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Production de pommes de terre pour la féculerie : une protection mildiou exigeante

Pomme de terre
13.03.2015
protection des plants de pomme de terre

En production de pommes de terre pour la féculerie, le mildiou est une problématique majeure en raison de l’implantation de variétés sensibles et d’exigences liées aux débouchés alimentaires de la fécule.

Les producteurs essayent de raisonner au plus juste cette protection mildiou qui s’étend sur une longue période, du semis à mi-octobre, dans de nombreux cas. Rencontre avec Benoît Parent, Conseiller technique agricole au sein de Tereos Syral, la division amidon du groupe Tereos.

Mildiou : une préoccupation majeure liée à la variété et aux exigences des débouchés de la fécule

Plus de 80 % de nos surfaces sont implantées avec la variété Kaptah, qui est une variété rustique bien adaptée au climat continental de la Champagne mais, malheureusement cette variété est très sensible au mildiou et impose un rythme de protection soutenu.

Par ailleurs, les débouchés de la pomme de terre de fécule sont aujourd’hui très orientés vers le secteur alimentaire (sauces, bonbons …) avec des exigences qualitatives importantes. Ainsi, lorsque les tubercules sont marqués par le mildiou, il y a un risque de déclassement vers des débouchés non alimentaires de la fécule moins rémunérateurs pour les producteurs.

Raisonner au plus juste la protection mildiou sur une longue période

La production de pommes de terre de fécule a un cycle long. Plantée au printemps, elle est récoltée à partir de mi-septembre jusqu’à fin octobre, ce qui nécessite une longue période de protection contre le mildiou. Pour raisonner et positionner au mieux les interventions, nous avons mis en place depuis 2013 une cinquantaine de stations météo qui permettent d’utiliser Miléos, modèle de prévision du risque mildiou développé par Arvalis Institut du Végétal. En 2014, compte tenu du climat particulièrement humide (250 mm en juillet et août), nous n’avons rien gagné et le nombre de traitements avoisinait les 25. En revanche en 2013, cet outil a permis d’économiser 1 à 2 traitements.

Adapter la stratégie mildiou au climat de l’année

Le choix du programme et des spécialités tient compte du climat de l’année. Ainsi, en début de protection, les producteurs s’orientent en général vers des spécialités de contact à base de mancozèbe mais en cas d’épisodes pluvieux, ils préfèrent des spécialités à base de fluazinam avec une meilleure résistance au lessivage. Par ailleurs, la réglementation limite désormais l’usage des dithiocarbamates et ces produits ont également vu leur redevance pour pollutions diffuses (RPD) augmenter en 2015. Les produits de contact sont également utilisés en fin de saison, une période de protection essentielle car il faut absolument éviter les attaques sur tubercules. En revanche, pour la période de pousse active, les producteurs préfèrent des spécialités « haut de gamme » à action translaminaire de type Rêvus.

Alternariose, à surveiller de près sur certaines variétés 
Depuis 2 campagnes, nous avons pu observer de l’alternariose sur des parcelles implantées avec une variété sensible. Avec un moindre usage du mancozèbe et le recours à des produits anti-mildiou spécifiques, l’alternariose s’installe dans notre région. Dans certains cas, on a pu observer des champs « défanés » avec un déficit de production de 5 à 7 tonnes (soit 10 %) . Cette maladie est « sournoise » car elle s’exprime une année et l’année suivante, on l’oublie ce qui peut être dangereux.