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Premiers enseignements d’une campagne sous le signe du mildiou

Vigne
27.09.2018
Millésime 2018 sous le signe du mildiou

Que fallait-il faire pour maîtriser le mildiou en 2018 ? Les enseignements de la campagne dans les régions viticoles.

Démarrer la protection tôt

« Dans la plupart des vignobles méridionaux, on a observé des contaminations primaires géographiquement limitées mi-avril et quasi généralisées à la fin du même mois. Contrairement aux années précédentes, il ne fallait pas attendre la sortie des foyers primaires début mai, mais considérer que le risque était fort en sortie d’hiver et agir en conséquence : protéger avant la sortie des foyers primaires pour éviter des repiquages successifs » remarque Jean Litoux, ingénieur conseil Syngenta dans cette région. Une stratégie qui s’est avérée payante également dans les autres vignobles qui ont été confrontés à de grosses attaques dès fin avril. « L’idéal cette année était de commencer la protection dès le stade 3-4 feuilles vers le 25 avril pour faire face aux premières contaminations » confirme Gilles Robert, ingénieur conseil en Nouvelle Aquitaine.

Suivre les modèles et la météo pour anticiper

Plus que jamais, les conditions météo ont été déterminantes. Les différents modèles à disposition des vignerons ont plutôt bien décrit la situation avec l’annonce des contaminations mais souligne Gilles Robert, « compte tenu de la virulence du mildiou, ils n’ont pas forcément pris en compte l’intensité de la situation, en particulier fin mai-début juin avec des pluies d’orages conséquentes et quotidiennes qui ont eu pour conséquence une explosion de la maladie ».

Il fallait donc non seulement prendre en compte les modèles mais aussi observer la vigne et suivre la météo au plus près « afin de protéger les parcelles avant les pluies et/ou orages » remarque Bernard Noye en Champagne.

Choisir des spécialités fongicides adaptées

Le choix des produits était déterminant pour faire face à cet inoculum permanent, très intense et avec des épisodes de pluie récurrents. Les produits de contact, lessivables ont été mis à l’épreuve. « Ainsi, en début de programme ou après fleur, pour renforcer leur efficacité et amener de la systémie dans un contexte où la vigne était très « poussante », de nombreux vignerons ont ainsi fait le choix d’ajouter à ces solutions fongicides des solutions de biocontrôle agissant par stimulation des défenses naturelles comme le Redeli® » observe Jean Litoux.

Dans le contexte exceptionnel de la campagne, les vignerons ont également pris conscience du mode d’action des produits et ont particulièrement apprécié l’efficacité de produits pénétrants sur feuilles et sur grappes « comme Eperon® Pepite®, Ampexio® / Revoluxio®, nouvelles spécialités qui ont fait leurs preuves en particulier sur les cœurs de programme » souligne Gilles Robert. La synergie entre les deux matières actives qui composent Ampexio (mandipropamid et zoxamide) a ainsi assuré « une excellente protection des grappes » remarque Bernard Noye.

Dans une campagne très arrosée et à haut risque, le choix de spécialités résistantes au lessivage était également déterminant. De ce point de vue, souligne Marie-Noëlle Tanné, ingénieur conseil en Val de Loire, « la résistance au lessivage de 60 mm d’Ampexio / Revoluxio était un atout majeur ».

Resserrer les cadences

Le renouvellement des traitements avec des cadences resserrées est sans doute un des points clefs de la réussite de la protection anti-mildiou en 2018. « Toute la difficulté, souligne Jean Litoux, était de pouvoir intervenir avec des pluies incessantes et des humectations permanentes (rosées très intenses) qui ont mis en difficulté des vignerons habitués dans le sud-est à faire leurs traitements tôt le matin alors que cette année, lorsqu’une fenêtre de traitement se présentait, il fallait intervenir de préférence après 10h00 du matin pour éviter le lessivage ». Renouveler les traitements a été également très difficile dans certaines exploitations compte tenu de leur taille ou de l’organisation de l’exploitation, « de ce point de vue, remarque Pascal Grosbon, ce sont les grosses exploitations qui ont été les plus affectées compte tenu des fenêtres de traitement qui étaient très réduites ».

Assurer une protection robuste en encadrement de floraison

Un autre rappel important souligné par Gilles Robert est que « du stade boutons floraux séparés à la nouaison, la grappe se comporte comme une feuille et les stomates sont très réceptifs. La protection doit donc être performante sur grappes durant cette période. À Bordeaux, ce stade a coïncidé avec des pluies très conséquentes et un Merlot en pleine floraison ». Sur cette période hautement sensible, la nouvelle spécialité pénétrante Ampexio / Revoluxio a fait ses preuves. L’association avec un phosphonate de type Redeli a donné également de bons résultats.

Soigner la pulvérisation et traiter face par face de boutons floraux à la nouaison

Enfin, comme le souligne Renaud Danon, ingénieur conseil dans le sud-ouest, « la pression mildiou était telle qu’aucun défaut n’était permis en particulier sur le plan de la pulvérisation ». Le pulvérisateur devait être bien réglé, avec des applications face par face sur les stades floraison-nouaison pour que les produits appliqués ciblent parfaitement les feuilles et les grappes et que la vigne soit protégée efficacement.