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Construire son programme de lutte contre l’oïdium de la vigne

Vigne
24.03.2020
Oïdium de la vigne

Alors que l’oïdium revient au 1er plan, les programmes évoluent avec moins de fongicides conventionnels et plus de biocontrôles.

Moins de fongicides disponibles pour lutter contre l’oïdium

« Le nombre de spécialités fongicides anti-oïdium devrait continuer à diminuer dans les années à venir compte tenu du retrait de certaines substances actives. La lutte contre cette maladie va devenir plus compliquée car le nombre de familles chimiques disponibles va être plus restreint et il faudra être encore plus vigilant pour limiter le développement des résistances » commente Jean-Baptiste Drouillard, expert technique vigne chez Syngenta.

Certaines solutions fongicides ont en effet été retirées du marché (comme le quinoxyfen) et d’autres familles chimiques comme les triazoles largement utilisées dans la lutte contre l’oïdium devraient voir certaines molécules disparaître. Certains fongicides à effet curatif pourraient également ne plus être disponibles dans les années à venir. Dans ce contexte, les spécialités Dynali®, Rocca® et Conydia® qui associent deux matières actives, le cyflufenamid (CFF), de la famille des amidoximes, et le difénoconazole de la famille des triazoles présentent tout leur intérêt dans les programmes de lutte contre l’oïdium : « le cyflufenamid est le seul représentant de cette famille chimique sans résistance croisée avec les autres familles d’anti-oïdium » observe Jean-Baptiste Drouillard.  « Dans nos monitorings de suivi, nous n’avons pas observé de dérive de sensibilité des souches d’oïdium ni au cyflufenamid ni au difénoconazole », souligne Jean Litoux, ingénieur conseil culture dans le sud-est, « ce qui permet à Dynali, Rocca et Conydia d’avoir une efficacité et une régularité d’action au cœur de la protection oïdium ».

Dynali, Rocca et Conydia sont des anti-oïdiums non classés et se mélangent très facilement grâce à un nouveau solvant naturel issu de fermentation de sucres. Ils bénéficient par ailleurs d’une ZNT de 5 mètres et présentent une faible odeur.  « Des caractéristiques appréciées par les viticulteurs pour la période de plus forte sensibilité à l’oïdium » ajoute Jean Litoux.

 


Focus
Alterner modes d’action et familles chimiques pour gérer les résistances

Afin de limiter le développement des résistances, la note nationale commune 2020 recommande une nouvelle fois d’alterner les traitements avec des produits à mode d’action non concerné par la résistance. A ce jour, les fongicides de la famille des QoI très concernés par la résistance ne sont plus recommandés contre l’oïdium. Les fongicides de la famille des SDHI sont limités à deux applications par an tout comme les IDM (avec une application au maximum par substance active). Pour les autres familles, les recommandations sont deux applications maximum voire 1 seule pour limiter la pression de sélection et le développement des résistances (en situation de détection ponctuelle de résistance). Le soufre et les produits de biocontrôle ne sont pas concernés par les phénomènes de résistance.


 

Le soufre, plus que jamais incontournable

Le soufre est utilisé depuis très longtemps pour lutter contre l’oïdium de la vigne. « Au fil des décennies, il est devenu le pilier pour la maîtrise de cette maladie en viticulture biologique mais également en viticulture conventionnelle où il s’intègre parfaitement dans les programmes » souligne Jean-Baptiste Drouillard. Dans un contexte où la panoplie des fongicides anti-oïdium diminue, le soufre sera plus que jamais un allié précieux pour tous les vignerons grâce à son efficacité reconnue contre l’oïdium et une absence de résistance. Le soufre est par ailleurs homologué contre d’autres maladies comme l’excoriose ainsi que l’érinose et l’acariose.  Le soufre est inscrit sur la liste officielle des produits de biocontrôle.

 


Prophylaxie
Les mesures à mettre en œuvre pour limiter le développement de l’oïdium

  • Privilégier les cépages les moins sensibles.
  • Favoriser la vigueur des souches (porte-greffe, fertilisation…)
  • Considérer en priorité les parcelles attaquées l’année précédente quel que soit le cépage.
  • Nettoyer précautionneusement les souches en éliminant les bois issus de drapeaux.
  • Favoriser l’aération des grappes (limiter l’entassement de la végétation).

Plus de biocontrôles dans les programmes fongicides

Autre évolution dans la maîtrise de l’oïdium, l’intégration de plus en plus fréquente dans les programmes de lutte contre l’oïdium de solutions de biocontrôle. « Cette tendance répond à la fois aux attentes du marché et aux nouvelles exigences environnementales » souligne Jean-Baptiste Drouillard. « Si le soufre reste évidemment la référence historique des solutions de biocontrôle, les vignerons peuvent désormais compter sur une large palette de produits (substances naturelles, stimulateurs de défense, Bacillus …) qui s’enrichit chaque année » poursuit-il.
Syngenta a ainsi récemment mis sur le marché Taegro®, une solution de biocontrôle qui contient des Bacillus amyloliquefaciens, micro-organisme qui se multiplie rapidement et qui recouvre les organes traités, empêchant ainsi les pathogènes de s’installer. Taegro est autorisé contre l’oïdium et le botrytis de la vigne, « c’est un partenaire fongicide intéressant en fin de saison » observe l’expert. Pour lutter contre l’oïdium, Taegro est conseillé à la dose de 0,185 kg/ha en complément de programmes à base de Thiovit® Jet Microbilles ou d’anti-oïdium conventionnels.
Taegro étoffe la gamme biocontrôle anti-oïdium de Syngenta qui commercialise déjà depuis 4 campagnes Fytosave®1/ Esdeaine®2, des produits de biocontrôle composés de COS-OGA, un complexe breveté d'origine naturelle qui possède un mode d'action unique et original. Ces produits de biocontrôle permettent de protéger la vigne contre le mildiou et l’oïdium et s’intègrent dans tous les programmes de protection pour réduire les doses des fongicides mais aussi en renfort des programmes grâce à un mode d’action complémentaire. « Les résultats obtenus avec Fytosave / Esdeaine depuis plusieurs années sont très prometteurs en particulier pour diminuer les IFT, gérer au mieux au le niveau des résidus tout en assurant une protection efficace vis à du mildiou et de l’oïdium » souligne Jean-Baptiste Drouillard.

 

1 La solution FytoSave® remplace la solution Bastid® depuis janvier 2020
2 La solution Esdeaine® remplace la solution Blason depuis mai 2020