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L'alternariose de la pomme de terre en forte progression

Pomme de terre
13.03.2015

Depuis peu, l'alternariose de la pomme est considérée comme la deuxième maladie fongique la plus importante après le mildiou.

 

Dans les cas les plus graves, l'alternariose peut impacter le rendement jusqu’à des pertes de 50 %. Cette maladie est souvent confondue avec les symptômes de carence en manganèse ou de désordre physiologique.

Alternariose de la pomme de terre : 2 champignons en cause

Aussi connue sous le nom de maladie des taches brunes, l’alternariose s’attaque aux feuilles de la pomme de terre par le biais de deux champignons qui sont difficilement différentiables au champ :

  • Alternaria solani,
  • Alternaria alternata.

Malgré un cycle relativement comparable, A.alternata a rarement été identifié comme responsable de l’initiation de la maladie. Qualifié de parasite secondaire, il se développe surtout sur les feuilles déjà atteintes par A.solani ou sur des feuilles affaiblies à la suite d’un stress. Les dégâts sur feuille sont particulièrement fréquents dans les régions à climat continental, sec et chaud.

Alternariose, reconnaître les symptômes

C’est au cours de la floraison que les premiers symptômes apparaissent sur les étages inférieurs de la plante avant de s’étendre au reste du feuillage, provoquant ainsi le dessèchement et la mort de la culture. L’alternariose s’identifie facilement par la présence de petites taches brunes dispersées sur la face supérieure de la feuille. Les plus grosses taches possèderont une structure plus ou moins circulaire, représentant des cercles concentriques.

Sur les tubercules, l’alternariose se manifeste par l’apparition d’une pourriture sèche de couleur brun-violet. C’est au cours du stockage, et en particulier lorsque le séchage et la ventilation sont insuffisants, que ces symptômes se déclarent. L’infection des tubercules reste néanmoins très limitée car elle nécessite une mise en contact entre les spores du champignon et la chair du tubercule par le biais d’une blessure ou une mauvaise induration de l’épiderme.

Alternariose, les facteurs favorisants

Sournoise, l’alternariose se développe en particulier sur des plantes fragilisées par un stress physique, physiologique, azoté, hydrique, ou un déficit de lumière. L’alternance de périodes humides et sèches suffit à l’installation de la maladie.

Des pertes de rendement conséquentes jusqu’à - 50 % !

Dans les conditions les plus avancées, l’alternariose peut entraîner une défoliation précoce de la plante. Ceci se traduit par des pertes de rendement de l’ordre de 10 à 50 % et une baisse de qualité de la récolte par des défauts de calibre.

Alternariose : une maladie qui progresse en France

Depuis ces dernières années, les régions de culture de pomme de terre sont régulièrement touchées. L’utilisation moins systématique de fongicides appartenant à la famille des dithiocarbamates ainsi que les changements climatiques en sont les principaux responsables. Sous la pression grandissante de la maladie, beaucoup de variétés de pomme de terre de consommation, de transformation ou féculières se sont avérées sensibles à l’alternariose.

Prévention et lutte contre l’alternariose de la pomme de terre

À ce jour, il n’existe aucune lutte curative pour contrôler le développement et l’extension de cette maladie. L’ensemble de la lutte sera donc basée sur de la prophylaxie accompagnée de traitements phytosanitaires en préventifs :

  • Celles préconisées dans la lutte contre le mildiou telle que l’utilisation de plants sains, et la pratique de la rotation tout en luttant contre les repousses.
  • De bonnes pratiques culturales limitant tout stress de la culture : une bonne gestion de l’irrigation, la fertilisation raisonnée pour éviter les manques d’azote et les carences propres à la culture et l’entretien d’une terre de qualité, par un maintien des teneurs en matière organique sans dégrader la structure du sol.

Seul un traitement cohérent et raisonné pourra contenir l’alternariose dans la parcelle.