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Prévenir la carence en bore sur tournesol

Tournesol
19.05.2020
Carence en bore sur Tournesol

Le bore est essentiel pour le rendement du tournesol. Un apport foliaire au stade 8-10 feuilles est fortement recommandé.

Une carence en bore pénalise le rendement et la qualité du tournesol

Le bore est un oligo-élément majeur pour le développement du tournesol : il en absorbe plus de 400 g/ha dont 80 % entre les stades « 5 paires de feuilles » et « bouton floral ». « Pendant cette période qui s’étale sur une vingtaine de jours, toute carence en bore peut être très pénalisante pour le rendement avec des pertes qui peuvent atteindre 10 q/ha mais aussi pour la qualité des graines de tournesol avec 5 points d’huile en moins » observe Sylvain Lascabettes, chef de produits oléagineux chez Syngenta.

La carence en bore s’exprime par des symptômes de grillures sur les feuilles réduisant ainsi la surface foliaire essentielle au remplissage des graines. Ces symptômes apparaissent pendant la période de forte croissance qui précède la floraison. Dans les cas les plus graves, on observe sur la tige, sous le capitule, des exsudats gommeux qui conduisent au cisaillement de la tige puis à la chute du capitule. Enfin, une carence peut engendrer un défaut de remplissage du grain.

Préciser les besoins en bore avec des analyses de sol et de feuilles

Pour évaluer le risque de carence en bore, l’analyse de terre est la méthode la plus précise. « En dessous de 0,6 ppm, un sol est considéré comme pauvre en bore » souligne Sylvain Lascabettes. Avant d’effectuer cette analyse, il faut vérifier que la carence n’est pas liée à un mauvais enracinement. Une analyse foliaire à réaliser entre la 5ème et la 6ème feuille est un outil complémentaire pour affiner les besoins, l’objectif est que la teneur en bore soit  comprise entre 30 et 100 ppm.

Intervenir préventivement en cas de risque de carence en bore

En situation de carence confirmée et en l’absence d’analyse pour les situations à risque, il est vivement conseillé de réaliser des apports de bore soit au moment du semis et/ou en apport foliaire. « L’apport foliaire de bore est plus efficace car il est mieux assimilé et corrige plus rapidement la carence » observe Sylvain Lascabettes. Cet apport foliaire doit être réalisé au début de la période des besoins en bore du tournesol, c’est-à-dire entre le stade « 5 paires de feuilles » et le stade limite passage tracteur (le tournesol mesure alors 55 à 60 cm). Cette application foliaire peut être couplée avec un traitement fongicide pour lutter contre le phomopsis et le phoma, « 90 % des traitements fongicides sont couplés à un apport de bore foliaire mais peu de producteurs interviennent contre cette maladie avec seulement 20 % des surfaces tournesol qui sont protégées avec un fongicide » observe Sylvain Lascabettes.
Par ailleurs, selon la dernière enquête pratiques culturales Terres Innovia, seulement 50 % des parcelles de tournesol reçoivent un apport de bore.
Le diagnostic des besoins est donc très important pour éviter toute carence en bore qui peut être très préjudiciable pour la future récolte.


Focus
Les facteurs de risque de carence en bore

  • Les sols légers (sables, boulbènes, argilo-calcaires).
  • Les sols calcaires (plus de 5 % de calcaire total).
  • Les sols où les carences en bore ont été observées au cours des années antérieures.
  • Les sols compactés pénalisant l’enracinement.
  • Le retour fréquent du tournesol dans les rotations (un an sur deux ou trois) sans apport de bore.
  • Des chocs thermiques (températures supérieures à 30 °C) entre le stade 10 feuilles et le début de la floraison.
  • Des conditions sèches entre le stade 10 feuilles et le début de la floraison.