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Drosophila suzukii, la mouche qui inquiète les vignerons

Vigne
26.01.2015
Drosophile Suzukii

Drosophila suzukii participe à la dissémination d’agents pathogènes à l’origine d’une pourriture acide au même titre que Drosophila melanogaster présente dans les vignobles depuis plus longtemps.

A la faveur de conditions climatiques humides en 2014, cette drosophile s’est développée dans l’ensemble des vignobles. A la veille des vendanges, elle inquiète les vignerons.

Drosophila suzukii progresse en Alsace, Bourgogne et Bordelais

Originaire d’Asie, Drosophila suzukii connaît depuis 2008 une progression spectaculaire en Europe. Cette mouche a causé d’abord de nombreux dégâts sur cerises et petits fruits rouges. En vigne, au même titre que Drosophila melanogaster, elle contribuerait au développement de la pourriture acide mais à la différence de cette dernière, elle s’attaque aux fruits sains et bien avant leur maturité. L’hiver doux 2013/2014 et le climat humide de l’été 2014 lui a été particulièrement favorable et Drosophila suzukii est désormais présente dans la majorité des vignobles dont l’Alsace, la Bourgogne et le Bordelais.

Lire l'article : Drosophila suzukii : comment limiter l’extension des foyers ?

Etienne Herrbach de l’INRA de Colmar, observe : 

En Alsace, de nombreux foyers de pourriture acide ont été décelés mais faut-il imputer tous ces foyers à D.suzukii ou à D.melanogaster également très présente ?

Les dégâts liés à ces drosophiles sont estimés à 6 % de perte de récolte (jusqu’à 20 % dans les situations les plus graves).

En Bourgogne, D.suzukii a été identifiée pour la 1ère fois en 2014 avec quelques foyers de pourriture acide mais cela reste ponctuel et là encore, les professionnels s’interrogent sur le lien entre la présence de D.suzukii et la pourriture acide sachant que Drosophila melanogaster est présente dans le vignoble.

Enfin dans le vignoble bordelais, en 2014, 130 foyers de pourriture acide « imputés à la drosophile au sens large » ont été répertoriés selon la DRAAF d’Aquitaine. 27 d’entre eux ont été analysés et les différentes espèces de drosophiles dont D.suzukii étaient présentes. Il faut maintenant s’interroger pour savoir si D.suzukii est durablement installée dans les vignobles ou si sa présence en 2014 était liée aux conditions climatiques particulièrement favorables.

Lionel Delbac, ingénieur à l'INRA de Bordeaux, témoigne.

La progression de Drosophila suzukii est inquiétante. Détectée dans quelques parcelles en 2011, elle est présente dans la plupart des vignobles de l’hexagone avec plus ou moins d’intensité selon les cépages et les dates de récolte. Si les comptages de Drosophila suzukii apparaissent encore « raisonnables », il faut rester très vigilant car des chercheurs suisses ont récemment montré qu’il y avait une forte mortalité (> 90 %) des œufs dans les baies touchées, ce qui laisse penser que les comptages réalisés sur les adultes sous estiment les populations.