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Botrytis et black-rot en force cette année

Vigne
12.07.2016
Botrytis sur vigne - dessèchement d'une jeune grappe

Le risque botrytis et black-rot est maximal. La floraison est un stade clé pour la protection fongicide des vignobles.

Entretien avec Jean-Baptiste Drouillard, expert technique vigne

Printemps frais et humide en cause

Depuis le début de l’année, la pluie et les températures douces, puis fraîches, ont favorisé le développement de l’ensemble du complexe maladie. La pression est exceptionnellement forte en mildiou mais également en black-rot et le risque est élevé en botrytis. Et ce, dans la plupart des vignobles. Préserver le potentiel de la vendange est impératif dans un contexte où les rendements visés ne sont pas toujours atteints.

Black-rot : agir jusqu’au stade véraison

Depuis deux ans, le fond de cuve en black-rot se développe dans les vignobles les plus touchés historiquement (Charentes, Vallée de la Loire) mais aussi dans de nouvelles zones. C’est le cas en Languedoc Roussillon, notamment dans le Gard et l’Hérault, et en Beaujolais, dans le Mâconnais. Les attaques de black-rot peuvent commencer tôt, sur des stades jeunes de la vigne. Une protection précoce, en préventif, est souvent basée sur l’utilisation de spécialités à base de mancozèbe ou de métirame. 
Alors que le stade floraison approche ou est atteint, des produits associant préventif et curatif, comme Dynali, Rocca (difénoconazole + cyflufenamid) ou Score (difénoconazole), sont incontournables. Leur durée d’action varie de 12 à 14 jours. Il ne faut pas lâcher la protection jusqu’à la véraison, surtout si les périodes pluvieuses perdurent. Dans les vignobles du sud de la France, la montée des températures dans les semaines à venir devrait ralentir le développement du champignon. Au nord, la situation est plus problématique. Les viticulteurs bio sont particulièrement touchés car ils ne disposent pas de solutions homologuées réellement efficaces. En cas de forte pression, le cuivre et le soufre ne suffisent pas. Dans le Gard, certaines exploitations, touchées pour la 3è année consécutive, seraient même prêtes à arrêter le bio.

Botrytis, intervenir en préventif

Portrait Jean-Baptiste Drouillard, expert technique vigneCette année, la floraison tardive et étalée des vignes s’est faite sous la pluie. Conséquence directe : les capuchons floraux sont restés collés sur les baies, condition propice aux contaminations par le botrytis
Contre le botrytis, la lutte n’est que préventive. Une première application doit être faite dès à présent, du stade « chute des capuchons floraux » au stade « baies grains de pois », pour limiter les contaminations précoces, les plus préjudiciables.
Nous conseillons d’appliquer du Switch (cyprodinil + fludioxonil) ou du Geoxe WG (fludioxonil), à la dose de 1 kg/ha. L’investissement est rentable à ce stade, surtout dans les vignobles où la qualité du raisin est valorisée. Sans protection, les pertes en rendement et en qualité peuvent être lourdes. Une seconde application pourra être réalisée entre le stade « fermeture de la grappe » et « début de véraison », avec un produit d’une autre famille chimique pour limiter l’apparition de résistances. À ce jour, le risque botrytis s’annonce élevé dans la plupart des vignobles, à l’exception de la bordure méditerranéenne.