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Modéliser le risque oïdium sur melon, un travail de fond

Légumes
18.11.2016
Oïdium sur feuille de melon

Trouver un modèle pour mieux prévoir l’apparition de l’oïdium, c’est le travail de Thierry Varraillon chez Syngenta.

Anticiper le risque oïdium, un enjeu économique et environnemental

Les solutions de protection du melon contre l’oïdium sont essentiellement préventives. Anticiper l’apparition du pathogène et sa dangerosité est donc essentiel pour positionner les traitements uniquement quand c’est nécessaire, et à la bonne dose. Un enjeu à la fois économique et environnemental.

Croiser les informations climatiques et agronomiques

Depuis trois ans, Thierry Varraillon, biomathématicien chez Syngenta, travaille à la conception d’un modèle dans cette optique. « Nous croisons les informations climatiques et agronomiques d’une dizaine d’essais pour tracer, dans chaque cas, la dynamique des symptômes », explique-t-il. Un travail différent des expérimentations classiques, où l’efficacité des produits est comparée uniquement une fois le seuil de nuisibilité dépassé. Les conditions météorologiques sont scrutées, l’itinéraire technique suivi de près (notamment la date de plantation et le débâchage), et la courbe d’infection tracée au cas par cas.

Au démarrage du projet, Thierry Varraillon a lui-même été sur le terrain pour mieux connaître le pathogène. En parallèle des essais, un important travail bibliographique a également été consenti, ainsi qu’une revue des différents modèles existants pour d’autres maladies et/ou culture.

Rester humble face à la complexité des phénomènes biologiques

Un modèle prototype, conçu sur ces bases, est aujourd’hui partagé avec plusieurs distributeurs partenaires. « Une étape importante, même si on reste assez loin d’un OAD définitif et opérationnel, relève Thierry Varraillon. Pour le moment, nous ne travaillons que sur un seul type de melon. » 

Reste donc à tester et à déployer le modèle avec d’autres melons, dont chaque variété a sa propre sensibilité à l’oïdium. Il existe, en outre, plusieurs souches d’oïdium, ce qui multiplie encore les combinaisons pathogène/cible.

Portrait de Thierry Varaillon« Il faut rester très humble, conclut Thierry Varraillon. Le formalisme de nos modèles est confronté à la complexité des phénomènes biologiques. Nous réussissons à nous en approcher, mais pas à nous substituer complètement à l’observation des parcelles ! »