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Réduire les doses de cuivre en Bourgogne grâce aux biocontrôles

Vigne
27.05.2019
Biobourgogne

Bio-Bourgogne teste les biocontrôles Bastid et Blason dans les programmes mildiou afin de réduire les doses de cuivre.

Les biocontrôles, une alternative au cuivre face au mildiou 

Agnès BoissonAvec la nouvelle réglementation qui limite les doses de cuivre à 4 kg/ha/an lissé sur 7 ans et la problématique liée à l’accumulation des doses de cuivre dans les sols, les viticulteurs en agriculture biologique sont à la recherche de solutions alternatives pour faire face au mildiou. 
« Les biocontrôles se présentent comme des solutions intéressantes pour se substituer au moins en partie au cuivre » observe Agnès Boisson, responsable filière viticulture de l’association régionale Bio-Bourgogne. « C’est pourquoi, depuis 2017, nous intégrons Bastid® / Blason®, solutions de biocontrôle à base de COS-OGA dans nos programmes afin de valider leur intérêt et leur efficacité sachant qu’ils sont utilisables en agriculture biologique depuis novembre 2018 et que de nombreux vignerons s’interrogent sur leur positionnement optimal afin de réduire les doses de cuivre ».

Intégrer Bastid / Blason seul en début de programme en fonction de la pression

Après des essais conduits en 2017 qui ont confirmé que Bastid / Blason ne pouvait pas être utilisé seul sur toute la campagne et une année 2018 où la pression mildiou était insuffisante pour valider les essais, Bio Bourgogne a poursuivi l’expérimentation en 2019 avec Bastid / Blason avec un objectif de substitution au cuivre et/ou de réduction des doses de cuivre.

« Le protocole que nous avons mis en place vise à utiliser Bastid / Blason si possible seul en début de saison sur les 3 premiers traitements puis d’encadrer la floraison, période sensible avec des doses de cuivre adaptées et de revenir avec Bastid / Blason seul si possible en fin de programme. L’utilisation de Bastid / Blason seul sur les périodes de début et fin de programme dépendra de la pression mildiou. En situation à risque élevé, nous recommanderons un ajout de cuivre à dose réduite » explique Agnès Boisson. En pratique, la première application a été réalisée avec Bastid / Blason seul … mais il faudra attendre la fin de campagne et la relier à la pression maladie pour juger cette nouvelle stratégie.

 

Pour rappel, Syngenta ne préconise pas d’utiliser Bastid / Blason seul mais en association avec une dose réduite de fongicide. Le nombre d’applications de cette stratégie est de 8.

 


Témoignage
Pascal Grosbon, ingénieur conseil culture en Bourgogne chez Syngenta

Quelles sont vos recommandations d’utilisation de Bastid / Blason pour cette 1ère année en bio ?
Bastid / Blason est une solution de biocontrôle qui stimule les défenses naturelles. Il s’agit donc d’un mécanisme de protection préventif contre le mildiou et l’oïdium. C’est pourquoi, nous recommandons une séquence de 3 applications de ce biocontrôle dans un programme fongicide. Par ailleurs, compte tenu des essais que nous avons conduit, nous conseillons pour le moment Bastid / Blason en complément de cuivre et de soufre en réduction de doses, mais nous sommes évidemment très à l’écoute et attentifs aux expérimentations et expériences terrain qui nous permettent chaque jour de mieux connaître ce biocontrôle pour un positionnement optimal et une efficacité satisfaisante vis-à-vis du mildiou et de l’oïdium.


 

Gérer les doses de soufre avec les biocontrôles pour une vinification optimale 

En viticulture biologique, le soufre est la base de la protection pour lutter contre l’oïdium. « Si, les doses de soufre ne sont pas limitées, en revanche, un excès de soufre peut avoir des conséquences négatives sur la vinification avec des problèmes de réduction dans les vins » observe Agnès Boisson. C’est pourquoi Bio Bourgogne expérimente sur une parcelle de Chardonnay à Meursault un programme intégrant les biocontrôles Bastid / Blason seuls ou avec de très faibles doses de soufre en fonction de la pression en début et fin de programme avec un encadrement de la floraison avec du soufre sans réduction de dose. « Nous avons commencé l’expérimentation en 2018, mais les résultats n’étaient pas significatifs, nous poursuivons l’essai en 2019 » précise Agnès Boisson.