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Le point sur la résistance de la septoriose du blé aux fongicides

Céréales
01.01.2012
Septoriose du blé

Principale maladie du blé, la septoriose fait l’objet de phénomènes de résistance depuis plusieurs années. Où en sommes-nous ?

 

Quelles sont les familles concernées ?   

Quatre grandes familles de fongicides sont actuellement autorisées dans la lutte contre la septoriose du blé :

  • les QoI (dont les strobilurines),
  • les IDM (dont les triazoles),
  • les chloronitriles (dont le chlorothalonil)
  • les SDHI.

Les premières substances actives concernées par les résistances sont les strobilurines. Depuis les années 1990, une dérive de la sensibilité de la septoriose aux triazoles a également été observée. 

Résistance de la septoriose aux strobilurines 

Les premières souches de septoriose résistantes aux strobilurines ont été identifiées en Irlande en 2001, puis l’année suivante en Grande-Bretagne, en France et en Belgique. Très vite, les molécules de cette famille, pourtant toutes récentes, ont perdu leur efficacité contre la septoriose. Le phénomène, qui s’est d’abord déclaré dans le Nord de la France, s’est étendu en l’espace de quelques années à l’ensemble du territoire français. Si la résistance aux strobilurines s’est installée de façon aussi brutale et aussi rapide, c’est parce qu’elle est due à une seule mutation dans l’ADN du champignon.

Une dérive de la sensibilité aux triazoles 

L’évolution de la sensibilité de la septoriose aux fongicides de la famille des triazoles est plus complexe et plus progressive. Les scientifiques ont d’abord identifié des souches légèrement résistantes aux triazoles (Tri LR) et moyennement résistantes (Tri MR) ; puis plus récemment, des souches hautement résistantes correspondant à des phénotypes dits « émergents », sans que des pertes d’efficacité n’aient pour autant été constatées au champ. Les études montrent que la moindre sensibilité aux triazoles, des souches de septoriose, s’explique par plusieurs mutations et même parfois, par une combinaison de mutations. Pour éviter que ces résistances ne se généralisent, il est indispensable d’alterner dans les programmes, les molécules appartenant à cette famille.

Avec le chlorothalonil, pas de résistances connues 

Contrairement à la plupart des autres fongicides, le chlorothalonil agit sur plusieurs sites du champignon ; on dit qu’il est doté d’un mode d’action « multisite ». C’est ce qui explique qu’il continue à être très efficace contre la septoriose alors qu’il est utilisé pour protéger le blé contre cette maladie depuis plusieurs décennies. Le chlorothalonil constitue donc un partenaire très intéressant pour limiter le développement des souches résistantes aux autres fongicides.

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