Attention : fin d’utilisation des herbicides à base de
S-Métolachlore fixée au 23/07/2024.


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Comment réussir son désherbage dans le tournesol ?

Tournesol
Comment réussir son désherbage dans le tournesol ?

Le désherbage est une étape clef dans la culture du tournesol. Combiner agronomie, désherbage mécanique et lutte chimique permet une gestion durable et efficace.

Le désherbage, un facteur de productivité pour le tournesol

« Bien que le tournesol soit une plante qui atteigne en phase adulte plus de 1,50 m de hauteur, la présence de mauvaises herbes dans la culture est très pénalisante en particulier pendant les premiers stades du développement de la culture avec une concurrence vis à vis de l’eau et des nutriments en général » observe Sylvain Lascabettes, responsable marketing oléagineux chez Syngenta. 
Selon Terres Inovia, des essais montrent une perte moyenne de 3,9 q/ha dans des témoins non désherbés.
Par ailleurs, certaines espèces comme l’ambroisie s’avèrent être des plantes hôtes pour le mildiou.

Penser agronomie pour limiter le développement des mauvaises herbes

Une des clés de la réussite du désherbage dans la culture du tournesol réside dans la combinaison de plusieurs techniques de lutte agronomiques qui faciliteront la maîtrise des adventices par la suite. Il faut ainsi être particulièrement attentif à :

  • une rotation de cultures diversifiée qui constitue un des leviers agronomiques les plus efficaces pour une gestion à long terme des adventices. Il est recommandé notamment d’éviter les rotations courtes qui aboutissent à la prédominance d’espèces spécialisées, calées sur les cycles culturaux. Ainsi, en rotation tournesol-blé, les ray-grass, ammi majus, datura, xanthium, ambroisie ou encore les chardons et les liserons seront favorisés par un retour fréquent du tournesol dans la même parcelle.
  • au travail du sol en interculture avec des effets directs sur l'élimination des plantes annuelles présentes après la récolte ou des effets indirects sur le stock semencier du sol avec des pratiques qui enfouissent ou remontent les graines. Il est par exemple conseillé de réaliser le déchaumage dans la foulée de la récolte et de pratiquer un labour seulement tout les 3-4 ans pour éviter le mélange des horizons et l’homogénéisation de la répartition du stock de semences. Pour Terres Inovia, la réalisation d’un faux-semis (qui consiste à préparer un lit de semences fin et rappuyé très tôt avant le « vrai » semis du tournesol) couplé à un report de date de semis (fin avril) apporte un intérêt tout particulier dans la lutte contre des espèces annuelles capables de germer tôt dans le tournesol comme les renouées liseron, ambroisie, tournesol sauvage et xanthium par exemple.

Une flore complexe très préjudiciable

Ambroisie, orobanche, datura, xanthium, chardons sont autant de mauvaises herbes très préjudiciables pour la culture du tournesol et difficiles à détruire. Ainsi, le xanthium présente une levée très échelonnée et un fort pouvoir de multiplication. L’ambroisie est une plante invasive, très allergène et très concurrentielle du tournesol. L’orobanche est une plante parasite qui se fixe sur les racines du tournesol. Le chardon est une plante envahissante qui peut être gérée dans l’interculture.


Le désherbage de prélevée pour gérer les graminées

Le désherbage de prélevée pour gérer les graminées

Le désherbage de prélevée a fait ses preuves depuis de nombreuses années et repose notamment sur l’utilisation de solutions à base de S-métolachlore et de pendiméthaline. Ces substances actives permettent un bon contrôle sur un large spectre de graminées et de dicotylédones classiques.  Dans les situations où les infestations en dicotylédones sont importantes, les substances actives ci-dessus peuvent être associées à des herbicides à base d’aclonifen, métobromuron ou flurochloridone. 
« Aujourd’hui, ce sont près de deux tiers des parcelles de tournesol qui reçoivent un désherbage de prélevée » remarque Sylvain Lascabettes, à terme une situation qui est vouée à  évoluer dans la mesure où les molécules principalement utilisées sont en cours de révision au niveau européen.

La post-levée se raisonne en fonction de la flore et des variétés

Le développement des variétés Clearfield© puis Clearfield Plus© (tolérantes à l’imazamox) et des variétés SU (tolérantes au tribénuron-méthyl) permet aux producteurs de tournesol d’intervenir en post-levée et de mieux contrôler certaines graminées et dicotylédones difficiles comme l’ambroisie, le xanthium, le datura, l’orobanche cumana ou encore les chardons. Pour la campagne 2023, une autre solution herbicide de post-levée (à base d’halauxifen) qui peut être appliquée sur toutes les variétés est disponible qui apportera un renfort sur la cible ambroisie.
« La post-levée est une pratique de désherbage qui se développe avec le développement de variétés tolérantes aux herbicides » souligne Sylvain Lascabettes, « elle permet aux producteurs de gérer les flores complexes en complément d’une intervention en prélevée ».

Binage, pour compléter l’action des herbicides

Binage, pour compléter l’action des herbicides

Le binage est une technique qui complète efficacement l’action des herbicides. Il s’avère particulièrement intéressant en fonction des conditions climatiques dans des parcelles avec des flores annuelles difficiles, ou en cas de faibles pressions. 
Le binage peut s’envisager sur le tournesol à partir d’une paire de feuilles avec des protèges plants et à une vitesse faible (3 km/h) ou à partir de 2 paires de feuilles jusqu’au stade limite passage bineuse sans protèges plants. Pour un binage efficace, le sol doit être sec et les adventices jeunes. Il faut également que la météo soit clémente, sans pluie, dans les 3 à 4 jours qui suivent l’intervention.

Prochaine étape de la culture du tournesol : la fertilisation. Découvrez nos conseils.