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Gérer les résistances aux fongicides anti-mildiou de la vigne

Vigne
19.04.2019
Traitements vigne

Pour pérenniser l’efficacité des programmes fongicides anti-mildiou quelques règles sont à respecter. Les conseils Syngenta.

Raisonner les traitements fongicides mildiou 

En raisonnant les traitements fongicides mildiou et en limitant les interventions fongicides, on limite la pression de sélection et donc le risque de développement de résistance. Plus généralement, toute mesure qui se substitue et/ou contribue à diminuer les épidémies de mildiou et participe ainsi à limiter le risque de résistance, doit être mise en œuvre. C’est le cas notamment des mesures prophylactiques qui sont un préalable dans la lutte contre le mildiou. Les modèles de prévision mildiou participent également au raisonnement des interventions fongicides et permettent de traiter à bon escient.

 


Focus 
Bases de la prophylaxie mildiou 

  • Limitation de la vigueur
  • Enherbement
  • Rognages raisonnés pour éliminer la jeune végétation sensible au mildiou et permettre une meilleure pénétration des pulvérisations de fongicides
  • Eviter la formation de mouillères 
  • Eliminer tous les rejets (pampres à la base des souches, plantules issues de la germination des pépins) qui favorisent l’installation des foyers primaires de mildiou et participent au démarrage précoce de l’épidémie
  • Pratiquer les interventions de travail du sol en dehors des périodes à risques de contamination par « splashing » et repiquage (orages , fortes pluies).

 

Alterner les modes d’action fongicide dans le programme mildiou

A partir du moment où on utilise des fongicides à action unisite, il existe un risque d’apparition de souches de champignons résistantes pouvant compromettre l’efficacité des traitements. Les mécanismes de résistance varient d’une famille de fongicides anti-mildiou à une autre. Pour éviter le développement de ces phénomènes, il est nécessaire de ne pas utiliser systématiquement le même produit. « Pratiquer l’alternance des matières actives pour lutter contre le mildiou est une règle simple et indispensable » souligne Jean-Baptiste Drouillard, expert vigne chez Syngenta. Cette stratégie consiste en pratique à introduire, entre 2 applications d’un même mode d’action, une ou deux applications avec des modes d’actions différents. Elle permet d’exercer des pressions de sélection diversifiées dans le temps, pour diminuer la fréquence des individus résistants dans les populations au fil des générations.

Pour établir les programmes fongicides mildiou, les viticulteurs peuvent s’appuyer sur la Note technique commune résistances 2019 sur les principales maladies de la vigne éditée tous les ans en début d’année. 

 


Actualité 
Prudence sur de nouvelles familles 

La Note résistances 2019 affiche une certaine prudence sur deux familles d’anti-mildiou, les QiI et les QioI, dans la mesure où les résistances spécifiques sont en croissance et pourraient entraîner une perte d’efficacité des produits contenant ces matières actives. La recommandation est donc une seule application pour les produits de la famille de QiI et une seule application pour la famille des QioI. Une autre famille est concernée (produits à base d'acylpicolides) par une progression de la résistance dans certaines régions avec une limitation toujours à une seule application par an.

D’autres familles comme les CAA (par exemple le mandipropamid) et les anilides (par exemple le méfénoxam) affichent par ailleurs des niveaux de résistance stable avec, respectivement, toujours une recommandation à 2 applications maximum par an.


 

Associer les modes d’action 

Un autre pilier de la gestion des résistances est l’association de deux substances actives avec des modes d’action différents (ne présentant pas de résistance croisée positive) afin de les protéger mutuellement du risque de résistance.

Ainsi, explique Jean-Baptiste Drouillard, « notre spécialité anti-mildiou Ampexio® /Revoluxio® associe  2 matières actives à modes d’actions différents et complémentaires, le mandipropamid (agissant par inhibition de la synthèse des parois cellulaires) et la zoxamide (agissant par blocage de la division cellulaire), matière active qui n’est pas concernée par la résistance ». De plus, les associations d’un mode d’action concernée par la résistance et d’un fongicide à action multisite (non concerné) visent à gérer l’efficacité de la spécialité.

Intégrer des multisites et des biocontrôles dans le programme

Les fongicides anti-mildiou avec un mode d’action multisites ne sont pas concernés par la résistance. Il peut donc être très intéressant de les intégrer dans le programme fongicide soit seuls soit en association (cf paragraphe précédent). Par ailleurs souligne Jean-Baptiste Drouillard, « les nouvelles solutions de biocontrôle comme Redeli® et Bastid® / Blason® qui ne sont pas concernées par les phénomènes de résistance, peuvent être judicieusement intégrées dans les programmes et permettre ainsi à d’autres spécialités fongicides d’être positionnées à d’autres périodes. Une stratégie qui contribue à la pérennité des programmes fongicides ».

 


Témoignage 
Thierry Forget, Champagne Forget-Chemin

Alterner les familles chimiques

Thierry Forget« Pour établir mon programme fongicide, je consulte chaque année la Note nationale sur les résistances aux fongicides et je suis les recommandations des techniciens la chambre d’agriculture ainsi que ceux du Comité Champagne. Ces conseils sont souvent encore plus restrictifs que ceux de la Note Nationale. En pratique, j’alterne les familles chimiques et pour celles qui sont concernées par les résistances, elles sont limitées dans mon programme le plus souvent à une application par campagne. Par ailleurs, dans la mesure du possible, je n’interviens pas sur mildiou déclaré afin d’éviter le développement de résistances. La gestion des résistances est un des éléments guide dans mon programme fongicide aux côtés d’autres priorités comme la nature et le profil des produits dans la mesure où mon vignoble est certifié HVE et viticulture durable en Champagne. »