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Pomme de terre : une campagne à haut risque sur le front du mildiou en Belgique

Pomme de terre
13.03.2015

« Avec un mildiou précoce et une climatologie très favorable, il fallait intervenir tôt et resserrer les cadences parfois à 5 jours pour maîtriser la principale maladie de la pomme de terre ».

La campagne 2014 fait partie en Belgique des années à fort risque mildiou. Rencontre avec Christian Walravens, Ingénieur Conseil Culture chez Syngenta en Belgique.

2014, un climat très favorable au mildiou de la pomme de terre

Christian Walravens« L’hiver 2013/2014 a été doux avec peu de périodes de gel, ce qui a permis au mildiou de se conserver dans les tas de déchets de pomme de terre et nous avons pu y observer dès la fin avril du mildiou.  Et du mildiou avait déjà été identifié dès l’automne sur des repousses !
Avec cet inoculum conséquent, la pluie et le vent du printemps ont fait le reste et ont permis au mildiou de se propager de la côte, où sont cultivées les variétés hâtives, vers l’intérieur du pays. 
A la mi-juin, on pouvait considérer que la situation était préoccupante et les repousses de l’année avaient pris le relais des tas de déchets pour disséminer le mildiou. La situation est restée critique tout l’été avec un épisode de pluie majeur les 23 et 24 août (jusqu’à 80 mm dans certaines régions) qui a fragilisé la production et facilité le développement du mildiou et des bactéries associées. »

Interventions précoces et raccourcissements des cadences, des clés pour la maîtrise du mildiou en 2014

« Dans ce contexte de pression soutenue, les interventions contre le mildiou se sont succédées de fin mai début juin jusqu’au défanage mi-septembre  soit environ 17 passages. C’est environ 3 passages de plus qu’en année « moyenne » car en période de croissance active, il a fallu parfois resserrer les cadences de 7 à 5 jours. Plus que jamais, il fallait être intransigeant avec le mildiou et choisir des spécialités adaptées prenant en compte l’état végétatif. Rêvus par exemple pendant la pousse active et Shirlan en fin de saison pour éviter la contamination des tubercules. Autre point clé de la réussite, il fallait intervenir précocement afin d’éviter toute dissémination de la maladie. »

Alternariose, 2 à 3 interventions selon les années
« L’alternariose de la pomme de terre, c’est un peu le monstre du Loch Ness, quand on l’observe, il est déjà trop tard. Nous restons donc très vigilants vis-à-vis de cette maladie qu’il est très difficile de prévoir. En général, l’alternariose est présente dans les années à faible pression mildiou. En 2014, elle a été identifiée en fin de cycle. En fonction des années, l’alternariose nécessite 2 à 3 interventions en Belgique, à réaliser au bon moment ! ».

 

REPÈRE

La pomme de terre en Belgique 
4,26 millions de tonnes c’est la production totale belge de pommes de terre de consommation en Belgique pour l’année 2014, une production supérieure de 20 % à la moyenne quinquennale.