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Le T1 fait sa révolution à la suite du retrait du chlorothalonil

Céréales
03.12.2020

Le retrait du chlorothalonil chamboule le T1 dans la protection des céréales. Soufre et folpel seront essentiels pour gérer les résistances.

Le retrait du chlorothalonil impose de nouvelles stratégies

Le chlorothalonil* était une des premières matières actives fongicide utilisée dans la lutte contre certaines maladies des céréales. Cette matière active à mode d’action multisite et utilisée en association avec des fongicides de la famille des triazoles, permettait d’avoir une efficacité sur la septoriose, maladie majeure sur blés. « Son retrait fait craindre un développement des résistances pour les fongicides de la famille des triazoles » souligne Fabrice Blanc, expert technique national fongicides céréales. « Notre recommandation, pour pérenniser les solutions fongicides disponibles afin de maîtriser les maladies des céréales est de mettre en œuvre une Protection Fongicide Responsable intégrant notamment un fongicide à action multisite dans les programmes sur les zones à pression septoriose importante et récurrente » précise l’expert.


Menace

Les souches de septoriose résistantes aux fongicides progressent

Les céréaliers doivent faire face à une problématique majeure qui est le développement des souches de septoriose résistantes aux triazoles. Les traitements répétés à base de produits aux modes d’action identiques favorisent en effet la disparition de souches sensibles et laissent le champ libre aux souches résistantes. Aujourd’hui, environ 80 % des souches de septoriose sont très résistantes aux triazoles (TriHR + MDR). « Notre simulation montre que d’ici 2022, nous pourrions atteindre 90 % de souches résistantes » observe Fabrice Blanc. Concernant les carboxamides, la fréquence des souches de septoriose résistantes à cette famille est encore faible (moins de 10 % en 2019) mais elle progresserait également dans une moindre mesure.


Préférer des variétés tolérantes aux maladies

Face à cette nouvelle donne, le choix de variétés tolérantes aux maladies devient de plus en plus primordial pour maîtriser les maladies tout en limitant le recours aux produits phytosanitaires. Cette stratégie permet par ailleurs de limiter le développement des résistances aux fongicides en raisonnant l’application de ces produits. Certes, la variété productive et tolérante à toutes les maladies n’existe pas encore, mais le nombre de variétés tolérantes aux principales maladies des céréales augmente. Ainsi, toutes les variétés de blé font chaque année l’objet d’un classement établi par le CTPS avec une note Geves de 1 à 9 qui évalue la sensibilité de la variété aux principales maladies que sont le piétin verse, l’oïdium, la rouille jaune, la rouille brune, la septoriose et les fusarioses. Les agriculteurs doivent malgré tout rester très vigilants car, si la majorité des variétés de blé sont tolérantes à la septoriose, en revanche, on constate depuis quelques années le développement de rouille jaune sur des variétés dites « tolérantes ».

Intégrer un fongicide multisite au T1 voire au T2

Pour la prochaine campagne, compte tenu du retrait du chlorothalonil, les céréaliers disposeront de  deux matières actives multisites pour gérer leur programme fongicide, le folpel (Mirror™) et le soufre (Seffika®). Les spécialités Mirror et Seffika pourront être utilisées en association avec des partenaires fongicides et permettront de gérer efficacement le complexe maladies des blés dès le T1. La dernière note commune sur la résistance aux fongicides parue en janvier 2020 rappelle d’ailleurs que « devant la multiplication des résistances, le maintien de fongicides multisites dans les programmes représente un enjeu stratégique, à la fois pour maintenir un niveau de protection acceptable et pour ralentir la progression des résistances ».

Mirror (500 g/l de folpel) se présente aujourd’hui comme un fongicide à action multisite très efficace sur septoriose. « Le folpel est aujourd’hui la meilleure alternative au chlorothalonil dans les zones où la dérive d’efficacité aux triazoles est forte. Il permet de lutter efficacement contre toutes les souches de septoriose, notamment les souches MDR (Multi Drug Resistant) » souligne Fabrice Blanc, expert technique fongicides céréales chez Syngenta. Avec une réelle souplesse d’utilisation dans les programmes, il peut être utilisé au T1 avec un partenaire efficace sur les rouilles si besoin ou au T2 en l’absence de T1 où l’ajout d’un multisite permet un gain significatif de rendement comparé à un T2 sans multisite.

Seffika, nouvelle solution fongicide à base de soufre liquide (800 g/l) peut également être envisagée au T1 avec un partenaire triazole afin de maîtriser les maladies présentes en début de cycle. Seffika est autorisé à la dose de 10 l/ha sur l’oïdium des blés et des orges.

Raisonner le T1 avec un outil d’aide à la décision comme Avizio™

En sortie d’hiver, les céréaliers peuvent utiliser le  nouvel outil d’aide à la décision Avizio qui simule le risque maladies en intégrant les prévisions météo et les données agronomiques de la parcelle. Cet outil permet ainsi à l’agriculteur de juger de la nécessité ou non d’intervenir au T1 en fonction des maladies présentes et de la pression de l’année. Avizio permet par ailleurs de positionner au mieux le traitement s’il s’avère nécessaire.

*Le chlorothalonil n’est plus utilisable sur le marché depuis mai 2020, tous les produits en contenant sont en PPNU.