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Céréales : quelle date de semis face aux ravageurs ?

Céréales
07.09.2018
Combiné de semis céréales - blé tendre

Un semis tardif limite le risque ravageurs sur céréales alors qu’un semis précoce est favorable à l’expression du rendement.

Un semis tardif limite l’exposition aux pucerons et cicadelles

Une date de semis précoce (en septembre) peut en effet accentuer la pression parasitaire en exposant les céréales à une plus grande durée de contamination. Des essais conduits par Arvalis ont permis ainsi de démontrer qu’un semis trop précoce expose davantage les cultures à la Jaunisse Nanisante de l’Orge, maladie véhiculée par les pucerons. Virginie Braun, expert technique protection de semences chez Syngenta confirme « nous avons pu observer dans nos essais (24 essais microparcelles menés de 2015 à 2018) qu’un décalage de semis de 15 jours permet de limiter fortement le risque pucerons et cicadelles ». Mais, ce choix ne dispense pas nécessairement d’une intervention insecticide en végétation, « dans les conditions de l’année 2015, avec un automne doux et des vols de pucerons jusqu’en décembre, une intervention insecticide foliaire avait été nécessaire ». L’observation des parcelles est donc indispensable pour surveiller la présence de ravageurs et intervenir au bon moment.

Par ailleurs, il convient d’être prudent sur le décalage de la date de semis en particulier dans les régions nord pour ne pas exposer des céréales encore jeunes au risque de gel.

Un semis précoce est favorable au rendement des céréales

En revanche, un semis précoce sera favorable à l’expression du potentiel de la céréale car le cycle est plus long. Il peut donc être handicapant pour le rendement de trop retarder la date de semis. « Ainsi, dans un essai mis en place en 2018 dans l’Yonne, avec une faible présence de pucerons, décaler la date de semis du 13 octobre au 31 octobre a amputé le rendement de 7,2 q/ha en moyenne » observe Aurélie Bogers, expert technique insecticides céréales chez Syngenta. Et rappelle l’expert, « en cas de semis tardif, les céréales sont plus exposées à des maladies comme la carie des semences du sol ou encore les fusarioses. Dans ces situations, la protection de semences fongicide avec une spécialité comme Vibrance® Gold est primordiale ».

Ajuster la date de semis des céréales en fonction de la région et de l’année

Au final, le choix de la date de semis est un raisonnement global qui prend en compte l’exposition potentielle aux ravageurs, l’objectif de production mais aussi l’organisation de l’exploitation. C’est aussi un choix qui varie en fonction des régions.

Aurélie Bogers explique : « il faut éviter les semis ultra-précoces (sur le mois de septembre) favorables au risque pucerons et cicadelles mais il faut aussi ne pas trop retarder les semis afin d’éviter une perte de potentiel et donc de rendement et limiter aussi les risques gel et maladies. En pratique, la fenêtre optimale pour les semis de céréales se situe :

  • du 1er au 20 octobre dans les régions est,
  • du 5/10 octobre au 20 octobre dans le centre et le nord de la France,
  • du 15 octobre à début novembre sur la façade atlantique.

Si le suivi des recommandations régionales de date de semis (Guide annuel des préconisations régionales Arvalis) permet de réduire la fréquence d’exposition aux insectes vecteurs de virus et à d’autres bio-agresseurs, la surveillance des parcelles reste primordiale ».