du mancozèbe) offre une efficacité double contre le black rot et le mildiou. De la floraison à la fermeture de la grappe, période la plus critique, des triazoles associées, comme Dynali-Rocca, permettent de protéger la grappe contre le black rot, mais également contre l’oïdium, maladie endémique de nos vignobles, avec la sécurité du double mode d’action. Après fermeture, d’autres molécules pourront être utilisées si le risque est encore présent (les grappes restent sensibles jusqu’à la véraison).

Ce type de programme permet de faire face à plusieurs pathogènes tout en jouant l’alternance. Mais attention : l’efficacité ne peut être au rendez-vous que si la pulvérisation atteint sa cible, et si les cadences sont respectées. »

> En savoir plus : vidéo sur l'optimisation de la qualité de la pulvérisation en vigne