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Orge fourragère, un marché soutenu pour 2018/2019

Orges Hyvido
10.09.2018
Vue de silos à céréales dans un port maritime

Selon Andrée Defois du cabinet Tallage, le cours de l’orge fourragère devrait se maintenir à un niveau élevé.

L’orge bénéficie d’une véritable dynamique économique avec de plus en plus de débouchés à l’export pour les orges fourragères et une demande soutenue. Ces débouchés sont de nature à redonner confiance aux agriculteurs qui souhaitent intégrer l’orge dans leur rotation. Les perspectives de cours sont favorables actuellement comme l’explique Andrée Defois, présidente du cabinet d’études Tallage spécialisé dans les marchés des grains et oléagineux.

Quel est l’évolution du cours de l’orge fourragère depuis 6 mois ?
Andrée Defois : Début septembre, le cours de l’orge fourragère se situait à 203,25 euros/T rendu Rouen, soit environ 40 euros de plus la tonne qu’au printemps (mi-avril). C’est un cours très légèrement supérieur à celui du blé. Ce niveau reste élevé depuis le début de l’été alors que nous avons observé fin mai une baisse des cours (-10 euros/T par rapport à mi-avril). Les cours ont chuté avant l’été pour deux raisons : une moindre exportation vers les pays tiers d’une part (l’Arabie ayant réduit ses achats et stocks), avec pour conséquence une révision des stocks français de fin de campagne à la hausse (1,6 MT/1,2 MT) et des difficultés logistiques pour exporter liées aux grèves des transports en France d’autre part. Cette baisse des exportations de la fin de campagne passée a également été due à une moindre compétitivité des orges européennes par rapport aux orges en provenance d’Australie ou d’Argentine qui sont des acteurs majeurs sur le marché de l’orge.

Pourquoi le cours de l’orge a-t-il progressé au cours de l’été ?
Andrée Defois : Après une petite baisse - qui n’a pas duré longtemps - en fin de campagne passée, nous avons assisté à une reprise des cours de l’orge début juin avec un point haut début août à 213,40 euros/T rendu Rouen. Cette forte progression s’explique par une révision à la baisse de la récolte européenne avec un peu plus de 57 MT par rapport à 62 MT attendus en février 2018. En effet, les zones nord, la France et le centre de l’Europe ont été confrontées à une sécheresse avec pour conséquence des rendements en baisse. Et, parallèlement la récolte de blé tendre au niveau mondial est également en retrait de près de 10 %.

À quoi les producteurs d’orge doivent-ils s’attendre pour la campagne à venir ?
Andrée Defois : La situation est tendue sur le marché de l’orge fourragère mais aussi du blé ce qui devrait conduire à un maintien à un niveau élevé du cours des céréales et en particulier de l’orge. On s’attend notamment à un accroissement des exportations vers l’Arabie Saoudite qui est le 1er importateur. Mais il faut suivre dans les mois à venir l’offre de maïs avec en particulier une bonne récolte qui s’annonce aux Etats-Unis. L’offre de maïs pourrait donc tempérer légèrement la hausse des prix de l’orge.

Le niveau du prix de l’orge devrait donc rester élevé au moins pour la campagne à venir.

Chiffres clés du marché de l'orge fourragère

Exportations :

Europe (5,7 MT), Australie (7,4 MT), Russie (5,5 MT), Ukraine (4,4 MT), Canada (1,9 MT), Argentine (2,3 MT), Kazakhstan (1,4 MT).

2 débouchés majeurs:

Arabie Saoudite (7,6 MT), Chine (8,1 MT).

Données campagne 2017/2018 (source : Société Tallage).