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Surveiller les maladies des blés et des orges en sortie d’hiver

Céréales
21.03.2019
Champs céréales

Le potentiel des céréales est prometteur. A surveiller, septoriose et rouilles sur blés, helminthosporiose sur orges.

Redémarrage précoce des céréales avec un potentiel prometteur

Après un hiver doux dans la plupart des régions, les céréales ont bénéficié d’une météo quasi estivale en février, « avec des températures très supérieures à la normale qui ont eu pour conséquence un redémarrage précoce et accéléré des cultures » souligne Vincent Hue, ingénieur conseil culture en Haute Normandie chez Syngenta, « les premiers blés semés ont ainsi 15 jours d’avance et début mars, les orges d’hiver étaient déjà au stade fin tallage » souligne-t-il. En Champagne, les températures élevées du mois de février ont permis de compenser en partie le retard pour les blés semés tardivement après les cultures de betteraves.

Par ailleurs, le climat très favorable du mois de février a permis aux agriculteurs de faire les apports d’azote dans de bonnes conditions et les pluies qui sont intervenues fin février début mars ont permis de valoriser ces apports. Les conditions de sortie d’hiver sont donc favorables à des céréales jugées prometteuses. En Bourgogne, observe Florent Foulon, ingénieur conseil culture Syngenta, « les orges implantées fin septembre début octobre étaient début mars au stade fin tallage et présentaient un beau potentiel ».

Surveiller les maladies de début de cycle 

Fin février, l’état sanitaire des céréales était satisfaisant avec peu de symptômes de maladies, « mais la douceur hivernale n’a pas détruit l’inoculum de maladies très préjudiciables aux blés comme la septoriose ou la rouille jaune » observe Eric Decock, ingénieur conseil culture en Champagne chez Syngenta, qui signalait début mars « quelques symptômes de rouille jaune sur une variété de blé ainsi que quelques cas d’oïdium ». En Bourgogne, mais aussi en Haute Normandie, sur des semis précoces d’orges, des symptômes d’helminthosporiose et de rhynchosporiose étaient constatés, « les conditions climatiques de la fin du mois de mars seront déterminantes pour l’expression des maladies avec un risque accru en conditions humides » souligne Vincent Hue.

Un T1 bénéfique sur blés et orges 

Il est donc fortement recommandé de surveiller les parcelles en s’appuyant sur les Bulletins de Santé du Végétal (BSV) dans les différentes régions de production ainsi que sur les Outils d’Aide à la Décision (OAD) disponibles sur les différentes maladies et notamment sur le nouvel OAD de Syngenta : Avizio.

Le cas échéant, un T1 pourra être déclenché dès le stade épi 1 cm. Cette 1ère intervention fongicide permet de maîtriser le développement de maladies de début de cycle et leur explosion potentielle (comme la rouille jaune), elle permet également de positionner plus sereinement le T2 au stade DFE (dernière feuille étalée) pour une efficacité optimale d’un fongicide SDHI associé à son partenaire. « Avec un redémarrage précoce en 2019, le cycle des céréales sera potentiellement plus long avec une exposition accrue aux maladies » souligne Vincent Hue.
Et, sur orges d’hiver, remarque Florent Foulon, « le T1 est rentable dans 95 % des cas ». Un constat confirmé par des essais conduits par Syngenta de 2010 à 2017 avec un bénéfice rendement de + 6,2 q/ha. 

 


Focus
Les maladies de début de cycle

Nuisibilité : élevée, 15 à 50 q/ha
Facteurs de risque : variétés sensibles, semis précoces, températures optimales (entre 10 et 20 °C), humidité très élevée

Nuisibilité : élevée, 20 q/ha en moyenne, jusqu’à 60 q/ha dans les situations les plus graves 
Facteurs de risque : variétés sensibles, printemps frais et humides, températures moyennes modérées (10 à 15 °C), hivers doux 

Nuisibilité : environ 10 % du rendement voire plus si l’épi est atteint
Facteurs de risque : variétés sensibles, alternance de périodes avec et sans pluie, optimum de développement 15 à 20 °C (se développe même à base température à partir de 5 °C)

Nuisibilité : élevée avec des pertes qui peuvent atteindre 35 % du rendement
Facteurs de risque : variétés sensibles, atmosphère chaude et humide avec des températures comprises entre 5 et 35 °C avec un optimum de 12 à 16 ° C et une hygrométrie d’au moins 95 %. 

Sources : Fiches Accidents céréales à paille Arvalis, Fiches maladies Syngenta