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Retrait des néonics : la tolérance variétale, une alternative ?

Céréales
06.09.2018
Nuisibilité JNO dans essais micro-parcelles céréales

Sans imidaclopride, les variétés tolérantes à la JNO limitent le risque lié aux pucerons sur céréales mais pas aux autres ravageurs.

La génétique, une voie de progrès vis à vis de la JNO

La Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO) est une maladie virale transmise par les pucerons à l’automne. Le virus peut affecter l’orge et le blé, même si l’orge est l’espèce la plus sensible avec une nuisibilité qui peut aller jusqu’à 80 % de perte de rendement. La perte de rendement pour le blé peut atteindre 30 q/ha. L’essentiel de la lutte contre la JNO vise les pucerons à l’automne, vecteurs de la maladie. « L’imidaclopride (substance active de la famille des néonicotinoïdes) en traitement de semences permettait de gérer cette problématique dès le semis », observe Virginie Braun, expert technique protection de semences, « son interdiction en France depuis le 1er septembre 2018 oblige désormais les céréaliers à trouver d’autres solutions pour lutter contre les pucerons ». La voie génétique avec le choix de variétés tolérantes (7 variétés disponibles actuellement) fait partie des alternatives : la tolérance variétale permet de limiter le risque JNO, les pucerons sont toujours présents mais le virus n’est pas transmis. La tolérance variétale à la JNO n’existe que sur orge à ce jour.

La tolérance variétale, un des outils face aux pucerons

La tolérance à la JNO est une tolérance monogénique qui repose sur le transfert d’un seul gène de résistance. Des études ont montré qu’en cas de monoculture de ces variétés, la tolérance peut être contournée. Pour limiter ce risque, la culture dans la rotation d’hôtes obligatoires pour les pucerons comme le blé, le maïs ou l’avoine permet de retarder l’émergence des variants virulents. « Tolérance ne signifie pas résistance » précise Virginie Braun, « les variétés tolérantes à la JNO sont un des outils disponibles dans la nouvelle donne de la protection insecticide des ravageurs des céréales à utiliser en alternance et en complément d’autres solutions afin que la tolérance perdure dans le temps ».

Traitement de semences et foliaire face aux ravageurs souterrains et cicadelles

En effet, si l’utilisation de variétés tolérantes à la JNO permet de gérer cette maladie et donc la problématique pucerons, en revanche les problématiques ravageurs du sol et cicadelles sont à prendre en compte avec d’autres moyens de lutte. « Dans les zones à risque cicadelles, vecteurs de la maladie des pieds chétifs, des applications d’insecticides foliaires peuvent être nécessaires » observe Virginie Braun. « Et vis-à-vis des ravageurs souterrains, une protection insecticide de semences doit être envisagée, avec une matière active comme la téfluthrine (Attack® / Austral® Plus Net) afin d’obtenir la même protection que l’imidaclopride » ajoute-t-elle.