France

Vous êtes ici

Les clés pour contrôler toute la flore concurrente des maïs

Maïs
09.12.2020

L’agronomie, le binage en renfort d’un double passage herbicide permettent de contrôler la flore toujours plus difficile du maïs.

Une flore adventice du maïs complexe et difficile 

La flore des parcelles de maïs devient à la fois plus complexe et plus difficile à contrôler. Les producteurs observent notamment le développement des vivaces, liseron en tête qui est devenue en quelques années la première adventice citée par les agriculteurs comme la plus difficile à éliminer. Les parcelles de maïs envahies de chénopodes mais également de dicotylédones (datura, ambroisie, renouées), autant de mauvaises herbes concurrentes de plus en difficiles à détruire et parfois toxiques. Pour faire face à cette situation, les agriculteurs continuent à gérer majoritairement leur programme de désherbage avec un seul passage d’herbicide et en post-levée. Une stratégie souvent insuffisante qui met la culture de maïs en situation de concurrence hydrique forte avec des conséquences sur le rendement. Et pourtant, des leviers existent pour mieux gérer et maîtriser la flore dans les maïs en s’appuyant sur des solutions agronomiques, mécaniques et chimiques dans une approche responsable du désherbage. La démarche labellisée « Terres de Progrès » accompagne les agriculteurs vers un désherbage efficace, raisonné et durable.


Désherbage raisonné du maïs

Les 4 règles de la démarche Terres de progrès 

La démarche Terres de Progrès développée par Syngenta vise à apporter un ensemble de solutions agronomiques, mécaniques et chimiques pour un désherbage efficace et responsable en grandes cultures. Pour le désherbage du maïs, voici les 4 règles à respecter :

  • Associer et alterner les herbicides ayant des modes d’action complémentaires et efficaces sur la flore en place
  • Introduire un herbicide non sujet aux résistances (exemple : groupe HRAC-K3) du type Dual Gold®Safeneur ou Camix® (groupe HRAC-K3 + F2)
  • Appliquer au moins deux modes d’action différents par espèce d’adventices ciblée (exemples : groupes HRAC F2 et C1) comme Calaris®.
  • Limiter l’utilisation des herbicides à fort risque de résistance avec, au maximum, un passage d’inhibiteur de l’ALS/an (herbicides du groupe HRAC-B comme par exemple le nicosulfuron).

L’agronomie pour optimiser le désherbage du maïs 

L’agronomie est le 1er levier à mettre en œuvre pour faire face à la recrudescence des adventices dans les cultures de maïs. Un faux semis permet ainsi, via un travail du sol superficiel, de provoquer la levée des adventices pour les détruire en amont de l’implantation du maïs, soit mécaniquement, soit avec des herbicides. Le labour occasionnel est également une arme très efficace à actionner en fonction de la flore ciblée comme les graminées estivales, le ray-grass ou le brome. A contrario, un travail du sol qui aboutit à une préparation trop « fine » risque d’être contre-productif en favorisant une levée massive des adventices. Des dates de semis plus tardives se présentent aussi comme une pratique efficace pour diminuer la pression de certaines adventices sur la culture. Les producteurs de maïs peuvent également travailler sur la densité de semis, l’écartement des rangs, ou encore l’usage d’engrais starter, dans l’objectif de favoriser l’implantation du maïs et de diminuer la pression des adventices.

Sur flore annuelle, combiner le binage au désherbage chimique

Parmi les interventions mécaniques disponibles pour désherber le maïs, le binage, combiné à la chimie, est à privilégier. Cette technique donne de bons niveaux de satisfaction dans les programmes pré puis post, ou double post, avec un premier passage chimique suivi par le binage. A noter que le binage nécessite 48 à 72 heures de temps sec pour être efficace, sinon les mauvaises herbes, même sorties de terre, peuvent profiter de l’humidité pour reprendre.

Avantage à la double application herbicide 

Pour venir à bout d’une flore de plus en plus complexe et difficile, deux applications herbicides sont souvent nécessaires pour obtenir une efficacité satisfaisante.
En situation de forte pression graminées, une première intervention avec un herbicide à action racinaire du type Camix, appliqué en plein ou sur le rang, du pré-semis à la post-levée précoce (stade 3-4 feuilles du maïs et 1 à 2 feuilles des graminées) suivie d’un passage en post-levée doit être envisagée.
Dans le cas d’une flore à dominante dicotylédones, un programme avec 2 applications en post-levée (3-4 feuilles puis 8-10 feuilles), par exemple Elumis® / Peak®, donne toute satisfaction. 
Vis à vis du liseron, seule une double application herbicide anti-vivace (par exemple Banvel®4S / Casper®) permet de maîtriser cette adventice toujours plus envahissante. 


Focus produits

Camix (400 g/l de S-métolachlore + 40 g/l de mésotrione + 20 g/l de bénoxacor) est un herbicide de pré ou post-levée précoce qui contrôle un grand nombre de dicotylédones et de graminées annuelles. Il est homologué à la dose de 3,75 l/ha et recommandé par Syngenta à la dose maximale de 2,5 l/ha.
Elumis (75 g/l de mésotrione + 30 g/l de nicosulfuron) est un herbicide de post-levée du maïs avec un large spectre sur graminées et dicotylédones. 
Casper (50 g/kg prosulfuron + 500 g/kg dicamba) est un herbicide de post-levée particulièrement intéressant pour lutter contre les dicotylédones vivaces et difficiles.
Peak (750 g/kg prosulfuron) est un herbicide actif contre les dicotylédones difficiles avec une action au niveau foliaire, racinaire et anti-germinatif. En condition favorable (sol humide), il contrôle les levées échelonnées des adventices sensibles.
Dual Gold Safeneur (45 g/l bénoxacor + 915 g/l S-métolachlore) est un herbicide maïs de prélevée efficace sur un large spectre de graminées estivales et certaines dicotylédones annuelles. 
Calaris (70 g/l mésotrione + 330 g/l terbuthylazine) est un herbicide qui se distingue par son haut niveau de performance sur dicots difficiles.
Banvel 4S (480 g/l de dicamba) est un herbicide multicultures, actif sur les dicotylédones, en particulier sur liserons, rumex, chardon et certaines annuelles.